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Régulation de l'installation : les internes alertent contre une mesure "contre-productive"

L'Intersyndicale nationale des internes (Isni) a réagi à l'inscription à l'ordre du jour du Sénat de la proposition de loi Garot. Pour rappel, celle-ci instaure notamment une régulation à l'installation.  

18/05/2026 Par Alexis Vignais
Déserts médicaux
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La proposition de loi Garot est de retour, comme l'annonçait Egora il y a quelques jours. Elle sera, en effet, examinée par le Sénat le 11 juin prochain. Pour rappel, le texte veut notamment introduire une régulation à l’installation. Les médecins devraient obtenir une autorisation préalable de l'ARS avant de s'installer au sein d'un territoire. Celle-ci serait accordée de droit dans les zones caractérisées "par une offre de soins insuffisante ou par des difficultés dans l'accès aux soins", mais conditionnée, ailleurs, au départ d'un médecin de même spécialité du territoire. 

Adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 7 mai 2025, dans un hémicycle clairsemé, le texte n'avait pas encore été, jusqu'ici, inscrit à l'ordre du jour du Sénat, mais c’est chose faite. "Une étape supplémentaire importante", selon Guillaume Garot, député portant le texte. 

L'emballement est beaucoup plus mesuré du côté des syndicats, et notamment de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni). "La régulation à l'installation des médecins ne résoudra pas la problématique de l'accès aux soins dans le contexte actuel de déficit numérique", tonne l'Isni, par voie de communiqué. "Elle sera même contre-productive. Elle diminuera l'attractivité d’une profession dont les études sont déjà profondément éprouvantes, en poussant les jeunes médecins à se destiner à d’autres modes d’exercices, voire même à se détourner de l’exercice médical."

"Les médecins sont bien répartis"

"Les derniers chiffres de l'atlas de l’Ordre des médecins parlent d'eux-mêmes, le nombre de médecins libéraux toutes spécialités confondues est en baisse : ils ne représentent plus que 39,7% des médecins, soit une baisse de 7% par rapport à 2010", note l'Isni, qui avance avec force : "les médecins sont bien répartis", "la quasi-totalité des Français habite à moins de 15 minutes d’un médecin traitant selon Insee et la Dress".

Pour autant, "proximité ne rime pas avec accessibilité" et avoir accès à un médecin généraliste peut relever parfois du parcours du combattant. Que faire alors ? "L’urgence est à une réelle réorganisation du système de santé par la libération de temps médical, la poursuite du travail lancé sur les guichets uniques favorisant l’installation et le soutien à la coopération entre professionnels de santé", demande le syndicat.

Énumérant les nombreuses réformes touchant le monde de la santé ces dernières années, de la 4A à l'accès aux études de santé, le syndicat appelle à éviter "la multiplication des réformes sans cohérence et investissement". "Il est nécessaire de prendre le temps de la réflexion afin de construire des réformes bien fondées et engagées pour un système pérenne." 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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arnaud guillaumet
116 points
Médecine générale
il y a 29 jours
Régulée intelligemment l'installation est une évidence. Ce n'est vraisemblablement pas une solution efficace pour améliorer l'accès aux soins, mais c'est une solution très efficace pour faire passer le message que la vision collective en santé est plus importante que la vision individuelle. On a tous a l'esprit une situation de total déséquilibre entre installation et besoins et pendant ce temps, des territoires meurent. Il est important que notre société (élus, PS, usagers, ...) puissent ensemble avancer sur ces questions. Dans mon département, le seul territoire qui n'est pas en difficulté d'accès aux soins, va voir s'installer d'ici la fin de l'année un centre 7/7 qui va venir faire des consultations sans rdv, sans justification, sans prendre de patient MT (ou très peu), sans faire de visites, en travaillant le dimanche et les jours fériés, alors même qu'il y a 1 Maison médicale de garde ouverte sans carence depuis 20 ans (soirs et WE), bref en prenant le risque de déstabiliser toutes nos organisations et cela est permis du fait de l'absence totale de régulation à l'installation. C'est évident qu'il faut commencer à introduire dans un cadre bien précis une dose de régulation. Tout l'enjeu c'est de définir ce cadre et non de s'opposer bêtement à une évidence qui règlera plus de problèmes qu'elle en créera.
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Avocat Du Diable
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 29 jours
"Et en même temps" , il n'y a aucun plan d'aménagement global du territoire . La SNCF elle même joue la carte de la rentabilité et non pas du service public . On appauvrit des territoires entiers aux dépends des métropoles . On demande maintenant aux médecins de s'installer obligatoirement dans un territoire délaissé . Ces gens qui sont censés gouverner la France n'ont même plus honte de leurs choix et de leurs erreurs , Ils continuent d'enfoncer le clou .
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Binocle Lulu
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Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 29 jours
Leur République ne veut plus de médecins libéraux. Avec la suppression des remboursements des soins effectués par les médecins non conventionnés, la Convention médicale n'en est plus une. "Con-venire", chaque partie avance vers l'autre pour trouver un accord. Devenue obligatoire, la Convention entrainera la suppression à moyen terme de la médecine libérale. Il suffira de décoter les actes. La médecine salariée ne pourra que se développer. La suite ? Medecine fonctionnaire. Première étape : régulation de l'installation. Depuis 50 ans, ils vont y arriver. Pourquoi se gêner si les medecins ne réagissent pas ou si peu ?
 
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