@David Franklin - stock.adobe.com
Prescription "disproportionnée" : un psychiatre condamné pour la mort d'un patient par surdose de morphine
Un psychiatre a été condamné pour homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Castres. Le médecin était poursuivi après le décès d'un patient de 60 ans d'un surdosage de morphine, qu'il venait de lui prescrire.
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Un psychiatre a été récemment condamné par le tribunal correctionnel de Castres pour homicide involontaire après le décès d'un patient en 2014. Selon l'autopsie, cet homme de 60 ans, découvert par sa fille dans son lit, aurait succombé à un surdosage de morphine, "accentué par une interaction avec de nombreux autres médicaments, notamment des opiacés, eux aussi pris en trop grande quantité", rapportent nos confrères de La Dépêche du Midi.
La veille de son décès, le patient s'est vu prescrire par le psychiatre 14 gélules de Skenan 200 mg afin de soulager ses fortes douleurs au dos. Le sexagénaire – qui prenait d'autres traitements antidouleurs et antidépresseurs - s'est alors rendu dans une première pharmacie qu'il ne fréquentait pas. Elle n'a pu lui fournir qu'une seule gélule. Une seconde officine – dont il n'était, là aussi, pas un habitué - lui a fourni les 13 autres.
Bien que la posologie indiquait de prendre une gélule toutes les douze heures, le patient en aurait ingéré trois en une seule prise.
Selon les experts, la prescription du médecin était "disproportionnée". "Le traitement aurait dû débuter avec des doses plus petites de Skenan. Et les pharmaciens auraient dû être plus 'vigilants' et faire des vérifications, comme appeler le médecin prescripteur et la pharmacie habituelle du patient, avant de délivrer ce médicament très réglementé", détaille La Dépêche.
Relaxe pour les pharmaciens
L'audition du tribunal a eu lieu en septembre, douze ans après les faits. Le médecin, qui n'était pas présent pour des problèmes de santé, a assuré pendant l'enquête avoir informé le patient sur la posologie à respecter et lui avoir indiqué d'arrêter ses autres traitements. "S'il avait respecté la posologie initiale à la lettre, il ne serait pas décédé", a plaidé l'avocate du praticien.
Six mois de prison avec sursis ont été requis à l'encontre des trois professionnels de santé. Les deux pharmaciens ont finalement été relaxés par le tribunal correctionnel de Castres, tandis que le médecin a été condamné à six mois de prison avec sursis et à verser 20 000 euros de dommages et intérêts à chacun des deux enfants de la victime, et à 8 000 euros à sa petite-fille.
[avec La Dépêche]
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