Alzheimer

Médicaments anti-Alzheimer : balance bénéfice/risque négative aussi pour le CNGE

Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) s’aligne ainsi sur la position des autorités sanitaires françaises.

04/11/2025 Par Dre Marielle Ammouche
Neurologie Thérapeutique
Alzheimer

Actuellement, les médicaments utilisés contre la maladie d’Alzheimer (anticholinestérasiques, mémantine) restent d’un intérêt limité pour cette pathologie dégénérative qui touche 1,2 million de personnes. Une revue systématique avec méta-analyse en réseau (142 études dont 110 essais randomisés) a ainsi mis en évidence qu’ils n’apportaient qu’un bénéfice clinique faible, inférieur aux seuils de pertinence, et étaient pourvoyeurs d’effets indésirables non négligeables (céphalées, troubles digestifs et hospitalisations principalement pour des causes cardiaques). Ils ne sont, d’ailleurs, de ce fait pas remboursés par l’Assurance maladie.

Alors qu’en est-il des nouveaux médicaments, ces anticorps anticorps monoclonaux ciblant la protéine amyloïde (lecanemab, aducanumab, donanemab, gantenerumab) ? Font-ils mieux que les anciens ? Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), vient de répondre clairement "non" à cette question, dans un communiqué publié fin octobre. Il s’aligne ainsi sur la position des autorités sanitaires françaises.

"Aucun bénéfice clinique pertinent"

Il s’appuie pour cela sur une méta-analyse récente (Ebell MH, et al Ann Fam Med 2024;22:50-62.) qui montrait des améliorations statistiques "très modestes" sur les différentes échelles, inférieures là aussi aux seuils de pertinence clinique. En outre, on observait une augmentation des événements indésirables type amyloid-related imaging abnormalities (Aria) œdémateux et hémorragiques. Et "aucun bénéfice clinique des anticorps monoclonaux sur les symptômes dépressifs ou la qualité de vie des patients n’a été démontré dans une revue systématique complémentaire", précise le CNGE.

Pour la société savante, le constat est clair : "Les médicaments dits 'anti-Alzheimer', inhibiteurs de l’acétylcholinestérase, mémantine ou anticorps monoclonaux anti-amyloïdes, n’apportent aucun bénéfice clinique pertinent, tout en exposant les patients à des effets indésirables fréquents et parfois graves." Le rapport bénéfice/risque est défavorable, justifiant le déremboursement des anticholinestérasiques, le refus d’accès précoce et la non-recommandation par la HAS et le NICE britannique du lécanémab, qui est le premier anticorps monoclonal disposant d’une AMM européenne.  

Dans ce contexte, le conseil scientifique du CNGE préconise "de ne pas prescrire ces médicaments et de conseiller aux patients et à leur entourage de ne pas les consommer". La prise en charge actuelle des patients doit se concentrer sur les interventions non pharmacologiques. 

Références :

D’après un communiqué du Collège national des généralistes enseignants (CNGE, 24 octobre)

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2