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La moitié des internes de médecine générale en grève, le mouvement "très suivi" par les libéraux

Lancé lundi, le mouvement de grève nationale des médecins libéraux est "très suivi" par les généralistes, selon MG France. Les internes en médecine générale sont, eux aussi, très mobilisés avec un interne sur deux en grève.

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Article mis à jour le 07/01/2026 à 18h10 : ajout sur la mobilisation des anesthésistes 

Deux jours après le début de la grève nationale des médecins libéraux, le mouvement serait "très suivi" par les médecins généralistes, affirme la Dre Agnès Giannotti, présidente de MG France. Les praticiens sont, en effet, appelés à se mobiliser jusqu'au 15 janvier pour dénoncer certaines dispositions de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et, plus largement, les nombreuses attaques auxquelles la profession fait face depuis plusieurs années.

Selon la syndicaliste, il est toutefois difficile de donner un pourcentage exact du nombre de grévistes. "La première donnée c'est que c'est très suivi avec des modalités différentes, souligne la médecin, contactée par Egora. Certains généralistes ne prennent pas les urgences, d'autres font grève en matinée, en début de semaine ou en fin de semaine". "Ce n'est pas 100% de fermeture plein pot toute la semaine", précise Agnès Giannotti. 

Pour les médecins spécialistes, "l'appel à l'arrêt d'activité est surtout en début de semaine prochaine", rappelle le Dr Vincent Pradeau, à la tête d'Avenir Spé. Pour l'heure, "chaque verticalité est en train de faire le recensement [des grévistes] par ses cadres régionaux".  En cardiologie, "on va être à plus de la moitié" des cabinets mobilisés, estime le syndicaliste.

Dans un communiqué, diffusé ce mercredi après-midi, le président d'Avenir Spé confirme que la grève engagée "atteint une ampleur inédite". "Jamais, depuis le plan Juppé, une mobilisation d’une telle intensité n’avait concerné autant de professionnels exerçant en ville, toutes disciplines confondues", écrit-il, appelant notamment à "l’ouverture rapide de nouvelles négociations".

Fin décembre, "71,7% [des dermatologues] souhaitaient participer à la grève, avec 51,1% voulant y participer totalement et 26,6% partiellement", indique, de son côté, à l'AFP le Dr Luc Sulimovic, président du Syndicat national des dermatologues vénérologues (SNVD). "Je n'ai jamais vu autant d'intentions de participation à une grève", confie le praticien.

Les anesthésistes libéraux se sont aussi joints au mouvement, selon le Dr Loïc Kerdiles. La participation "sera de 90% au niveau des anesthésistes à partir de samedi", promet le président de AAL (Syndicat des anesthésistes libéraux). "30% des anesthésistes se sont inscrits" pour l'exil de quatre jours à Bruxelles - qui doit débuter dimanche 11 janvier - soit "à peu près 450 anesthésistes". Pour le praticien, ces médecins ne représentent qu'une "partie immergée de l'iceberg", d'autres iront "ailleurs", pense-t-il. "C'est une crise inédite, on a l'impression que le Gouvernement et les autorités nous laissent tomber." 

Forte mobilisation des internes

Interrogée lors des questions au Gouvernement du Sénat, la ministre de la Santé a affirmé que, selon les chiffres de la Cnam, l’activité des généralistes libéraux était en baisse de 15% lundi par rapport à l’activité habituelle ; cette baisse est de 6% pour les spécialistes. De plus, le Samu a enregistré une hausse "globale de 20% des appels" cette semaine – par rapport à la semaine du 8 décembre -, dans un contexte d’épidémie de grippe et de fortes intempéries. "Je remercie les soignants qui permettent la continuité des soins", a glissé Stéphanie Rist, répondant à une question du sénateur Alain Milon.

Les internes semblent, eux, très mobilisés. Selon Atika Bokhari, présidente de l'Isnar-IMG, un interne en médecine générale sur deux est déjà, ou va se déclarer, gréviste "à un moment donné" entre le 5 et le 15 janvier. Ce chiffre, issu des remontées des différentes subdivisions, est très positif pour la syndicaliste.

"Je pense que cette mobilisation est assez différente des autres car elle a su s'éloigner d'un corporatisme que refusent les internes, analyse Atika Bokhari. [Cela] les a donc encouragés à se mobiliser." "On sait bien que les internes sont inquiets et là, [pour eux] c'est vraiment trop !", lance-t-elle.

Pour les internes des autres spécialités, il est encore difficile de mesurer le taux de participation à ce mouvement. "Nos retours officieux de terrain sont plutôt optimistes, il y aurait un gros pourcentage d'internes absents dans certaines villes", affirme Arthur Poncin, premier vice-président de l'Isni, qui représente les internes de toutes les spécialités (y compris de médecine générale). L'apprenti médecin estime que la mobilisation sera plus importante "en fin de semaine", ainsi que lundi 12 janvier.

Du côté des étudiants en premier et deuxième cycles toutefois, la mobilisation est moindre, prévient Marion Da Ros Poli, présidente de l'Anemf. "D'après nos estimations, nous serions sur une bonne centaine d'externes [grévistes]", indique-t-elle, à Egora. "[C]e nombre est assez faible, mais il est à mettre en perspective avec la période de partiels pour un grand nombre de facultés."

La représentante des étudiants ne se décourage pas, et espère que les étudiants seront nombreux à manifester dans les rues de la capitale, samedi 10 janvier, auprès des syndicats de médecins seniors et d'autres professions de santé. Là encore, les estimations restent floues. "Nous savons [pour l'instant] que des étudiants de l'université de Paris Cité et de Sorbonne Université seront présents en majorité", avance Marion Da Ros Poli. 

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