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Les jeux vidéo bientôt à l’école malgré l'opposition du ministère de la Santé

La stratégie nationale “Esport 2026-2030”, vient d'être validée par Matignon à l’issue d’une concertation interministérielle, le 8 avril dernier, ce malgré l'opposition du ministère de la Santé. L'objectif : soutenir l’industrie numérique française avec "un volet scolaire" en place centrale. 

11/05/2026 Par Marine Quéau
Santé numérique
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L’exécutif prévoyait de rendre public la stratégie “Esport 2026-2030” à la fin du mois de mai, en marge des championnats du monde de "Rocket League" organisés à Paris du 22 au 24 mai, mais les détails viennent d'être publiés dans la presse.  D'après les révélations de nos confrères Radio France, la France s’apprête à promouvoir en milieu scolaire la pratique du Esport, le format "compétition" du jeu vidéo (en ligne ou en salle). 

Parmi les quatre axes de la stratégie pour "intégrer l’Esport dans les parcours éducatifs et scolaires", le gouvernement prévoit la création de partenariats entre établissements scolaires et acteurs privés du secteur du jeu vidéo, ou encore de "sensibiliser les jeunes aux débouchés professionnels de cette industrie". Le programme entend "promouvoir et encadrer la pratique" tout en œuvrant au "développement économique" de la filière. 

Sédentarité, troubles du sommeil et conduites addictives

D’après les informations de Radio France, les arbitrages de la stratégie nationale "Esport" ont été actés lors d’une réunion informelle, le 14 janvier dernier, sans le ministère de la Santé et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives).

Or, la direction générale de la santé (DGS), l’administration centrale du ministère de la Santé chargée des politiques de santé publique, et la Mildeca, s’opposent avec fermeté à plusieurs mesures de la stratégie. Notamment le déploiement de l’Esport à l’école. La DGS et la Mildeca alertent sur les risques liés aux usages intensifs des jeux vidéo. Parmi eux : sédentarité, troubles du sommeil, fragilités psychiques, conduites addictives.

Elles dénoncent le rejet de leurs amendements, rappelant que l’Organisation mondiale de la santé reconnaît, depuis 2019, les troubles liés au jeu vidéo comme une pathologie. Elles mettent aussi directement en cause la cohérence de la position gouvernementale, alors même que l'exécutif affirme vouloir, par ailleurs, limiter l’exposition des enfants aux écrans.

Une expérimentation financée par l’industrie du jeu vidéo 

Le gouvernement s’appuie sur une expérimentation menée dans une vingtaine de collèges et lycées de l’académie de Versailles en 2022 : le projet Educ EsportOuverture. Un programme lancé dans le cadre de l’appel à projets "Innovation dans la forme scolaire" du plan France 2030. Deux heures par semaine, les élèves participaient à des ateliers "encadrés" d'Esport. "League of Legends", "Super Smash Bros" ou "Rocket League", des jeux en ligne très populaires, mais connus pour leur fort potentiel d’usage excessif. Un moyen, pour le gouvernement de mesurer si la pratique du jeu vidéo à l’école pouvait améliorer certaines capacités cognitives des élèves, comme l’attention ou la mémoire. Plusieurs professionnels de santé dénoncent un contresens sanitaire.

"Comment peut-on promouvoir les jeux vidéo à l’école, alors que les adolescents sont déjà exposés à un risque accru de diabète de type 2 et d’obésité, avec seulement 42 % des établissements respectant les 30 minutes quotidiennes d’activité physique obligatoire", s’insurge le cardiologue François Carré, membre de la commission sur les usages des écrans, interrogés par Radio France. Même inquiétude du côté d’Olivier Phan, médecin psychiatre et spécialiste des addictions chez les adolescents : "Faire entrer les jeux vidéo à l’école, c’est un cheval de Troie pour des industriels qui se font de l’argent sur le dos des plus fragiles". 

Interrogé sur le sujet, le cabinet de Sebastien Lecornu indique que "la stratégie Esport n’est pas arrêtée" et que "le gouvernement continue de se mobiliser pleinement afin d’aboutir à une pratique mieux encadrée sur le plan juridique". Il assure par ailleurs qu’"en aucun cas il n’est prévu d’intégrer l’Esport aux programmes de l’Éducation nationale".

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Patrick Tafani

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