@Olivier Tuffé - stock.adobe.com
Après la canicule, les urgentistes réclament la reconnaissance de la pénibilité de leur métier
Après avoir été mis sous forte tension pendant la canicule, les services d'urgence et les Samu réclament l'ouverture de travaux sur la reconnaissance de la pénibilité de leur métier.
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"Au niveau national, l'envolée des températures a entraîné un pic de recours aux soins d'urgence rarement, voire jamais, observé depuis la crise sanitaire liée à la Covid-19", affirment les Drs Yann Penverne et Jean-François Cibien, respectivement président et vice-président de Samu-Urgences de France, dans un courrier adressé à la ministre de la Santé. Ces derniers jours, "le nombre de passages dans les services d'urgence a été multiplié par trois dans plusieurs territoires", tandis que "les appels aux Samu-SAS ont progressé de 40 % selon les régions", poursuivent les urgentistes.
"Si les températures baissent progressivement", et, avec elles, l'activité des services d'urgence et des Samu – lundi, l'AP-HP a fait état d'une baisse des passages aux urgences de 3 % au cours des dernières 24 heures, et d'une baisse du nombre des appels reçus par les quatre centres 15 qu'elle gère de 7 % –, "la pression sur les structures d'urgence reste forte", indiquent les Drs Penverne et Cibien. "Les équipes continuent de prendre en charge les décompensations liées à la chaleur, tandis que le risque d'un nouvel épisode caniculaire au cours de l'été demeure élevé."
Face à la multiplication des crises sanitaires et climatiques, SUDF demande à Stéphanie Rist d'ouvrir "sans délai" des travaux relatifs à la reconnaissance de la pénibilité en médecine d'urgence. Car ces crises exposent "durablement les professionnels à des contraintes physiques, psychologiques et organisationnelles particulièrement lourdes". "Les rythmes de travail, les gardes de nuit, l'exposition répétée aux situations critiques et la responsabilité permanente constituent des facteurs de pénibilité qui doivent aujourd'hui être pleinement reconnus", ajoutent les représentants de la profession.
Ces discussions devront permettre d'aboutir "à des avancées concrètes, notamment en matière de reconnaissance des contraintes spécifiques de notre spécialité, d'adaptation des fins de carrière pour préserver la santé des professionnels, ainsi que d'égalité des droits entre les différentes modalités d'exercice, en particulier pour les activités d'HéliSmur et de secours", détaillent les Drs Penverne et Cibien dans leur courrier. Pour les leaders de SUDF, il en va de la préservation de l'attractivité du métier et de la fidélisation des professionnels. Mais surtout, en dépend "la pérennité de la médecine d'urgence au service de nos concitoyens".
"La médecine d'urgence et l'hôpital constituent le bouclier sanitaire de la Nation. Mais ceux qui la font vivre ne sont pas inépuisables. Il est temps que la reconnaissance de la pénibilité de leur métier devienne une priorité de santé publique", a ajouté Yann Penverne sur ses réseaux sociaux.
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