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Rémunération des médecins spécialistes : "ça ne peut plus durer"

Consultation, actes techniques, soins non programmés… Après une convention médicale de 2016 essentiellement tournée vers les généralistes, les autres spécialités attendent à leur tour d'être revalorisées. Alors que la CSMF vient de claquer la porte des négos conventionnelles, dénonçant la faiblesse de l'enveloppe dédiée, le Dr Franck Devulder, président des Spécialistes-CSMF, fait le point sur les revendications de la confédération. 

Alors que le Gouvernement avait promis aux médecins libéraux une revalorisation à la hauteur de leur engagement durant la crise du Covid, force est de constater que "le deal n'est pas respecté", lance le Dr Franck Devulder. La lettre de cadrage "extrêmement étroite et étriquée" du ministre pour les négociations conventionnelles de l'avenant 9, et la maigreur de l'enveloppe budgétaire dévolue dans le PLFSS 2021, ont douché les espoirs des Spécialistes de la CSMF, qui attendent depuis plusieurs années de voir l'ensemble de leur activité revalorisée. Et en premier lieu les actes techniques. "ça ne peut plus durer : la coloscopie a la même valeur aujourd'hui qu'en 1993, illustre Franck Devulder, gastro-entérologue. Le point de travail, qui constitue la moitié de la valeur de l'acte, est bloqué depuis 15 ans : qui accepterait ça?"  

Si la lettre de cadrage d'Olivier Véran évoque la nécessaire revalorisation des actes de consultation des pédiatres, psychiatres et gynécologues médicaux, il est hors de question, pour la CSMF, de se limiter à ces seules spécialités. "Les endocrinologues, les rhumatologues, sous-valorisés, doivent bénéficier de la même attention", insiste le Dr Devulder. Chaque spécialité a ses propres attentes : "les pédiatres souhaitent revaloriser l'acte de consultation du jeune enfant. Quant aux psychiatres, si on veut réduire les délais d'accès, il faut leur donner un intérêt à agir. Les endocrinologues, tout en bas de l'échelle des revenus, veulent une augmentation de leur majorateur et veulent pouvoir coter une consultation spécialisée avec une échographie par exemple", développe le syndicaliste. 

Rendre possible la cotation associée d'un acte de consultation et d'un acte technique est une autre revendication forte. "Chaque spécialité a établi la liste des situations où l'association d'actes est nécessaire, comme la prise en charge d'un genou inflammatoire, par exemple." Résultat : un document de 60 pages, transmis à l'Assurance maladie. Les spécialistes veulent également pouvoir associer plusieurs actes techniques sans diminution de valeur. "Le fait de les associer ne diminue pas leur complexité, souligne le président des Spécialistes-CSMF. Ils ne sont pas faits plus rapidement." 

En matière de coordination des soins, les Spécialistes-CSMF demandent la création d'une consultation de synthèse pour les patients chroniques en ALD, qui déboucherait sur l'équivalent du VMS du généraliste, et la revalorisation à hauteur de 5 euros de l'APC (avis ponctuel de consultant). 

S'agissant des soins non programmés, les spécialistes attendent l'élargissement de la MCU aux actes techniques et son application à tout patient adressé par un confrère, quel qu'il soit, même au-delà de la limite des 5 jours actuellement posée. "Le soin non programmé ce n'est pas de l'urgence. L'urgence, c'est aux urgences", considère Franck Devulder. 

Pour la CSMF, il n'est donc pas envisageable de mettre l'ensemble de ces sujets en souffrance jusqu'en mars 2023, comme le prévoit le Gouvernement.  

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