@franz massart - stock.adobe.com
Homéopathie et toucher en gériatrie : polémique sur un congrès organisé à la fac de médecine de Clermont
Ces vendredi 20 et samedi 21 mars, la faculté de médecine de Clermont-Ferrand ouvre grand ses portes aux pratiques de soins non conventionnelles pour un congrès de "santé intégrative". Un événement qui illustre "l'entrisme" des "fakemed" dans les hôpitaux et universités, dénoncent des scientifiques.
@franz massart - stock.adobe.com
Ce vendredi, à Clermont-Ferrand, les bancs de l'auditorium Gaston-Meyniel ne seront pas occupés par des étudiants en médecine… mais par des sophrologues, des fasciathérapeutes, des ostéopathes et autres "danses thérapeutes". Jusqu'à demain, la faculté de médecine accueille en effet le 4e congrès de santé intégrative, relève L'Express.
Au programme, des conférences sur l'homéopathie au service de "l'individualisation des soins", sur les "bienfaits du toucher bienveillant en gériatrie" ou encore sur les "vertus physiologiques de l'exposition contrôlée au chaud et au froid pour renforcer le système immunitaire". Parrain de l'événement, Yannick Noa évoquera son "approche globale de la performance mêlant yoga, diététique, préparation physique et un véritable écosystème humain lui permettant de mieux co-réguler ses émotions".
Quant au président de l'Université de Clermont-Ferrand, affiché dans le programme comme partenaire de l'événement aux côtés des Laboratoires Boiron, il est annoncé pour le discours d'ouverture, qui doit rappeler "l'importance cruciale du dialogue entre l'université, la médecine conventionnelle et les pratiques complémentaires" et poser "le cadre scientifique et éthique [des] échanges pour les deux jours à venir". Interrogé par L'Express, le Pr Mathias Bernard dément toute intervention ou partenariat, évoquant une simple mise à disposition des amphithéâtres, moyennant redevance.
Reste qu'en accueillant cet événement dans ses locaux, la faculté de médecine de Clermont-Ferrand "apporte sa caution scientifique", dénonce dans les colonnes de l'hebdomadaire le Pr Mathieu Molimard, professeur de pharmacologie clinique, et co-auteur d'un rapport sur la désinformation en santé. Remis en janvier au Gouvernement, le rapport pointait d'ailleurs de l'"entrisme dans les universités et les hôpitaux" des pratiques de soins non conventionnelles, notamment au travers de DU. "Un effet de label institutionnel qui renforce la crédibilité de ces approches auprès du public", soulignaient les experts.
"La tenue de ce type de colloque, avec la complicité inexcusable d'une université, correspond à une campagne de promotion à but mercantile de produits dits de santé pour lesquels aucune preuve de leur utilité n'a jamais été apportée", s'insurge à son tour le Pr Alain Fischer.
La sélection de la rédaction
Redoutez-vous la mise en œuvre de la certification périodique?
DANIEL BUYCK
Non
Non, mais...Retraité depuis plus de 3 ans, si je voulais reprendre une activité MG à temps partiel dans la maison de santé qui se ... Lire plus