@Wongsakorn/stock.adobe.com
12 jours chez un généraliste, plus de 4 mois chez un dermato... Les délais pour obtenir un rendez-vous médical s'allongent encore
Comme chaque année, le 17 mars, la Fédération hospitalière de France (FHH) publie son baromètre* de l'accès aux soins afin de "mesurer l'expérience réelle des patients". Et le bilan est sans appel "l'accès aux soins se dégrade". 85% des Français se disent "révoltés".
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"Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 85 % des Français interrogés se disent révoltés par les inégalités territoriales qui persistent dans l'accès aux soins", a déclaré ce mardi, lors d'une conférence de presse, Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France. Et 90 % des Français se disent "en colère face au manque de moyens alloués à l'hôpital public et aux conditions de travail du personnel soignant".
Si ces sentiments étaient déjà présents l'an dernier, "ils ne faiblissent pas" relève Zaynab Riet. Pour autant, "les Français sont parfaitement lucides. Leur colère ne s'adresse ni à l'hôpital public, ni aux soignants et professionnels de santé. Au contraire, 95% d'entre eux expriment leur reconnaissance envers les professionnels de santé pour les efforts qu'ils déploient afin de maintenir la qualité des soins. Autrement dit, les Français sont très clairs et font très clairement la distinction entre un système qui se fragilise et des professionnels et des acteurs qui continuent de tenir", résume-t-elle.
"Quand l'accès aux soins vacille, c'est l'hôpital public qui fait figure de dernier rempart"
Selon le baromètre, 73 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soins au cours des cinq dernières années ; "une proportion qui s'accentue d'année en année". Ils étaient ainsi 63% en 2024. "Dans plus de la moitié des cas, ce renoncement s'explique pour une raison simple : les délais d'attente sont devenus trop longs. Face à ces difficultés, de nombreux Français se tournent vers les urgences hospitalières. Quand l'accès aux soins vacille, quand les alternatives manquent, c'est l'hôpital public qui fait figure de dernier rempart", a pointé la déléguée générale de la FHF.
Le baromètre a calculé les temps d'obtention moyens d'un rendez-vous médical (hors urgence). Les délais vont ainsi de 12 jours pour un médecin généraliste à 4 mois et deux semaines chez un dermatologue.
Des délais qui s'allongent considérablement avec les années. En 2019, il fallait 4 jours pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste et 2 mois et 2 jours chez un dermatologue. "La seule spécialité pour laquelle les délais ont eu tendance plutôt à s'amoindrir, bien qu'ils restent importants, c'est l'ophtalmologie. On était à 3 mois et une semaine en 2019. On est passé à 2 mois et 3 semaines", a constaté Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle Société Ipsos, qui a présenté le baromètre pour la FHF.
Face à ces délais, "les Français finissent par baisser les bras", remarque-t-elle, pointant également la problématique des questions budgétaires. 40 % des Français admettent avoir renoncé à des soins pour des raisons de budget et 38% pour des raisons liées à la distance. "Très souvent la question d'accessibilité géographique reprend la question du budget. Pour des gens qui ont des revenus assez modestes, prendre sa voiture pour faire 40 km pour aller consulter, c'est autant de carburant dépensé. Tout cela est très imbriqué", remarque Adélaïde Zulfikarpasic.
Le baromètre relève également que près de la moitié des Français (49 %) se sont déjà rendus dans un service d'urgence pour des raisons qui ne relevaient pas d'une urgence médicale. 71 % des Français se justifient en expliquant ne pas savoir à qui s'adresser et 73% invoquent l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous dans un délai acceptable. 82 % des Français interrogés pointent le refus de leurs médecins de les prendre en charge sans rendez-vous et 90 % admettent se rendre aux urgences pour ne pas avoir à avancer de frais.
"Au moment où beaucoup de démocraties sont menacées, la question de la santé est une priorité pour nos concitoyens", a déclaré Zaynab Riet. "Il y a un réel enjeu à faire prendre conscience aux pouvoirs publics que la santé est l'une des premières préoccupations" des Français, a souligné Adélaïde Zulfikarpasic. A un an de l'élection présidentielle, la FHF a appelé les candidats à se saisir de ce thème "crucial".
*Enquête réalisée sur un échantillon représentatif de 2 500 personnes, par Internet, du 18 au 24 février 2026.
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