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12 jours chez un généraliste, plus de 4 mois chez un dermato... Les délais pour obtenir un rendez-vous médical s'allongent encore

Comme chaque année, le 17 mars, la Fédération hospitalière de France (FHH) publie son baromètre* de l'accès aux soins afin de "mesurer l'expérience réelle des patients". Et le bilan est sans appel "l'accès aux soins se dégrade". 85% des Français se disent "révoltés". 

17/03/2026 Par Sandy Bonin
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"Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 85 % des Français interrogés se disent révoltés par les inégalités territoriales qui persistent dans l'accès aux soins", a déclaré ce mardi, lors d'une conférence de presse, Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France. Et 90 % des Français se disent "en colère face au manque de moyens alloués à l'hôpital public et aux conditions de travail du personnel soignant". 

Si ces sentiments étaient déjà présents l'an dernier, "ils ne faiblissent pas" relève Zaynab Riet. Pour autant, "les Français sont parfaitement lucides. Leur colère ne s'adresse ni à l'hôpital public, ni aux soignants et professionnels de santé. Au contraire, 95% d'entre eux expriment leur reconnaissance envers les professionnels de santé pour les efforts qu'ils déploient afin de maintenir la qualité des soins. Autrement dit, les Français sont très clairs et font très clairement la distinction entre un système qui se fragilise et des professionnels et des acteurs qui continuent de tenir", résume-t-elle.  

"Quand l'accès aux soins vacille, c'est l'hôpital public qui fait figure de dernier rempart"

Selon le baromètre, 73 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soins au cours des cinq dernières années ; "une proportion qui s'accentue d'année en année". Ils étaient ainsi 63% en 2024. "Dans plus de la moitié des cas, ce renoncement s'explique pour une raison simple : les délais d'attente sont devenus trop longs. Face à ces difficultés, de nombreux Français se tournent vers les urgences hospitalières. Quand l'accès aux soins vacille, quand les alternatives manquent, c'est l'hôpital public qui fait figure de dernier rempart", a pointé la déléguée générale de la FHF. 

Le baromètre a calculé les temps d'obtention moyens d'un rendez-vous médical (hors urgence). Les délais vont ainsi de 12 jours pour un médecin généraliste à 4 mois et deux semaines chez un dermatologue. 

Source : FHF.

Des délais qui s'allongent considérablement avec les années. En 2019, il fallait 4 jours pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste et 2 mois et 2 jours chez un dermatologue. "La seule spécialité pour laquelle les délais ont eu tendance plutôt à s'amoindrir, bien qu'ils restent importants, c'est l'ophtalmologie. On était à 3 mois et une semaine en 2019. On est passé à 2 mois et 3 semaines", a constaté Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle Société Ipsos, qui a présenté le baromètre pour la FHF. 

Face à ces délais, "les Français finissent par baisser les bras", remarque-t-elle, pointant également la problématique des questions budgétaires. 40 % des Français admettent avoir renoncé à des soins pour des raisons de budget et 38% pour des raisons liées à la distance. "Très souvent la question d'accessibilité géographique reprend la question du budget. Pour des gens qui ont des revenus assez modestes, prendre sa voiture pour faire 40 km pour aller consulter, c'est autant de carburant dépensé. Tout cela est très imbriqué", remarque Adélaïde Zulfikarpasic. 

Le baromètre relève également que près de la moitié des Français (49 %) se sont déjà rendus dans un service d'urgence pour des raisons qui ne relevaient pas d'une urgence médicale. 71 % des Français se justifient en expliquant ne pas savoir à qui s'adresser et 73% invoquent l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous dans un délai acceptable. 82 % des Français interrogés pointent le refus de leurs médecins de les prendre en charge sans rendez-vous et 90 % admettent se rendre aux urgences pour ne pas avoir à avancer de frais. 

"Au moment où beaucoup de démocraties sont menacées, la question de la santé est une priorité pour nos concitoyens", a déclaré Zaynab Riet. "Il y a un réel enjeu à faire prendre conscience aux pouvoirs publics que la santé est l'une des premières préoccupations" des Français, a souligné Adélaïde Zulfikarpasic. A un an de l'élection présidentielle, la FHF a appelé les candidats à se saisir de ce thème "crucial".

*Enquête réalisée sur un échantillon représentatif de 2 500 personnes, par Internet, du 18 au 24 février 2026.

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karine o
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Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
les patients sont mécontents... déjà sont ils bien informés par les décisions prises par les gouvernements successifs allant du MICA, le vieillissement de la population et des médecins qui n'ont plus de successeurs, nombre de poste défini par les ARS ? non ils entendent les méchants on leur paye les études...etc qui veut mutualiser les laboratoires, les centres de radiologie ? fin de proximité . desert médical parfois desert tout court. 1 motif par consultation pour voir plus de monde ? la financiarisation privée sera ça. les tonnes de paperasserie qui devraient être faites par d'autres administrations ( certificat de vie devrait être fait par les mairies... un temps 5 min de redonner au soin) . réussir a dégoûter tous les soignants est fort. casser asalees qui aident les MG montre que la cause est plutôt d'origine ministérielle apres il y a ceux qui veulent venir apres le coiffeur ! ou apres leur feuilletons ! ca existe. heureusement ce n'est pas une généralité. plus on a une grande patientèle moins on peut voir tout le monde...
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DELA LIE
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Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Nous somme un bien de consommation. Un patient en arrêt demande le dernier rdv du lendemain, je refuse, puisque libre en journée, réponse : "mais c'est que j'ai prévu des choses !"... Et moi si pour 1 fois je pouvais rentrer + tôt ! Un autre souhaite un rdv le samedi matin " au cas où cela s'aggraverait, mais ne vous inquiétez pas j'annulerai si besoin" Et moi de lui expliquer qu'un rdv annuler moins d'une heure avant, n'est quasi jamais recasé (stt un matin) donc on procède autrement : il appelle le jour J. Et lui d'insister : "cela vous fera une pause, si j'annule" Voulez-vous être Black listé pour le samedi ?
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Pat Bourgpat
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Débatteur Passionné
il y a 2 mois
Les douze Jours prennent ils en compte les 4 jours que les patients attendent avant d'appeler sachant que laisser plus de 30 personnes appeler avant eux vas augmenter leur capacité à avoir un rendez vous rapidement. Les douze jours prennent ils en compte l'incapacité chronique des patient à définir rapidement leur demande car demander un rendez-vous, c'est à la base demander quelque chose qui n'est pas urgent. Si c'est urgent demander à être pris en urgence déterminera une autre réponse. Cela prend il en compte le coté mal élevé des patients à qui il est proposé d'attendre pour les prendre entre deux patients qui se croient prioritaires par rapport aux patients qui ont un rendez-vous. Enfin, c'est bien de râler sur la difficulté à avoir un rendez-vous, mais pas grand monde chez les patients ne veux mettre sur la tapis, les lapins et les personnes qui annulent à la dernière minute voir après l'heure du rendez-vous.
 
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