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12 000 étudiants en médecine en plus chaque année : "On est à la limite de ce que l'on peut faire", alertent les doyens
Alors que les objectifs nationaux pluriannuels de professionnels de santé à former prévoient une hausse minimum de 61 000 carabins d'ici à 2030, les doyens alertent sur leurs capacités de formation. "On est au maximum de ce que l'on peut faire dans les facultés de médecine", selon Pre Isabelle Laffont, à la tête de la Conférence des doyennes et des doyens de médecine.
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Plus de 61 200 futurs médecins formés d'ici 2030 ? C'est l'ambition affichée par le Gouvernement dans les nouveaux objectifs nationaux pluriannuels de professionnels de santé à former. L'arrêté fixant ces objectifs est paru le 20 octobre dernier, et prévoit qu'un peu plus de 12 200 étudiants intègrent la filière médecine chaque année entre 2026 et 2030.
"On va passer actuellement de 11 200 à 11 300" places en deuxième année de médecine, "à 12 246 étudiants en deuxième année formés par an", a confirmé la Pre Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyennes et doyens de médecine (CDD), mercredi 4 novembre, devant la presse. D'ici 2030, le nombre de places en deuxième année de médecine va donc devoir augmenter de "18,9 %", a-t-elle calculé.
Une hausse difficile à tenir pour les facultés de médecine, déjà "au maximum" de leurs capacités, a alerté la doyenne. "On a vraiment des questions sur notre capacité à les encadrer [les étudiants, NDLR], on manque d'enseignants-chercheurs. On demande depuis les Assises [nationales] hospitalo-universitaires de 2023, 1 000 hospitalo-universitaires supplémentaires en France pour rattraper notre retard, a détaillé Isabelle Laffont. On manque de [personnels de] scolarité, on évalue à 5 ou 10 % le nombre de BIATSS, c'est-à-dire [de personnels] administratifs de facs qui seraient nécessaires pour aborder ces augmentations d'étudiants."
Manque d'enseignants, de locaux…
Les difficultés portent aussi sur les terrains de stage, dont le nombre est, là aussi, tendu. Il y a des "concentrations de stages dans les CHU qu'il faut traiter par les territoires, mais envoyer [les carabins] dans les territoires ça demande du temps et des ressources humaines".
Enfin, la dernière alerte de la doyenne porte sur les locaux, pas assez nombreux dans les facultés pour accueillir décemment les apprentis médecins et développer les travaux dirigés, la simulation… "On a besoin de salles de travail, de restos universitaires", a insisté la Pre Laffont, à la tête de la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes. "On est quand même à la limite de ce que l'on peut faire, mais on très heureux d'augmenter le nombre de places en deuxième année de médecine puisqu'on nous dit que c'est nécessaire", a-t-elle tenu à ajouter.
Le Pr Marc Humbert, vice-président de la CDD, a de son côté appelé les pouvoirs publics à s'interroger sur "le nombre réellement nécessaire d'étudiants à former par an". "Des chiffres comme 16 000 ont été donnés à un moment, nous ne sommes pas capables de former 16 000 étudiants par an", a reconnu le doyen, faisant référence à une proposition de Gabriel Attal début 2024. Alors Premier ministre, l'actuel candidat à l'élection présidentielle avait assuré vouloir former davantage de praticiens, "jusqu'à 16 000 par an en 2027".
"Si on nous imposait [une telle hausse], ce serait une formation de mauvaise qualité", a estimé le Pr Humbert, ce mercredi. "Il faut vraiment que ce soit dit, que nous soyons des partenaires entendus, responsables et nos étudiants nous demandent aussi d'avoir accès à une formation avec de la simulation, des bons stages, des stages dans les territoires avec des bons maîtres de stage."
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