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Obésité : une vaste méta-analyse compare les bénéfices et les effets indésirables des nouveaux traitements
Une vaste méta-analyse, qui vient d’être publiée dans le British Medical Journal (BMJ), permet de comparer l’efficacité et la tolérance des traitements de l’obésité et en particulier des aGLP1 dans leur indication contre l’obésité. Il en ressort que les médicaments ayant la plus forte efficacité sur la perte de poids sont ceux qui s’accompagnent généralement des effets indésirables les plus marqués. Surtout, ils n’ont pas d’effet sur la qualité de vie, et peu affichent un impact sur le risque cardiovasculaire.
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Les auteurs ont inclus dans cette étude 262 essais contrôlés randomisés, portant sur un total de 99 791 participants, publiés avant le 12 novembre 2025. Et 19 médicaments ont été pris en compte.
Les analyses ont montré que les traitements ayant la plus forte efficacité sur la perte de poids, au bout d’un an, sont le tirzépatide (différence moyenne de -14,9 %) et le cagrilintide-sémaglutide (CagriSema, -14,8 %), non encore autorisé en France. Viennent ensuite le sémaglutide oral (-10,9 %), l’orforglipron (-9,9 %, non autorisé), le sémaglutide sous-cutané (-9,8 %) et la phentermine-topiramate (-8,1 %, non autorisé). Et les autres traitements en cours de développement tels que l’ecnoglutide, le mazdutide, rétatrutide) « pourraient entraîner des réductions similaires ou plus importantes » affirment les auteurs, de 13,1 à 14,6 %. Mais le degré de certitude sur cette donnée est « très faible à faible ».
Les autres molécules, telles que le liraglutide, la naltrexone-bupropion, l’orlistat, l’exénatide, les inhibiteurs du SGLT-2, le dulaglutide, ou encore la metformine, entrainaient une perte de poids plus faible, inférieure à 5 %.
Par ailleurs, peu de molécules avaient un impact sur la mortalité et le risque cardiovasculaire, même si la durée des études était en générale trop faible pour conclure avec certitude dans ce domaine. Ainsi, le sémaglutide sous-cutané était le seul médicament associé à une réduction de la mortalité toutes causes confondues (rapport de risque [RR] de 0,81) et de l’infarctus du myocarde (RR 0,72). Il permettait aussi de réduire le risque d’insuffisance cardiaque (0,43), de même que le tirzépatide (0,49). Mais "aucun médicament n’a permis de réduire de manière convaincante l’insuffisance rénale ni d’améliorer la qualité de vie" ajoutent les scientifiques.
Concernant la tolérance, les auteurs soulignent que "les bénéfices les plus importants s’accompagnent généralement d’effets indésirables plus marqués et d’un taux d’arrêt du traitement plus élevé". Ainsi, on observait plus d’arrêts du traitement avec l’orforglipron, la naltrexone-bupropion, le liraglutide, la phentermine-topiramate, le CagriSema et le sémaglutide oral (RR compris entre 1,9 et 4,2). Les événements indésirables les plus fréquents étaient des troubles gastro-intestinaux (surtout avec la naltrexone-bupropion, le sémaglutide oral, l’orforglipron et le tirzépatide), et une asthénie (avec la naltrexone-bupropion, l’orforglipron et le CagriSema).
Dans un éditorial du BMJ sur ce travail, des experts indépendants, les Prs Hamlet Gasoyan, et Michael B Rothberg (Cleveland, USA), concluent que "cette étude constitue une avancée importante dans la mise à disposition d’informations comparatives destinées à éclairer les discussions entre patients et cliniciens concernant les médicaments contre l’obésité, dans ce contexte où les options thérapeutiques évoluent rapidement". Ils préconisent, en outre, la réalisation d’études supplémentaires "tenant compte des caractéristiques individuelles ainsi que des résultats à long terme, tels que la mortalité", pour permettre une prise de décision personnalisée.
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