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Médecin de l’ARS : "J’ai reçu de nombreuses invectives pendant l’épidémie"

Maintes fois critiquées pour leur gestion de l’épidémie de coronavirus, les agences régionales de santé sont aujourd’hui toujours sur le qui-vive pour éviter l’arrivée d’une seconde vague en approfondissant les enquêtes épidémiologiques. Médecin de veille et de sécurité sanitaire à l’ARS Ile-de-France, le Dr Alexis Ardoin raconte comment il a vécu la crise de l'intérieur.

 

“La crise, c’est mon métier. Quand on me demande ce que je fais et qu’on met dit ensuite “Ah, mais en fait tu aimes bien quand il y a des épidémies!”, je ne sais jamais si je dois répondre oui ou non. Ca fait un peu bizarre d’être le mec qui aime quand il y a une pandémie ou une catastrophe naturelle.

Je travaille dans une équipe qui en temps normal s’occupe des maladies à déclaration obligatoire. Quand les médecins généralistes déclarent une rougeole, quand on a des enquêtes épidémiologiques, pour retrouver les cas-contacts d’une rougeole, c’est le service auquel j’appartiens qui s’en charge. Ce n’était pas très connu mais c’est une fonction régalienne des ARS. Ça existait déjà à l'époque des DDASS et des DRASS. A l’échelle régionale et nationale, lorsqu’on déclare une maladie contagieuse, il y a la prise en charge faite par les cliniciens et après il y a les équipes des ARS qui font des enquêtes comme il y a maintenant pour le Covid dans une autre mesure.

La veille, l’alerte et la gestion de crise, c’est notre métier, donc on a été mobilisés très tôt, dès le 15 janvier, pour le Covid. Dès les premières semaines de janvier, on a eu les premiers signaux d’une maladie émergente infectieuse de type coronavirus. Forcément l’Ile-de-France, de part ses deux aéroports internationaux, est toujours très sensible à ce qui peut se passer à l’extérieur. On a donc été très vites mobilisés sur cette maladie sur laquelle on ne connaissait au mieux pas grand chose, voire même quasiment rien du tout. C’était donc la question de la gestion de l’inconnu.

On a commencé à faire nos premières réunions de préparation et d’anticipation de la réponse. Comment réagir ? Comment capter la donnée? Comment s’organiser avec les autres services et directions de l’agence régionale de santé ? Comment mettre en place des capacités diagnostiques ? Il y a eu un gros travail qui a duré très longtemps. Concrètement, on a commencé à en parler fin février dans les médias, dans la population, mais nous avions commencé à y être présent jusqu’à 22 heures à l’ARS dès le 15 janvier.

 

On avait parfois jusqu'à 100 cas par jour à enquêter

Toute cette phase 1 et 2 dite de containment, passionnante mais aussi...

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