Image générée par IA

Image générée par IA

Vols, insultes, coups… Près de 95% des médecins libéraux d'Occitanie ont déjà fait face à des violences

13/03/2024 Par Chloé Subileau
Violence
Image générée par IA

Image générée par IA

D'après une nouvelle enquête de l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) des médecins libéraux d'Occitanie, 94,8% des praticiens de la région ont déjà été amenés à gérer des situations de violences. Entre vols, insultes et coups, près de 83% des 441 praticiens libéraux interrogés estiment que la "situation" s'est dégradée ces cinq dernières années.  

 

Cris, insultes, vols, dégradations de biens… En Occitanie, près de 95% des médecins libéraux estiment avoir déjà dû gérer des situations de violences dans l'exercice de leur activité, dont 37% régulièrement. Seuls 10% des praticiens sont pourtant formés à la gestion de ces situations. C'est ce que révèle une nouvelle enquête menée en février 2024 par l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) des médecins libéraux d'Occitanie. Publiée vendredi 8 mars, elle révèle que 75,9% praticiens occitans ont déjà été victimes de violences sur ces trois dernières années. 30% d'entre eux y ont même fait face plusieurs fois par an.  

Alors que l'observatoire de l'Ordre des médecins estime à 23% la hausse des violences en 2022 par rapport en 2021, l'URPS d'Occitanie a souhaité "objectiver la situation" sur son territoire. Au total, 441 médecins libéraux de la région ont répondu au sondage. Ils sont en grande majorité des femmes, exercent à près de 64% en cabinet de groupe, et à 54,3% en milieu urbain.  

Une image contenant texte, capture d’écran, ligne, diagrammeDescription générée automatiquement
Source : URPS Occitanie  

 

D'après cette enquête, "la gestion des violences est plus récurrente en milieu semi-rural", où exercent 36,4% des répondants. "39% [d'entre eux] indiquent gérer eux-mêmes, ou leurs collaborateurs, des violences chaque jour, plusieurs fois par semaine ou plusieurs fois par mois", contre 36% en milieu rural et 35% en milieu urbain. Toutefois, 78% des médecins installés en milieu rural ont déjà été victimes de violences au moins une fois lors des trois dernières années. Ils sont 76% en milieu semi-rural, et 74% en milieu urbain.  

Dans ce contexte, 26% des médecins d'Occitanie affirment se sentir en insécurité régulièrement, note le sondage. Et si 44,1% des praticiens interrogés ne prennent aucune mesure pour se protéger, 32,2% disent éviter d'être seuls, 21,6% ont aménagé spécifiquement leurs locaux, 17% ont adapté leurs horaires et 12,6% ont réduit ou arrêté les gardes.  

 

Une image contenant texte, capture d’écran, Police, diagrammeDescription générée automatiquement

La crainte de ces violences a pourtant des impacts réels sur leur pratique et leur santé. Pour certains, cela s'exprime par de l"insomnie", de l"anxiété", de la "colère", du "stress" ou une "moins bonne prise en charge des patients après avoir été victime de violences", liste l'étude, citant plusieurs praticiens. 37,5% des répondants estiment, en effet, ressentir un mal-être général, 31,5% une perte de motivation ou de sens, tandis que près de 22% disent réfléchir à la continuité de leur activité (déménagement, changement de mode d'exercice…).  

Parmi les violences relevées par les médecins interrogés ces trois dernières années, 71,4% sont des atteintes à la personne. 20,3% sont des atteintes aux biens, tels que des vols ou des dégradations.  

Ce sondage de l'URPS d'Occitanie révèle également que les femmes sont davantage victimes de violences que leurs homologues masculins (+15%). Elles portent pourtant moins plainte que ces derniers (-13%). Le nombre de médecins – femmes et hommes - déposant plainte reste globalement faible. Sur les 75,9% praticiens victimes de violences ces trois dernières années, seuls 18% ont fait une telle démarche.  

 

Une image contenant texte, capture d’écran, Police, logoDescription générée automatiquement

Mais ces violences se sont-elles aggravées ? Pour les praticiens interrogés, le constat est sans appel. Ils sont 82,6% à estimer que, sur ces cinq dernières années, la situation relative à ces violences au sein de la profession s'est dégradée. Près de 35% le pensent même "fortement". "La situation au sein de nos cabinets devient très, très problématique. A noter également une forte hausse des agressions verbales envers nos secrétaires", raconte l'un d'entre eux. "L'ensemble des agents exerçant au sein du cabinet est concerné par les violences, me faisant remettre totalement en question ma légitimité et le sens du métier", ajoute alors un confrère, cité par l'URPS. 

Etes-vous favorable à l'interdiction de la vente de tabac à toute personne née après 2009 ?

J F

J F

Non

Non, parce que c'est totalitaire et il n'y a pas d'argument a ajouter, même si ce n'est pas logique d'accepter cette situation. Et... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
IPA
Un rapport formule 20 recommandations pour que les IPA ne soient plus "les petites mains des médecins"
09/07/2026
18
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2