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Les clés pour participer à un projet de recherche en médecine générale
Longtemps associée aux centres hospitaliers universitaires, la recherche est pourtant aussi accessible aux médecins généralistes. Lors d'un atelier organisé aux 13es Rencontres nationales de Reagjir, les différentes façons de s'investir dans la recherche, du recrutement de patients à la conduite d'études, ont été détaillées.
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"La recherche, ça se fait au CHU." Voici l'intitulé de l'un des ateliers dispensés lors des 13es Rencontres nationales de Reagjir, qui se sont déroulées du jeudi 4 au vendredi 5 juin 2026. Si vous avez été attentif à la thématique du congrès, dédiée aux clichés, vous aurez donc vite décelé le ton ironique derrière cet intitulé. L'objectif ici est plutôt "de faire en sorte que de plus en plus de médecins généralistes puissent s'investir dans la recherche en soins primaires", comme l'indique le Dr Raphaël Presneau, chef de clinique universitaire au département de médecine générale de Nantes et trésorier adjoint de Reagjir. Egora vous donne quelques clés, dispensées lors de cet atelier, pour s'investir dans la recherche en tant que médecin généraliste.
Quels sont les rôles que peuvent avoir les médecins généralistes ?
Le médecin généraliste pourra endosser, en général, deux grands rôles. D'abord, celui de promoteur d'une étude, c'est-à-dire "le médecin qui va être le responsable juridique de l'étude, qui va la diriger et qui va s'assurer de sa conduite", résume Raphaël Presneau. Il sera notamment chargé du "respect du protocole" ou encore de la question des "financements".
Si le premier rôle vous paraît être un peu trop prenant, il sera toutefois possible d'être "investigateur". "C'est probablement ce que vous allez pouvoir faire en médecine générale dans vos cabinets, de façon plus simple", confirme le médecin généraliste, installé en Vendée. Ici, votre rôle sera notamment de recruter des profils, parmi vos patients ou non, qui correspondront à ceux qui sont recherchés dans telle ou telle recherche. Il sera également possible de réaliser un suivi, sur le sujet, des patients retenus.
Comment trouver les "offres" ?
Si vous souhaitez vous engager vers cette voie, il faudra désormais identifier les recherches qui vous plaisent. Si vous avez dans votre entourage "des collègues déjà impliqués", n'hésitez pas à leur demander les contacts nécessaires.
Si ce n'est pas votre cas, privilégiez les "appels à volontaires" qui sont publiés de manière assez fréquente, ou prenez contact directement avec le DUMG local. "Souvent, les DUMG sont quand même des bonnes portes d'entrée avec des personnes qui sont impliquées dans la recherche et ils peuvent vous donner les bons contacts", complète Raphaël Presneau.
À ces trois canaux peuvent s'ajouter les "réseaux sociaux", comme l'indique le Dr Jean-Charles Vauthier, coordinateur du DES de médecine générale à la faculté de Nancy. Activez les notifications du CNGE, des syndicats représentatifs des internes ou encore de Reagjir peut ainsi s'avérer utile. "Quand il y a une grande étude qui se met en place, elle se diffuse comme un buvard."
Il est également possible de contacter directement les auteurs d'une thèse qui vous a particulièrement intéressée. "Les personnes sont très contentes de nous voir intéressés par le travail qu'ils ont mené et potentiellement de sa poursuite derrière. [...] Les prises de contact peuvent se faire vite et ne vous engagent pas pour autant à faire un travail de deux ans, trois ans derrière", souligne Raphaël Presneau.
Quels sont les "indispensables" pour pouvoir participer à une thèse ?
Si votre CV n'est pas à jour, il faudra, si vous souhaitez vous engager dans cette démarche, l'actualiser. Ici on parle d'un "document synthétique présentant vos formations, expériences et travaux de recherche indispensables pour intégrer un réseau ou rejoindre un projet".
Celui-ci sera étudié par les instances derrière le projet de recherche. "Si je veux me lancer dans une étude de très grande ampleur qui va toucher quatre millions de personnes et que c'est ma première expérience de recherche, il est probable que les instances qui valident se disent que le CV est un tout petit peu famélique", juge Jean-Charles Vauthier. Toutefois, "pour être un investigateur, on peut ne pas avoir d'expérience de recherche", complète le coordinateur du DES de médecine générale à la faculté de Nancy.
Il sera également nécessaire de réaliser une "formation aux bonnes pratiques cliniques". Il s'agit d'une "formation réglementaire obligatoire pour participer à des études cliniques. Elle garantit la qualité, l'intégrité et la sécurité des données recueillies", souligne la présentation.
"C'est des petits webinaires", résume Jean-Charles Vauthier. Une formation "ultra rapide" qui comprend toutefois une évaluation des connaissances à la fin. Mais rien d'insurmontable selon les intéressés : "Ce n'est vraiment pas un frein."
Par ailleurs, aucun diplôme n'est nécessaire pour participer à ces recherches. "En fait, les indispensables, il n'y en a pas tant que ça", souligne Raphaël Presneau.
Quel est l'intérêt de participer à ces recherches ?
C'est une question qu'il est légitime de se poser. La première raison peut sembler évidente, mais importante, notamment aux yeux de Jean-Charles Vauthier. Participer à de telles recherches permet de "faire progresser la science", souligne l'intéressé. "C'est quand même utile et c'est même dans notre serment d'Hippocrate car on doit effectivement toujours chercher, enseigner, faire progresser et partager ce qu'on a appris." Cela associé au fait que participer à ce type d'initiatives permet de "casser la routine".
Selon Raphaël Presneau, s'investir dans la recherche en tant que médecin généraliste permet également de faire "une mise à jour de [sa] pratique", voire même de régler des problématiques impactant le quotidien des cabinets.
À quel point ça prend du temps ?
La réponse à cette question dépendra de votre investissement. "Mais les études en soins primaires, elles sont quand même construites pour que ça ne prenne pas trop de temps, sinon, de toute façon on ne trouve pas d'investigateur", souligne Jean-Charles Vauthier. Il est toutefois possible de participer à des études un peu plus "engageantes". Vous n'aurez ensuite qu'à faire votre propre sélection en fonction des sujets qui vous intéressent le plus.
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