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Inutile, trop complexe, irréalisable : plus de 8 médecins sur 10 souhaitent le report de la 4ème année de médecine générale

Complexité dans la rémunération des docteurs juniors, éloignement du terrain libéral, main d’oeuvre à bon marché pour les hôpitaux… Les critiques pleuvent sur la mise en place de la 4ème année d’internat médecine générale. Un déluge de reproches partagés par les lecteurs d’Egora.

02/10/2025 Par Fanny Napolier
4ème année de MG
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La mise en place de la quatrième année d’internat de médecine générale, prévue pour l’année prochaine, est contestée de tous bords. L’ensemble des organisations représentatives de médecine générale se sont récemment unies pour interpeller le Premier ministre Sébastien Lecornu. En cause principalement la complexité du montage financier proposé pour rémunérer les futurs docteurs juniors.

Mi-mai, le ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, avait indiqué que les DJA de médecine générale percevraient une partie fixe de 2 375 euros brut par mois – versée par les CHU –, à laquelle s'ajouterait un forfait à deux paliers de 200 et 500 euros en fonction du nombre d'actes réalisés par mois (200 actes pour obtenir le premier forfait, 350 pour le second). Les internes pourraient également obtenir 1 000 euros mensuels en cas d'exercice en ZIP, et 1 560 euros en moyenne en cas de participation à la PDSA…

Outre ce mille-feuilles, l’autre sujet d’inquiétude concerne les terrains de stage. Les internes craignent de devoir réaliser cette quatrième année à l’hôpital par manque de maitres de stage universitaires, alors que nombre d’entre eux aspirent à un exercice en cabinet.

Des arguments contre cette réforme qui reviennent aussi chez les lecteurs d’Egora. Parmi les 174 répondants à notre sondage, 83% plaident en faveur d’un report de la réforme. Et parmi les 10% de répondants opposés à un report… plusieurs en appellent à sa suppression pure et simple. « Il ne faut pas la reporter, il faut l’annuler, réagit notamment A. R. Pas de projet, pas d’intérêt pour les étudiants, pas d’apprentissage du fonctionnement d’un cabinet de médecine générale. »

De nombreux lecteurs d’Egora ne comprennent pas qu’on éloigne un peu plus ces futurs médecins des cabinets libéraux. « Je suis de la génération 7 ans d’études pour la médecine générale que j'ai ensuite étoffées auprès de confrères ou par des compléments de formation, tout en travaillant. On se plaint de la diminution du nombre de généralistes ?? ? », relève ainsi la Dre Genevieve P. « Le projet n’est pas réalisable en l’état, il manque de maîtres de stage pour encadrer les étudiants donc la plupart seront casés dans les hôpitaux… » redoute de son côté le Dr Hugues G.

Certains doutent de la légitimité même de la réforme : « Cette 4ème année me parait être simplement un « bouche trou » », écrit le Dr Philippe B., soutenu par d’autres confrères « Cela permet juste de faire fonctionner l’hôpital sur le dos des jeunes », abonde le Dr Jacques G.

Et si finalement, les réformes considéraient avant tout les besoins des premiers concernés ? « En fait, pointe le Dr Pascal L, il faut que les jeunes médecins soient traités comme des partenaires sociaux à privilégier et tenir compte de leur choix de vie. »

 
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