Crédit : Conférence des doyennes et des doyens de médecine.
"Il n'est pas nécessaire de se sacrifier pour devenir médecin" : le message d'espoir de la cheffe de file des doyens aux étudiants
La présidente de la Conférence des doyennes et des doyens de médecine a ouvert ce mercredi la 6e conférence de concertation sur les risques psychosociaux et les violences sexistes et sexuelles. Si elle a reconnu que de nombreux travaux restent à mener, la Pre Isabelle Laffont a assuré qu'une "majorité" des "étudiants en médecine vont bien".
Crédit : Conférence des doyennes et des doyens de médecine.
"On a tous fait médecine pour soigner, sauver des gens et inventer la médecine de demain. On a choisi le plus beau métier du monde, je crois qu'on en est tous convaincus, mais il y a quand même un malaise." C'est par ces mots que la Pre Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyennes et doyens de médecine (CDD), a ouvert, ce mercredi 7 octobre, la 6e conférence de concertation sur les risques psychosociaux (RPS) et les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les études de santé.
Anxiété, état dépressif, risque suicidaire, baisse d'empathie, troubles du sommeil et du comportement alimentaire, prévalence des VSS… "Ces difficultés sont ancrées dans une fragilité qui est multifactorielle", a rappelé la cheffe de file des doyens, au sein de l'un des amphithéâtres de la faculté de médecine de Sorbonne-Université à Paris.
Pour Isabelle Laffont, l'une des priorités en matière de RPS et de VSS est "d'entendre". "Il faut entendre, pour nos étudiants, l'intensité des études, la charge de travail dans les services, l'importance de la charge émotionnelle quand on est en stage – surtout au début du cursus –, les conflits de valeur quand on veut faire [quelque chose] et que l'on ne peut pas [le] faire car on n'a pas le temps, la pression académique d'études qui sont exigeantes [et] longues…", a-t-elle égrené, ce mercredi matin.
Face à ces alertes, il faut pouvoir "prévenir", a avancé la Pre Laffont. "Et puis enfin, il faut guérir. Guérir, ça veut dire briser le silence, changer certaines organisations, aller vers, écouter, entendre et protéger la parole. C'est également orienter vers les bons dispositifs qui existent de plus en plus […] C'est aussi soigner quand c'est nécessaire et sanctionner quand c'est indispensable", a listé la présidente de la CDD.
"Les étudiants savent qu'il n'est pas nécessaire de souffrir pour apprendre"
Alors que de plusieurs enquêtes récentes alertent sur l'état de santé mentale et les conditions de vie des carabins, Isabelle Laffont a voulu apporter un message d'espoir. "Fort heureusement, la majorité de nos étudiants en médecine vont bien", a-t-elle tenu à souligner, devant la petite centaine de personnes installées dans le public. "Ils savent qu'il n'est pas nécessaire de souffrir pour apprendre", "de se sacrifier pour devenir médecin", "que l'on peut avoir une vie personnelle épanouie sans sacrifier sa carrière professionnelle" et, à l'inverse, "que l'on peut avoir une vie professionnelle épanouie sans sacrifier sa vie personnelle", a soutenu la doyenne de la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes.
"L'ambition n'exclut pas l'humanité, l'excellence académique n'exclut pas la bienveillance", a-t-elle conclu, laissant la place à de premiers échanges sur la formation des carabins et de leurs encadrants sur les RPS et VSS.
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