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Urgences : une mission veut "rendre obligatoire" la continuité de la permanence de régulation pour les médecins libéraux

Remis hier à la ministre de la Santé, le rapport sur "l'aval et les alternatives aux urgences" préconise, entre autres, de rendre obligatoire la continuité de la permanence de régulation pour les médecins libéraux. 

 

16/07/2026 Par Louise Claereboudt
Permanence des soins Soins non programmés Urgences
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Missionnés en septembre dernier par les précédents ministres de la Santé Catherine Vautrin et Yannick Neuder, six personnalités* ont remis, ce mercredi 15 juillet, à Stéphanie Rist leur rapport sur "l'aval et les alternatives aux urgences". L'objectif de ce rapport était de "définir des parcours de prise en charge alternatifs aux urgences lorsque cela est pertinent", et de "recenser la palette de solutions concrètes pour fluidifier les parcours des patients entrés via les urgences", rappelle-t-on en préambule de ce rapport qu'Egora a pu consulter.

Dans leur rapport, les auteurs estiment que l'étranglement des services d'urgence "n'est que le symptôme d'un mal plus profond". "Notre système de santé n'est plus adapté aux besoins de santé publique au premier rang desquels se place la prise en charge des patients les plus fragiles, polypathologiques très majoritairement âgés, atteints de handicap ou socialement désinsérés", écrivent-ils. Faute de "solutions d'aval" (SMR, Ehpad surchargés, hospitalisation à domicile…), de nombreux patients polypathologiques sont ainsi pris en charge aux urgences et peuvent y rester des jours. 

"Nous devons changer de paradigme et admettre que si nous voulons continuer de progresser en santé nous ne pouvons le faire qu'en prenant à bras le corps le défi démographique qui est déjà là", insistent les auteurs, qui appellent à "une évolution en profondeur du système de santé". Pour cela, les auteurs proposent sept axes de travail, dont le premier consiste à faire des parcours des personnes âgées une "priorité absolue". Comment ? En instaurant un projet territorial pour la personne âgée (dont le fonctionnement serait confié aux CPTS).

Il convient également de renforcer les Ehpad "dans leur expertise gériatrique", notamment par le déploiement d'IPA spécialisées en gériatrie. Mais aussi de soutenir les médecins coordonnateurs en Ehpad "en renforçant leurs prérogatives", en leur permettant par exemple de prescrire pour les résidents. Le rapport suggère de "favoriser l'emploi de médecins coordonnateurs salariés dans les structures les plus importantes". Une FST (formation spécialisée transversale) en gériatrie pourrait aussi être créée.

Sur le sujet des effectifs et de la formation, la mission recommande d'augmenter les effectifs des spécialités transversales (médecine générale, médecine interne, gériatrie, psychiatrie, médecine d'urgence, pédiatrie). Depuis plusieurs dizaines d'années, la formation médicale s'est en effet concentrée sur les spécialités d'organe particulièrement médicotechniques au détriment de ces "formations plus holistiques", souligne le rapport. "Il en résulte une inadéquation entre ressources médicales disponibles et besoins de santé publique en particulier ceux liés au vieillissement et à la polypathologie."

Ces effectifs supplémentaires dans les spécialités transversales permettraient de renforcer les services de médecine interne ou polyvalente et de réduire "les lits de spécialités", notamment dans les petits établissements de santé.

"Rééquilibrer la responsabilité de l'offre de soins non programmés et de la permanence des soins"

Constatant que les urgences "sont devenues au fil des années le lieu de convergence de multiples fragilités", accueillant "à la fois l'accident, l'imprévu, la détresse vitale mais aussi la décompensation évitable, la rupture de suivi et l'absence de solution disponible dans un délai court", les auteurs du rapport appellent à "rééquilibrer la responsabilité de l'offre de soins non programmés et de la permanence des soins". Il apparaît d'abord "indispensable" d'aligner les horaires de PDS entre la ville et l'hôpital (18h30-8h30 ; 12h-18h30 le samedi ; 8h30-18h30 le dimanche et les jours fériés). "Ceci permettrait de partager l'afflux des patients de fin d’après-midi en particulier qui ne peuvent accéder aux maisons médicales de garde qu’à partir de 20h par exemple", justifient les auteurs.

"Afin d'éviter les dérives", ces derniers recommandent toutefois que les actes pratiqués répondent à une sollicitation du Samu-SAS ou soient effectués en maison médicale de garde. 

Les auteurs défendent par ailleurs une structuration des centres de soins non programmés. "La création d'un cadre juridique dédié permettrait d’inscrire ces structures dans une logique d'organisation territoriale avec les Samu-SAS et les CPTS. L'autorisation des CSNP devrait ainsi être conditionnée à cette intégration de même qu'à la participation de ses praticiens à la PDS, quelle qu'en soit la modalité", jugent les auteurs.

Le rapport préconise également de déployer et de généraliser les organisations ayant fait la preuve de leur efficacité pour fluidifier les parcours. Il faut, en premier lieu, uniformiser le fonctionnement des services d'accès aux soins (SAS). Pour cela, les auteurs préconisent de "rendre obligatoire" la continuité de la permanence de régulation pour les libéraux. La mission rapporte en effet "une mobilisation et continuité variable des médecins libéraux dans la régulation". 

Il s'agit également de développer les expertises spécialisées "selon les besoins des territoires". Ces filières, comme la filière psychiatrie, permettent de "mieux orienter les patients dans certaines situations cliniques spécifiques", estiment les auteurs. "Ces filières spécialisées sont opérationnelles le plus souvent en journée, en semaine seulement, avec un projet d’extension des horaires selon les besoins et la maturité du projet."

Le rapport plaide par ailleurs pour développer la visio-régulation, qui "constitue une innovation prometteuse dans l'évolution des centres de régulation médicale".

Au-delà du SAS, le rapport met en avant les "équipes mobiles" ou encore le développement de l'hospitalisation à domicile pour éviter certaines hospitalisations. 

Coup de boost sur les admissions directes

Autre grande priorité des auteurs du rapport : "fluidifier les parcours hospitaliers par une gestion active des capacités en lits". En premier lieu, ils recommandent de développer les unités d'évaluation médicale rapide, qui "permettent d'accueillir des patients nécessitant un bilan diagnostique ou une surveillance de courte durée afin de préciser leur orientation", et ainsi d'"éviter certaines hospitalisations prolongées lorsque l'état du patient peut être stabilisé rapidement ou lorsqu'une prise en charge ambulatoire peut être organisée après une courte période d’observation".

Les auteurs misent également sur les admissions directes pour réduire les passages aux urgences. Mais pour cela, il convient de "faciliter l'accès des médecins de ville à l'avis spécialisé hospitalier" via la généralisation des numéros d'avis séniorisés.

En outre, le rapport appelle à "passer d'une gestion passive des lits à un ordonnancement actif des parcours". "Dans de nombreux établissements, la gestion des lits reste encore largement réactive et fragmentée, chaque service pilotant ses propres capacités d’hospitalisation. Cette approche, souvent qualifiée de gestion 'passive' des lits, consiste essentiellement à rechercher un lit disponible lorsqu’un patient doit être hospitalisé", expose le document. À l'inverse, "les cellules d'ordonnancement s'inscrivent dans une logique d'ordonnancement actif des parcours". "Elles ne se limitent pas à identifier des disponibilités, mais organisent de manière anticipée l'ensemble des flux hospitaliers, en articulant les entrées programmées, les admissions directes, les besoins d'aval des urgences et les sorties d'hospitalisation".

Les personnalités qualifiées préconisent par ailleurs de "rendre obligatoire le déploiement des cellules d'ordonnancement" pour les urgences très fréquentées (avec plus de 25 000 passages/an). "Ces cellules disposent d'une vision globale des capacités d'hospitalisation de l'établissement et ont autorité pour coordonner les flux de patients entre les différents services. Elles peuvent également organiser les admissions directes, coordonner les transferts inter-services et faciliter l'orientation des patients vers les unités disposant de capacités disponibles."

*Dr Nabil El Beki, Laurence Laignel, Pr Olivier Mimoz, Dr Christophe Schmitt, Arnaud Vanneste, Dr Jean-Marie Woehl. 

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

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ROMAIN L
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Manque de vision globale, décompensations évitables, médecine holistique, manque de suivi dans les EHPAD, manque de continuité des soins.... C'est incroyable cette incapacité à dire l'essentiel : notre médecine générale est à bout de souffle, tout simplement ! Ça tortille des fesses durant des pages et des pages à coup de périphrases, s'il y avait eu un médecin de terrain parmi les rapporteurs je pense que le papier aurait été beaucoup plus court ! Comme d'habitude, les solutions proposées sont idiotes : on veut faire des plans, on veut faire des protocoles, on veut renforcer des structures administratives, on veut confier des compétences à d'autres, on veut modifier la gestion de l'inexistant (les lits d'aval, en l’occurrence)... Et libérer la médecine libérale, y ont-ils pensé ? Redonner un confort de travail aux généralistes, c'est tabou ? On ne résout pas un problème avec ceux qui l'ont créé, comme dirait l'autre.
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Michel Rivoal
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Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 1 mois
J'aime bien les mots savants. Ce qui consiste à prendre des mots peu entendus par beaucoup pour faire croire qu'on a une connaissance supérieure. J'aime bien les efforts gigantesques d'une petite équipe missionnée pour résoudre un problème connu de tous depuis des décennies et contrecarré par des intérêts particuliers. J'aime bien le "bachotage" des fins de règnes pour laisser une liste de courses pour l'équipe suivante (ben oui on sait mais pas eu le temps!). Alors, vous voyez bien, la résolution "générale des problèmes" viendra d'une réforme "holistique" de la médecine, de la santé, de la protection sociale, de l'enseignement (dont supérieur). Elle ne viendra pas de missions (flash) sur les régulations déportées comme celle des secrétariats, d'obligations ciblées sur des professions en cours de raréfaction. Elle ne viendra pas de l'acharnement à vouloir ce "tournant" ambulatoire, générateur de fermetures de lits en laissant à titre résiduel ces unités hyperspécialisées réduisant d'autant les "lits d'aval"... Des urgentistes ont déjà créé sans vrais moyens en les appelant "post urgences" des unités qu'ils gèrent puisque leurs confrères hospitaliers ne faisaient plus que rarement de la médecine générale et que les lits d'UHCD ne suffisent plus. Je n'ai aucun mépris pour la médecine interne, bien au contraire, mais elle a peu à voir avec la médecine générale. Je ne me risquerai pas à piloter une réforme qui ne concernerait -que- la médecine libérale mais je crois que là aussi, c'est par la modification de l'écoute et des conditions de travail des médecins, des "assistants", des ide, des secrétariats et de l'accès à tous leurs correspondants....... Donc pour la médecine générale libérale, je ne sais pas trop mais pour la médecine hospitalière, j'ai une image en tête: les urgentistes me font penser à l'orchestre du Titanic, ils jouent encore leur partition. Mais vous connaissez la suite! Vous avez dit holistique?
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François CHASSAING
747 points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 29 jours
des technocrates demandent à des gens encore normaux des solutions ... et on a un rapport de technocrates ( faut qu'ils puissent se comprendre entre eux ! ) - bref il y a plus de vieux plus malades et personne n'avait rien prévu ( grande découverte !) - comment gérer la pénurie ? avec toutes sortes de circonlocutions on en arrive à proposer encore plus de régulation : dans mes manuels d'histoire on appelait cela l'économie de guerre . Problème : ça marche parce que c'est la guerre , que tout le monde est dans le même bateau et donc bien motivé , et parce que cela dure ...le temps de la guerre! Ici c'est de la mesure à court terme et zéro vision d'avenir : encore des voeux pieux , pour dire qu'on réfléchit et qu'on propose...
 
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