@Dasha Petrenko/stock.adobe.com
"Présenter la sage-femme comme un premier recours en gynécologie" est "une illusion", dénonce le Syngof
Le Syndicat des gynécologues obstétriciens de France (Syngof) dénonce, dans un communiqué, les campagnes de sensibilisation de l'Assurance Maladie et du ministère de la Santé visant à faire de la sage-femme un recours prioritaire.
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"Présenter la sage-femme comme un premier recours en gynécologie indispensable et de salut public est une illusion et une tromperie sur le service rendu", écrit le Syngof dans un communiqué. Si la profession de sage-femme a vu évoluer son cadre législatif et réglementaire depuis plusieurs années, élargissant progressivement le périmètre de ses compétences et de son autonomie, les gynécologues rappellent que cela doit se limiter à la "physiologie".
"Pourtant, les campagnes de sensibilisation de l'Assurance Maladie et du ministère de la Santé tendent à amalgamer suivi physiologique et recours spécialisé", dénoncent les gynécologues, qui craignent que cela induise "une confusion dans l'esprit des femmes".
"La formation en gynécologie reste très légère et variable selon les écoles de sages-femmes, comme analysé par le rapport du Sénat de 2023", justifie le Syngof qui, bien que conscient que la réforme de 2024-2026 a ajouté une année d'étude supplémentaire, relève que les sages-femmes actuellement en exercice n'en ont pas bénéficié.
Les gynécologues estiment donc que "même dans le suivi physiologique", le recours aux sages-femmes "n'est pas de même niveau" que celui d'un médecin généraliste ou d'un gynécologue. "Il faut le dire clairement et ne pas laisser penser que sage-femme ou médecin, c'est le même service comme le fait actuellement la promotion de la Cnam et du ministère de la Santé. Il s'agit d'une promotion trompeuse", insiste le Syngof. "Un observatoire mis en place par la profession rendra compte prochainement de cette situation engendrée par cette tromperie", ajoute le syndicat.
"Que les sages-femmes puissent avoir un rôle en premier recours de suivi gynécologique et de prévention est possible, un rôle complémentaire à celui rendu par les médecins", tempère le Syngof qui demande que soient clairement définies "les limites de chacun des acteurs et la coordination nécessaire pour articuler le deuxième et le 3e recours au service de la santé des femmes".
Le syndicat a proposé à l'Assurance maladie "la réécriture de la promotion de la sage-femme référente dans le parcours de soins de la grossesse et sa promotion dans la consultation spécifique de prévention de la ménopause".
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