Deux tiers des infirmières ont déjà été victimes de violences

25/05/2023 Par Fanny Napolier
Paramédicaux
L’Ordre national des infirmiers a mené une vaste enquête sur les violences dont sont victimes les infirmières dans le cadre de leur exercice professionnel. Deux tiers d’entre elles disent avoir déjà été agressées. 

 

Deux tiers des infirmières ont déjà été victimes de violences dans le cadre de leur travail et 73% d’entre elles ont déjà été témoins de telles violences, révèle une étude de l’Ordre national des infirmiers menée auprès de 31 000 professionnels. Pour 15% d’entre eux, ces violences ont lieu chaque semaine ou presque. Pour 40% d’entre eux, elles ont lieu plusieurs fois par an. Parmi les agressions, les infirmières rapportent des insultes (75%), des menaces physiques (45%), du dénigrement (43%), des coups (37%), des menaces de mort (16%) et des dégradations de biens personnels (10%). 

Dans la majorité des cas, ces agressions sont commises par des patients (66%) ou des proches de patients (43%). Mais près d’un tiers des infirmières disent avoir été victime ou témoin de violences commises par un autre soignant, un membre du personnel ou de la direction de l’établissement dans lequel l’infirmière exerce. Par ailleurs, 72% des infirmières ont déjà ressenti des formes de violences de la part des institutions pour lesquelles elles travaillent et 25% ont déjà été victime de harcèlement professionnel. 

Insultes, menaces, vols... Les généralistes, première cible des agressions sur les médecins 

Ainsi la quasi totalité des infirmières interrogés (97%) considèrent que leurs conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles et un quart d’entre elles envisagent de quitter la profession dans les 12 mois à venir. 

L’Ordre national des infirmiers appelle "les pouvoirs publics à garantir la sécurité des soignants" et réclame un régime de sanctions renforcées à l’égard des agresseurs, mais aussi le "traitement des causes structurelles de violences, qui ne se réduisent pas qu’à la responsabilité de leurs auteurs : manque de personnel, pressions sur les soignants, désorganisation"… 

D’autre part, l’Ordre attend "une meilleure écoute des infirmiers victimes de violences", "une prise en charge globale des victimes autant au niveau psychologique que financier" et "un investissement massif dans le secteur de la psychiatrie". 

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2