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24 000 euros investis par la mairie : dans ce village, l'arrivée d'une généraliste en secteur 3 fait polémique
Une généraliste de 32 ans a pris ses quartiers mi-janvier à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir). Un investissement de 24 000 euros pour la commune… critiqué par plusieurs de ses habitants.
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Jusqu'au mois de janvier, il n'y avait jamais eu de médecin à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir). Du moins, à la connaissance de ses 300 habitants et son maire, Thomas Blonsky, réélu le 22 mars. Alors quand une jeune généraliste de 32 ans a sollicité l'édile en début d'année pour proposer ses services, ce dernier a sauté sur l'occasion. "Jamais je n'aurais imaginé qu'une médecin puisse venir chez nous. [C'était] inespéré", a confié l'élu à nos confrères du Monde.
Pour faciliter la venue de la praticienne, la mairie a investi 24 000 euros afin de transformer l'ancien café associatif – qui avait lui-même investi l'ancienne école pour filles du village – en cabinet médical. Un investissement important qui a néanmoins suscité la polémique sur les réseaux sociaux, certains habitants jugeant "honteux" de dilapider de l'argent public pour cette installation, relève Le Monde.
En cause : la praticienne a fait le choix de s'installer en secteur 3, proposant ainsi des consultations allant de 55 à 75 euros. "Les consultations étant plus longues [30 minutes en moyenne] et les patients moins nombreux, il fallait des tarifs qui correspondent à mes charges", a expliqué la généraliste au quotidien. Avant de s'installer à Chapelle-Royale, elle avait expérimenté l'exercice conventionné à Angers, et ne se voyait pas "continuer comme ça pendant 40 ans sans y laisser des plumes".
"On ne peut pas m'obliger à faire mon métier à la chaîne"
La jeune maman avait alors décidé d'opérer un virage en se déconventionnant et en revenant dans sa région d'origine. Face à la polémique, la généraliste s'est dit "désolée" pour ceux qui ne pourront prendre rendez-vous avec elle, faute de moyens. "Je sais que ce n'est pas parfait, mais on ne peut pas m'obliger à faire mon métier à la chaîne", a-t-elle indiqué dans les colonnes du Monde.
De son côté, le maire a tenté d'éteindre la controverse dans un communiqué : "On ne peut pas s'opposer à la liberté d’entreprendre dans notre pays. Je ne me voyais pas refuser l'arrivée d’un médecin sous prétexte qu'il est en secteur 3 [non conventionné]. Cela n'enlève rien à l’offre médicale de secteur 1 [conventionné] qui existe dans des communes à proximité."
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