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Revenir à une voie unique d’accès aux études de santé : "une erreur" pointent des universitaires
Plusieurs universitaires ont cosigné une tribune publiée dans Le Monde dans laquelle ils demandent à ne pas revenir sur une voie unique d’accès aux études de santé. En octobre 2025, le Sénat a adopté une proposition de loi allant en ce sens.
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"Le retour à une voie unique refermerait la porte entrouverte vers une plus grande diversité sociale". La citation choisie comme titre de la tribune publiée par des universitaires, ce mardi 17 mars 2026 dans Le Monde, l’affirme haut et fort : il ne faut pas revenir à une voie d’accès unique aux études de santé. Pour rappel, en octobre 2025, le Sénat a adopté une proposition de loi, portée par la sénatrice LR Corinne Imbert, qui prévoit en effet de rétablir une voie unique d'accès aux filières santé.
"Jusqu’en 2020, la première année commune aux études de santé constituait la voie unique d’accès à un concours dont le nombre de places était contingenté par un numerus clausus national, instauré en 1971", rappellent les signataires de la tribune.
En 2018, le président de la République décide d’y mettre fin et de réformer les études de santé, "critiquées, d’une part, pour avoir contribué à la pénurie et la mauvaise répartition géographique des professionnels ; d’autre part, pour laisser sans perspective un grand nombre d’étudiants qui, après deux tentatives infructueuses au concours, se voyaient sommés de reprendre à zéro un cursus universitaire."
Le système PASS / LAS naît. Pour les signataires, le premier modèle "reproduit peu ou prou l’ancien modèle" et donne lieu à "un recours massif et coûteux aux préparations privées, concentrées dans les grandes métropoles". Mais le second, au contraire, permet à "des étudiants d’origines sociales et géographiques plus diverses" de tenter de devenir médecin.
À la fin de l’année 2024, pourtant, la "complexité du dispositif", le "sentiment d’iniquité autour des oraux", et "une diversification jugée insuffisamment objectivée" sont soulignés par la Cour des comptes. Un constat rappelé par la tribune, mais qui le contrebalance via une "étude prospective" faite "au sein de la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes" et "publiée en 2025 dans la revue internationale Medical Teacher".
On y compare les deux modèles et selon les signataires, "ce n’est pas la réforme qui a échoué, mais plutôt la persistance d’un ancien modèle resté majoritaire." Des étudiants "plus souvent" originaires des grandes métropoles et de milieux favorisés optent pour les PASS. A contrario, la LAS "attire des publics plus diversifiés et réduit les effets sociaux et de genre." Plus encore, la "combinaison d’évaluations rédactionnelles, de raisonnement et de synthèse avec quelques questionnaires à choix multiples permet à des étudiants brillants, mais aussi moins conformes au profil bachoteur, de faire valoir leurs compétences."
Et après ? "Un suivi longitudinal sur cinq ans montre également que les étudiants issus des licences réussissent aussi bien que ceux de la première voie aux examens du premier et du deuxième cycle." Ainsi, les signataires estiment que de revenir à une voie unique serait "une erreur", et appellent, au contraire, à davantage diversifier les modes de recrutement.
Signataires : Gérald Chanques, vice-président de l’université de Montpellier, Pierre-Yves Collart-Dutilleul, John de Vos, Stephan Matecki, vice-doyen, Denis Morin ; Laurent Visier sont professeurs à la faculté de médecine de l’université de Montpellier. Collectif
[Avec Lemonde.fr]
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