@Noey smiley/Stock.adobe.com
Répartition des docteurs junior : Les syndicats et l’université dénoncent un "passage en force" d'une l’ARS
Plusieurs acteurs, syndicaux et universitaires, accusent l’ARS Centre-Val de Loire d’imposer unilatéralement la répartition des docteurs juniors dans le cadre de la réforme de la quatrième année de médecine générale. Ils alertent sur les conséquences pour la qualité de la formation et l’installation future de ces internes.
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C’est d’une voix commune que l’Isnar-IMG, l’ISNI, le Collège régional des généralistes enseignants (CRGE), le syndicat des internes du Centre-Val de Loire (SICVL), et le DUMG de Tours, se sont exprimés, ce lundi 06 juillet 2026. Le sujet ? La réforme de la quatrième année de médecine générale et plus particulièrement son déploiement au sein du Centre-Val-de Loire. Avec un acteur dans le viseur : l’ARS qui, selon le communiqué commun à ces organisations, "fragilise unilatéralement la formation des futurs médecins généralistes."
En cause : la répartition des futurs DJ qui serait "imposée unilatéralement par l'ARS", dénoncent ces acteurs. "Alors que la commission de subdivision s'était réunie le 25 juin 2026. L’ARS souhaite désormais s'affranchir des propositions formulées collectivement par cette instance. Il s'agit d'un passage en force préoccupant, contraire à l'objectif pédagogique de la réforme de nos études et à l'esprit des textes qui organisent l'internat de médecine."
Au cœur du problème : l’ARS souhaiterait qu’un même maître de stage puisse encadrer deux DJ. Ce que refusent les acteurs à l’origine de ce communiqué.
"Accueillir un docteur junior constitue une responsabilité pédagogique importante. Cette phase de consolidation prétend permettre une montée en compétence des futurs diplômés et doit pour cela garantir un encadrement de qualité, une disponibilité suffisante du maître de stage, une organisation adaptée et des conditions matérielles permettant un apprentissage sécurisé", indiquent-ils. Ces derniers affirment avoir proposé des terrains de stage "alternatifs" et "agréés", tous situés en ZIP. Cela "permettant d'atteindre le nombre de postes attendus (104) sans recourir aux doublons contestés."
Cette décision prise par l’ARS risquerait "d'affaiblir durablement le maillage territorial de la formation en médecine générale et par extension de l'installation des futurs médecins", alerte le document. "Elle contraindrait par ailleurs certains internes à abandonner des projets de stage, s'inscrivant pourtant dans une démarche de volonté d'installation dans nos territoires sous-dotés. Perturber ces projets [...] risque de repousser davantage leur installation en région, voire de la décourager totalement."
Le même risque est brandi concernant un possible désengagement des maîtres de stage. "Or, un encadrement de qualité des internes dans les territoires constitue un levier essentiel pour l'installation future de médecins et pour la réponse aux besoins de santé de la population." L'éventuelle saturation de la capacité de formation de certains cabinets est aussi mise dans la balance.
Ainsi, les acteurs concernés demandent à l’ARS Centre-Val-de Loire “de respecter les propositions issues de la commission de subdivision réunie en commission de répartition du 25 juin 2026, "de rendre publics les critères ayant conduit à tout éventuel écart entre les propositions de la commission et la décision finale", "d'expliquer aux MSU agréés non retenus les raisons du refus d'ouverture de poste, alors que les terrains disponibles permettaient d'en ouvrir un pour chacun" et "de reconnaitre pleinement le rôle des acteurs universitaires, professionnels et étudiants dans l'organisation de la formation des internes."
Contactée, l’ARS du Centre-val-de-Loire a tenu à répondre par mail, en renvoyant notamment vers une prise de parole tenu par Clara de Bort, directrice générale. Celle-ci y indique que la “première répartition donne davantage aux territoires qui disposent aujourd'hui de moins de médecins” et qu’elle a souhaité “concilier les engagements pris auprès des élus, la qualité de la formation universitaire et la liberté de choix des futurs docteurs juniors.”
Sur les terrains de stages qui n’ont finalement pas été retenus, ceux-ci n’ont pas été ouverts “afin de sécuriser l’équilibre territorial tel que défini en amont”, justifie l’ARS. “C'est aussi une décision de compromis car les demandes étaient nombreuses et toutes fondées.”
Concernant les postes en doublons, l’ARS renvoie cette fois-ci à un courrier adressé à la faculté de médecine de Tours et aux associations de médecine de la part de la directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire. “J’ai fait le choix de maintenir les postes en doublon, qui constituent à mes yeux un moyen nécessaire pour progresser vers les objectifs de répartition territoriale que nous nous sommes fixés”, peut-on y lire.
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