@Maria Vitkovska/ Stock.adobe.com/ Générée avec IA
Diabète de type 2 : l’ETP et les applis de santé sont sous-exploitées
Malgré des bénéfices bien établis, l’éducation thérapeutique et les applications de santé restent peu utilisées par les patients atteints de diabète de type 2, selon des données de l’étude Entred 3.
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En matière de prise en charge du diabète de type 2 (DT2), l’éducation thérapeutique du patient (ETP) a largement fait ses preuves. Qu’elle prenne la forme d’entretiens individuels, de séances collectives ou d’accompagnement téléphonique, elle améliore le contrôle glycémique, avec une baisse de 0,76 % du taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), et est associée à une diminution du risque de mortalité toutes causes confondues(1,2).
Il en va de même pour les applications de santé : tout en améliorant les connaissances du patient sur sa maladie, elles facilitent les modifications des habitudes de vie (alimentation, activité physique), accroissent l’adhésion au traitement et le contrôle glycémique(3). Or, bien que prônées par diverses recommandations d’experts, l’ETP et, plus encore, les applis de santé semblent largement sous-utilisées par les patients diabétiques français, révèle l’étude Entred 3, présentée par la Dre Fanny Duret-Plégade, médecin généraliste dans le service de diabétologie de l’Hôpital franco-britannique de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).
Conduits sur 2 714 patients DT2 vivant en métropole, ces travaux reposent sur les données 2019 de l’étude Entred 3, grande enquête épidémiologique menée tous les dix ans par Santé publique France sur la population diabétique. Parmi ces personnes, seules 51 % disaient avoir bénéficié d’ETP au cours de leur parcours avec la maladie. Le plus souvent, il s’agissait d’entretiens individuels (38,7 % des personnes), devant l’accompagnement téléphonique (13,3 %) et les séances collectives (10,4 %).
De leur côté, les 320 médecins interrogés évoquaient, pour justifier la non-participation de leurs patients à l’ETP, des motifs tels que "Mon patient n’en a pas besoin" (30,5 %), "Il n’en a pas voulu" (24,9 %), "Trop compliqué pour le patient" (19,6 %) ou bien "Pas de structure adaptée disponible" (15 %).
91 % des médecins ne recommandent pas d’appli
Les applis de santé semblent, quant à elles, rencontrer peu de succès. Parmi les patients DT2 disposant d’un smartphone, seuls 11 % disent en utiliser au moins une, soit environ 5 % de la population interrogée. Le plus souvent, il s’agit d’un podomètre (50,6 % des utilisateurs d’applis), d’un outil de gestion des remboursements de santé (portail Ameli, 32,6 %) ou d’applis de suivi de la glycémie (32 %), de la fréquence cardiaque (29,7 %) et du poids (20,1 %).
Interrogés sur l’utilité des applis, les médecins y accordent peu d’intérêt : 91 % déclarent ne pas en recommander. Parmi les raisons principales, ils ne les jugent pas adaptées au profil de leur patient (54,3 %) ou admettent ne pas les connaître (20 %). De même, 18,5 % les jugent "trop compliquées à utiliser", tandis que 14,7 % estiment ne pas avoir le temps de s’y consacrer et que 10,4 % n’y voient pas d’intérêt. Seulement 1,39 % disent ne pas les recommander car ils les jugent peu fiables.
La donne pourrait avoir changé depuis le recueil de ces réponses, mené en 2019. "La pandémie de Covid-19 est passée par là, et elle a provoqué un essor des applis de santé et des réseaux sociaux", rappelle Fanny Duret-Plégade. Toutefois, une étude allemande menée en 2017 suggère, avant même la pandémie, un plus grand intérêt outre-Rhin pour les applis de santé. Selon ces travaux, 37 % des médecins allemands interrogés disaient les recommander, tandis que 41,1 % des patients DT2 utilisateurs de smartphones en utilisaient(4).
"Il faut sensibiliser aussi bien les patients que les médecins aux applis de santé", en particulier au podomètre, qui permet de "remotiver pour faire de l’activité physique", commente Fanny Duret-Plégade. Selon son étude, les patients DT2 seraient en premier lieu demandeurs d’informations sur l’alimentation (47,8 %), devant les complications du diabète (32,5 %) et l’activité physique (22,5 %).
- Norris SL, et al. Diabetes Care, 1er juillet 2002.
- He X, et al. Endocrine, 12 novembre 2016.
- Wu X, et al. JMIR mHealth and uHealth, 15 janvier 2019.
- Stühmann LM, et al. JMIR Diabetes, 20 mai 2020.
Au sommaire :
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