Jusqu'à 2000 euros de matériel obligatoire : les futurs dentistes dénoncent des frais "illégaux"
Des "frais illégaux" liés à la deuxième année en chirurgie dentaire sont dénoncés par un syndicat représentant les étudiants, l’UNECD. Celui-ci réclame que ces frais soient supprimés.
Le syndicat des étudiants en chirurgie dentaire monte au créneau. En cause : des “frais supplémentaires obligatoires” désignant l’achat de matériel et de consommables dont doivent s’acquitter les futurs dentistes dès le début du cursus. Des frais que le syndicat estime “illégaux”.
Dans de nombreuses UFR d'odontologie, les étudiants qui entrent en deuxième année, après la première année d'études en santé, sont contraints de payer ces "frais supplémentaires obligatoires, distincts des droits d'inscription nationaux" habituels, déplore dans un communiqué l'Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD), qui représente 7 500 étudiants en odontologie.
Il s’agit ici "de matériel utilisé à la fac, ou qu'on doit emmener en stage", comme "des fraises dentaires, des turbines, des instruments de type sondes ou miroirs, du plâtre, des dents en ivoirine, des masques, des blouses...", égrène le président du syndicat, Imad El Ouargui, cité par l’AFP.
Les montants sont très variables d'une faculté à l'autre : 812,64 euros en moyenne, avec un maximum de 2072 à Nice, mais seulement 20 euros à Rouen, souligne l’agence France Presse. À cela s'ajoutent dans certaines facultés des "sommes moindres", pour du matériel supplémentaire acheté en cours d'année ou les années suivantes. Des frais qui existent "depuis des dizaines d'années", mais qui ont tendance à augmenter, ajoute Imad El Ouargui, cité par l’AFP.
“Sélection financière”
Pour le syndicat ces frais sont "illégaux" : l'enseignement supérieur est "fondé notamment sur le principe de gratuité" et les établissements publics "ne peuvent percevoir que les droits d'inscription fixés par les textes réglementaires nationaux". "Aucun texte législatif ou réglementaire n'autorise les universités à instituer des frais pédagogiques obligatoires supplémentaires", plaide-t-il.
"Ces pratiques introduisent une sélection financière de fait entre les étudiants, contraire au principe d'égalité devant le service public" et menacent "la diversité" sociale. "Les disparités de montants entre établissements renforcent cette rupture d'égalité sur le territoire national", poursuit-il.
L'UNECD, qui assure avoir contacté plusieurs fois les ministères de tutelle en vain, réclame "une clarification officielle du cadre juridique applicable", "une harmonisation nationale des pratiques" et la fin de ces "frais illégaux".
[Avec AFP]
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