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PLFSS 2026 : l'Ordre alerte sur la remise en cause "de la place du médecin dans la société"

Le Conseil national de l'Ordre des médecins alerte sur les dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, dont l'examen en commission à l'Assemblée nationale doit débuter lundi 27 octobre. Ce texte constitue un "tournant alarmant pour l'équilibre du système de santé français", alerte l'instance ordinale.   

23/10/2025 Par Chloé Subileau
Déontologie
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"Un tournant alarmant pour l'équilibre du système de santé français." C'est par ces mots que le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) définit, mercredi 22 octobre dans un communiqué, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Pour l'instance, ce texte, "conçu dans l'urgence", "place la maîtrise comptable au-dessus de la mission première du soin". "La dignité du patient, le respect de ses choix, sa singularité et sa vulnérabilité semblent absents des décisions", poursuit le Cnom, qui estime que le "citoyen-patient est réduit à un 'coût' ou à une variable d'ajustement budgétaire".

Le rôle du médecin "de tous exercices (hospitalier, salarié et libéral) et de toutes spécialités dans la République" est, lui, "remis en question", juge l'Ordre. "Ce PLFSS ne se contente pas d’encadrer la dépense : il questionne la place même du médecin dans la société. Liberté de prescription, indépendance professionnelle, autonomie du diagnostic et de la décision, responsabilité clinique : ces fondements de l’exercice médical, garants d’un soin adapté à chaque patient, sont affaiblis", développe l'instance ordinale.

Le Cnom tient ainsi à rappeler que "le système de santé repose sur un équilibre subtil" que le PLFSS, présenté la semaine passée en Conseil des ministres, vient rompre. "Ainsi, le lien de confiance indispensable entre tous les acteurs est brutalement fragilisé, alors que ce lien est la colonne vertébrale de la relation entre le médecine, le patient et la République", soutient le Cnom.

"La santé n'est ni une simple dépense, ni une ligne comptable"

L'instance demande donc à ce que le PLFSS soit recentré "sur l'intérêt des patients et la continuité de leur prise en charge". Il appelle également le Gouvernement à "suspendre les mesures coercitives imposées sans dialogue et qui rompent la confiance", à "réaffirmer la place du médecin comme acteur de la République" et à "rétablir un cadre d'équilibre entre responsabilité médicale, financement durable et solidarité nationale".

"La santé n'est ni une simple dépense, ni une ligne comptable, c'est un investissement essentiel pour la société", poursuit l'Ordre, dans son communiqué. Il appelle, par ailleurs, à une "consultation élargie" et dit se tenir "prêt à contribuer à une réforme ambitieuse [et] respectueuse des patients comme des médecins".  

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Marie GILARDI

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Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
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B M
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 6 mois
La catastrophe inédite (depuis le début du 19e siècle, temps des IPA, euh... des officiers de santé) que nous vivons est issue d'une idéologie anti-médecin française, visant à s'en passer. Diminuons le nombre de médecin! Quoique désormais idéologie pas que française, mais aussi commerciale, car le marché est potentiellement énorme s'il n'est plus aussi bien régulé. (cf reportage: "Votre santé, un trésor très convoité"). On poursuit donc cette idéologie qui a mené à la catastrophe: passons nous des médecins! car c'est cette idéologie qui règlerait la catastrophe..... Bien tordu hein? C'est la France. Et le pire c'est que tout ça va couter encore beaucoup plus cher, bien bien loin du généraliste efficace qui fait 5 actes par consultation, gère son cabinet sans rien attendre de l'Etat, gère des situation sociale, et bientôt percepteur pour la CNAM (mouahahha...) pour seulement 30 euros, et prescrit à bon escient.
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Frédéric Queuche
116 points
Biologie médicale
il y a 6 mois
La santé a un coût et les dépenses générées par les prescriptions des médecins sont trop coûteuses pour la société. Il est d'autant plus normal de contrôler les prescriptions des médecins que l'augmentation de leur volume ne provoque pas d'amélioration du service rendu.
 
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