France

@Noey smiley/Stock.adobe.com

Répartition des docteurs junior : les syndicats et l’université dénoncent un "passage en force" d'une ARS

Plusieurs acteurs, syndicaux et universitaires, accusent l’ARS Centre-Val de Loire d’imposer unilatéralement la répartition des docteurs juniors dans le cadre de la réforme de la quatrième année de médecine générale. Ils alertent sur les conséquences pour la qualité de la formation et l’installation future de ces internes.

07/07/2026 Par Alexis Vignais
4ème année de MG
France

@Noey smiley/Stock.adobe.com

C’est d’une voix commune que l’Isnar-IMG, l’ISNI, le Collège régional des généralistes enseignants (CRGE), le syndicat des internes du Centre-Val de Loire (SICVL), et le DUMG de Tours, se sont exprimés, ce lundi 06 juillet 2026. Le sujet ? La réforme de la quatrième année de médecine générale et plus particulièrement son déploiement au sein du Centre-Val-de Loire. Avec un acteur dans le viseur : l’ARS qui, selon le communiqué commun à ces organisations, "fragilise unilatéralement la formation des futurs médecins généralistes."

En cause : la répartition des futurs DJ qui serait "imposée unilatéralement par l'ARS", dénoncent ces acteurs. "Alors que la commission de subdivision s'était réunie le 25 juin 2026. L’ARS souhaite désormais s'affranchir des propositions formulées collectivement par cette instance. Il s'agit d'un passage en force préoccupant, contraire à l'objectif pédagogique de la réforme de nos études et à l'esprit des textes qui organisent l'internat de médecine."

Au cœur du problème : l’ARS souhaiterait qu’un même maître de stage puisse encadrer deux DJ. Ce que refusent les acteurs à l’origine de ce communiqué. 

"Accueillir un docteur junior constitue une responsabilité pédagogique importante. Cette phase de consolidation prétend permettre une montée en compétence des futurs diplômés et doit pour cela garantir un encadrement de qualité, une disponibilité suffisante du maître de stage, une organisation adaptée et des conditions matérielles permettant un apprentissage sécurisé", indiquent-ils. Ces derniers affirment avoir proposé des terrains de stage "alternatifs" et "agréés", tous situés en ZIP. Cela "permettant d'atteindre le nombre de postes attendus (104) sans recourir aux doublons contestés."

Cette décision prise par l’ARS risquerait "d'affaiblir durablement le maillage territorial de la formation en médecine générale et par extension de l'installation des futurs médecins", alerte le document. "Elle contraindrait par ailleurs certains internes à abandonner des projets de stage, s'inscrivant pourtant dans une démarche de volonté d'installation dans nos territoires sous-dotés. Perturber ces projets [...] risque de repousser davantage leur installation en région, voire de la décourager totalement."

Le même risque est brandi concernant un possible désengagement des maîtres de stage. "Or, un encadrement de qualité des internes dans les territoires constitue un levier essentiel pour l'installation future de médecins et pour la réponse aux besoins de santé de la population." L'éventuelle saturation de la capacité de formation de certains cabinets est aussi mise dans la balance.

Ainsi, les acteurs concernés demandent à l’ARS Centre-Val-de Loire “de respecter les propositions issues de la commission de subdivision réunie en commission de répartition du 25 juin 2026, "de rendre publics les critères ayant conduit à tout éventuel écart entre les propositions de la commission et la décision finale", "d'expliquer aux MSU agréés non retenus les raisons du refus d'ouverture de poste, alors que les terrains disponibles permettaient d'en ouvrir un pour chacun" et "de reconnaitre pleinement le rôle des acteurs universitaires, professionnels et étudiants dans l'organisation de la formation des internes."

Contactée, l’ARS du Centre-val-de-Loire a tenu à répondre par mail, en renvoyant notamment vers une prise de parole tenu par Clara de Bort, directrice générale. Celle-ci y indique que la “première répartition donne davantage aux territoires qui disposent aujourd'hui de moins de médecins” et qu’elle a souhaité “concilier les engagements pris auprès des élus, la qualité de la formation universitaire et la liberté de choix des futurs docteurs juniors.” 

Sur les terrains de stages qui n’ont finalement pas été retenus, ceux-ci n’ont pas été ouverts “afin de sécuriser l’équilibre territorial tel que défini en amont”, justifie l’ARS. “C'est aussi une décision de compromis car les demandes étaient nombreuses et toutes fondées.”  

Concernant les postes en doublons, l’ARS renvoie cette fois-ci à un courrier adressé à la faculté de médecine de Tours et aux associations de médecine de la part de la directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire. “J’ai fait le choix de maintenir les postes en doublon, qui constituent à mes yeux un moyen nécessaire pour progresser vers les objectifs de répartition territoriale que nous nous sommes fixés”, peut-on y lire.

Etes-vous favorable à l'interdiction de la vente de tabac à toute personne née après 2009 ?

J F

J F

Non

Non, parce que c'est totalitaire et il n'y a pas d'argument a ajouter, même si ce n'est pas logique d'accepter cette situation. Et... Lire plus

Photo de profil de Avocat  Du Diable
Avocat Du Diable
5,7 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 10 jours
1/ La formation des DJ doit être identique, quel que soit le lieu d'exercice. Prétendre qu'elle pourrait être différente dans les zones sous-dotées en praticiens me paraît discriminatoire et difficilement justifiable. 2/ Comme je l'ai lu dans ce débat, et comme je le dis depuis longtemps, les DJ sont avant tout des "petites mains" au service des politiques publiques. À mes yeux, l'État cherche avant tout à réduire les dépenses tout en gommant le manque de praticiens et sans s'attaquer à la lourdeur administrative et au nombre de postes bureaucratiques, qui représentent un coût important pour les contribuables sans retour efficace sur investissement . 3/ puisque 4 éme année il ya , le DJ doivent en tirer un maximum de bénéfices pour leur pratique . iIs verront sans doute une pathologie plus diversifiée à trifouillis les oies que dans le 8 éme arrondissement de Paris . Les trifouilliais , triffouillaises attendent les DJ avec impatience et sauront leur accorder un accueil plus chaleureux que les locataires du Faubourg St Honoré .
Photo de profil de B RAB
B RAB
1,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 11 jours
Zut on m'aurait menti ? Depuis le début cette 4° année n'est pas une année de formation mais une action d'affichage politique. Comment les Universités et les représentants officiels ont pu croire que la formation serait au centre de cette mesure...MSU j'ai toujours milité contre cette 4° année ET je n'ai pas postulé pour accueillir des DJ.
Photo de profil de Rocco S
Rocco S
65 points
Médecine générale
il y a 10 jours
Tripatouillage et magouillage sont les 2 mamelles des administrations et surtout des ARS , qu'ils laissent les professionnels du terrain travailler et qu'ils retournent à leur sieste...
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
25
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
IPA
Un rapport formule 20 recommandations pour que les IPA ne soient plus "les petites mains des médecins"
09/07/2026
17
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2