Grève des spécialistes de bloc : 100 000 opérations déprogrammées dans les cliniques
Ces lundi, mardi et mercredi, les blocs opératoires des 1 030 cliniques et hôpitaux privés français sont à l'arrêt du fait de la grève des médecins libéraux. Quant aux urgences, faute d'accès aux spécialistes, elles risquent de rediriger les patients vers les hôpitaux publics.
La grève des médecins spécialistes libéraux impacte fortement les 1 030 cliniques et hôpitaux privés français, dont ils représentent 98% de l'effectif médical, a rapporté Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP). Lors d'une conférence de presse commune avec les syndicats de médecins libéraux et d'étudiants en médecine, samedi 10 janvier, ce dernier a évoqué les conséquences de la fermeture des blocs opératoires du privé lundi, mardi et mercredi. Alors que 150 000 patients sont opérés dans les établissements privés chaque semaine, ce sont "à peu près 100 000 patients qui ont été déprogrammés". Un nombre "significatif" qui rappelle "ce que nous avons vécu la première semaine de la période Covid", a-t-il souligné.
Si "80 %" des 4 000 lignes de PDSES assurées dans le privé font l'objet de réquisitions, les établissements devront se passer de nombreux spécialistes tels que les cardiologues, les pneumologues ou encore les gastro-entérologues, qui assurent d'ordinaire des astreintes "bénévoles" et n'ont pas fait l'objet de réquisitions, a pointé Lamine Gharbi.
Quant aux 122 services d'urgences du secteur privé, ils risquent de tourner au ralenti, alerte le représentant des cliniques. "Le syndicat national des médecins urgentistes a lancé un mot d'ordre de grève, qui va être très suivi. Les préfets vont réquisitionner les médecins urgentistes, donc ils seront en poste mais dans la mesure où les spécialistes seront en grève, il y aura des difficultés pour les urgentistes de prendre en charge le patient de manière globale, a-t-il expliqué. L'urgentiste va se retrouver très souvent seul, sans radiologie ou juste une astreinte, sans cardiologue, sans pneumologue, etc. Il fera le geste nécessaire vital mais il devra muter les patients vers le centre hospitalier le plus proche pour ne pas assumer seul cette responsabilité."
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