@Destina/ Stock.adobe.com
Syndrome de Cloves : autorisation européenne pour l’alpelisib, 1er traitement spécifique
Une avancée thérapeutique majeure vient d’être réalisée pour la prise en charge du syndrome de Cloves, une maladie génétique rare jusqu’alors dépourvue de traitement.
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L’agence européenne du médicament vient, en effet, d’approuver l’alpelisib pour le traitement des formes graves de syndromes hypertrophiques liés au gène PIK3CA (Pros, pour PIK3CA-Related Overgrowth Spectrum), dont fait partie le syndrome de Cloves (pour Congenital Lipomatous Overgrowth, Vascular Malformation, Epidermal Nævi).
Ce gène PIK3CA, régule croissance des cellules. En cas de mutation, cela entraine des déformations majeures et des tuméfactions, à des degrés variables. On peut retrouver, en particulier, dans les formes les plus graves, des excroissances anormales de tissus graisseux, des malformations vasculaires, ou encore des atteintes osseuses. Le cerveau et le rein peuvent être touchés ; et le pronostic vital peut être engagé. Aucun traitement spécifique n’était jusqu’à présent disponible, autre que le traitement symptomatique, ainsi que des embolies et des interventions chirurgicales souvent mutilantes.
L’alpelisilib est le fruit de 10 années de travaux du Pr Guillaume Canaud et de son équipe au sein de l’unité de médecine translationnelle et thérapies ciblées (UPCité/Hôpital Necker-Enfants malades AP-HP/Inserm).
Ce traitement était initialement développé dans le cancer du sein. Mais les chercheurs se sont aperçus de son potentiel dans le syndrome de Cloves du fait qu’il inhibait spécifiquement le gène PIK3CA.
Des études précliniques et cliniques ont alors été menées, et une première autorisation de mise sur le marché dans cette indication a eu lieu aux États-Unis en avril 2022. "Depuis, le nombre de patients traités n’a cessé d’augmenter et les données accumulées confirment l’efficacité durable du traitement" ajoute l’Inserm dans un communiqué.
L’autorisation européenne repose sur les résultats de l’étude internationale Epik-P3. Cette étude prospective sur le long terme, (suivi moyen de sept ans et demi), confirme l’efficacité de la molécule, qui s’amplifie au fil du temps, selon l’Inserm, "avec une amélioration progressive des symptômes ainsi qu’une réduction des malformations associées à la maladie". "Pour certains patients, les bénéfices observés ont été spectaculaires. Des jeunes patients ayant perdu la capacité de marcher ont retrouvé leur mobilité, tandis que d’autres ont récupéré partiellement certaines fonctions sensorielles, telles que la vue et l’audition, alors altérées par la maladie".
Dans cette étude, l’adhérence au traitement était aussi excellente (97,5 %) ; et les effets indésirables étaient principalement modérés et bien contrôlés.
Enfin, cette avancée majeure a été, le 16 juin dernier, couronnée par l’attribution de la Médaille Mendel au Pr Guillaume Canaud, par la Société européenne de génétique humaine (SEGH). Il devient le 2ème scientifique français à en bénéficier après la Pr Emmanuelle Charpentier, récompensée en 2018 pour ses travaux pionniers sur la technologie Crispr-Cas9.
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