Les chirurgiens sur le départ, dimanche 11 janvier, à Paris. Crédit : Pauline Gauer
Près de 1500 chirurgiens et anesthésistes français se sont exilés à Bruxelles : "C'est triste d'en arriver là"
Près de 1500* praticiens du bloc opératoire - chirurgiens, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens - ont quitté la France ce dimanche 11 janvier pour un exil symbolique de quelques jours à Bruxelles. Rassemblés à midi devant une vingtaine de bus garés sur l'avenue Foch à Paris, ils lancent un avertissement politique et sanitaire majeur.
Les chirurgiens sur le départ, dimanche 11 janvier, à Paris. Crédit : Pauline Gauer
"On est épuisés de devoir défendre un métier si beau et important, explique une gynécologue parisienne. On est venus montrer qu’on est présents malgré le système qui s’effondre." Sur le dos de sa blouse de médecin, elle a inscrit le slogan "Soins dégradés = médecins en colère, patientes en danger."
Elle n’est pas la seule, valise en main, à être venue exprimer son mécontentement. Sur le large trottoir parisien, les praticiens partagent l’effervescence de cette mobilisation inédite. "Il faut arrêter de taper sur la médecine libérale, affirme le Dr Philippe Cuq, président de l’Union des Chirurgiens De France (UCDF), devant une foule de plusieurs centaines de soignants. On pensait que le Gouvernement prendrait la hauteur de notre colère. C’est bien triste d’en arriver là."
Le chirurgien vasculaire est ferme : à Bruxelles, jusqu'à mercredi, des séances de travail seront organisées. "Nous allons travailler pour préparer une dizaine de propositions que nous voulons remettre au Premier ministre à notre retour", affirme-t-il devant la presse alors que les premiers bus quittent l’avenue.
*Sur les 1900 inscrits, 400 à 500 ont fait l'objet de réquisitions d'après Philippe Cuq.
Suivez l'exil des chirurgiens à Bruxelles sur Egora, avec notre envoyée spéciale Louise Claereboudt
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