@Colombe Delons - stock.adobe.com
Médecin, il réclame une attestation d’honorabilité pour les politiques : "On vérifie votre casier pour soigner, mais pas pour faire la loi"
Alors qu'une attestation d'honorabilité s'imposera bientôt aux professionnels du médico-social, l'urgentiste Eric Reboli lance une pétition pour que les candidats à un mandat national y soit également soumis.
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“On vérifie votre casier pour soigner. Pas pour faire la loi. Ce n’est pas acceptable”, écrit le Dr Éric Reboli, président du Syndicat National des médecins remplaçants hospitaliers, dans une pétition lancée le 4 mai. Un appel à signatures afin d’obtenir une vérification obligatoire du casier judiciaire pour toute candidature à un mandat parlementaire ainsi qu’une inéligibilité automatique pour les condamnations les plus graves. "Ceux qui écrivent les lois nous demandent l’honorabilité, mais ils ne se l’appliquent pas. C’est à nous seuls, le dernier maillon de la chaine, de porter la responsabilité”, souligne le médecin, joint par Egora.
Cette initiative fait suite à l’élargissement des contrôles judiciaires dans le secteur médico-social. Publiés au Journal officiel le 29 avril, un décret et un arrêté prévoient l’instauration progressive (2026-2028) d'une obligation de présenter une attestation d'honorabilité pour chaque agent intervenant auprès de publics âgés ou en situation de handicap. L’objectif étant de s'assurer de l'absence de condamnation incompatibles avec leurs missions.
“Les sénateurs et les députés semblent immunisés”
Obligatoire pour la petite enfance et la protection de l'enfance depuis 2025, la procédure passe par le système “SI Honorabilité”, qui vérifie le bulletin n° 2 du casier judiciaire ainsi que le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Selon le décret, l’attestation sera vérifiée tous les 3 ans, "là où les sénateurs et les députés semblent immunisés, quand bien même ils ont été inculpés", proteste le pétitionnaire.
Pourtant, “tous les cas de violences conjugales, sexuelles ou autres affaires concernant nos représentants politiques ces derniers temps questionnent leur honorabilité”, s’insurge Éric Reboli. Une position qu’il défend davantage en tant que citoyen que médecin. “Un an avant l'élection présidentielle, il me paraissait important de soulever la question. D’autant que j’ai été candidat à une élection.”
Quelques mois avant les élections européennes de 2024, l'urgentiste avait créé son propre parti politique, Existe !, pour “défendre le vide sidéral dans les programmes autour des questions de santé”. Si le projet s’est arrêté à sa création, le syndicaliste n’a cessé de défendre ses positions pour “élever le niveau d’exigence” dans la santé, comme dans l’ensemble des politiques publiques.
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