
Rémunération, thèse, encadrement… Les propositions du CMG pour la quatrième année d'internat de médecine générale
Alors que les décrets d'application de la réforme sont attendus dans les prochains mois, le CMG réitère ses propositions pour que cette quatrième année de DES forme véritablement "à l'exercice futur".

"Cette année supplémentaire est conçue dans l’intérêt des internes et vise à leur permettre de s’engager durablement dans la pratique de la médecine générale, et non à pallier les carences d’accès aux soins en plaçant des internes isolés dans des zones sous-dotées", tient à rappeler le Collège de médecine générale (CMG) dans un communiqué diffusé le 5 février. Alors que "les premiers docteurs juniors en médecine générale prendront leurs fonctions en novembre 2026" et que les décrets se font attendre, le CMG a tenu à rappeler les propositions qu'il avait formulées il y a un an "dans la perspective des choix à venir".
"L'enjeu de cette année supplémentaire doit être la formation dans le champ du premier recours et dans le mode d'exercice souhaité", insiste le CMG. A ce titre, "certains domaines semblent prioritaires dans la formation des docteurs juniors : maladie chronique/domicile, éthique/déontologie/professionnalisme, collaboration interprofessionnelle, prévention/éducation/prise en charge populationnelle", liste-t-il.
Stages hospitaliers, stages mixtes…
Les internes qui se destinent à une carrière hospitalière devraient pouvoir bénéficier d'une dérogation pour exercer à l'hôpital durant leur année professionnelle, estime-t-il. Pour ceux qui s'orientent vers un exercice mixte, des maquettes "à mi-temps pendant un an" alternant stage hospitalier et stage ambulatoire pourraient être favorisées. En fonction des projets professionnels, 1 à 2 jours par semaine pourraient être consacrés à un exercice en PMI, dans les plannings familiaux, en santé scolaire, etc.
Autre point d'inquiétude pour les internes : la thèse. "La nécessité de soutenir sa thèse avant la 4e année" implique de "prévoir des temps dédiés" durant les deux premières phases de l'internat, met en avant le CMG, qui suggère de favoriser des thèses "sortant du travail de recherche stricto sensu" (mise en place d'une action de prévention, par exemple), des thèses "à plusieurs" ou de "prévoir la possibilité de co-encadrement des thésards avec les docteurs juniors".
Médecin MSU et "accueillant"
En ce qui concerne l'encadrement, le CMG considère que le statut de "médecin accueillant non-praticien agrée maître de stage des universités" (Pamsu) doit être "temporaire et cadré". Il ne doit pas avoir "vocation à se pérenniser, mais à devenir médecin accueillant Pamsu".
Enfin, la rémunération doit être "équitable". Le CMG suggère pour le médecin accueillant "une rémunération incluant un forfait remboursant les charges" (notamment immobilières) et "une indemnité fixe au regard de l'activité d'intendance et de réponse pédagogique immédiate". Le maitre de stage doit voir son indemnité pédagogique (au titre de la supervision) revalorisée. Enfin, le docteur junior doit avoir une part fixe (salaires ou honoraires) et une part variable (primes ou pourcentage d'actes) "qui pourrait prendre en compte le nombre d'actes" ou encore "la situation dans une zone sous-dotée".
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