assemblée

@HJBC/Stock.adobe.com

Aide à mourir : les députés réintègrent les médecins dans le dispositif

Après un premier vote écartant les médecins du dispositif d'aide à mourir, les députés sont revenus sur leur décision lors d'une seconde délibération. Le texte, qui poursuit son parcours parlementaire, maintient finalement leur implication dans certaines situations.

29/06/2026 Par Alexis Vignais
Fin de vie
assemblée

@HJBC/Stock.adobe.com

L’Assemblée est finalement revenue sur son vote. Mardi soir, alors que l'Assemblée nationale examinait la proposition de loi relative à l'aide à mourir en troisième lecture, les députés avaient décidé d'écarter les médecins du dispositif. En effet, les parlementaires avaient adopté un amendement déposé par Marie-France Lorho pour le groupe Rassemblement National (RN) visant à exclure les médecins du processus d'administration de la substance létale. 

"Je me réjouis de cette adoption qui respecte le serment d'Hippocrate selon lequel un médecin ne doit jamais provoquer la mort", avait déclaré la députée sur ses réseaux sociaux. Mais samedi, au cours d’une seconde délibération, les députés ont donc choisi d’écarter cet amendement. Les médecins seront donc bien concernés par le dispositif si le texte est adopté en l’état. 

Déjà, quelques minutes après le premier vote, Frédéric Valletoux, président de la commission des Affaires sociales, avait tenu à souligner un vote “incohérent”. "Là je crois que dans la reprise [des débats], on a voté quelque chose d'assez incohérent. J'aimerais qu'on prenne le temps de mesurer ce qui a été voté.” 

"Ce que vous avez fait là n'est pas un beau service qu'on rend à tous les soignants et à ceux dont la charge quotidienne est d'accompagner les malades. Malades qui, rappelons-le, sont dans un processus irréversible. J'appelle simplement chacun à réfléchir", a ajouté Philippe Vigier (MoDem).

Auto-administration et euthanasie 

Un vote qui avait fait réagir les Conseils nationaux des Ordres des médecins et des infirmiers. "Si elle devait aboutir, une telle trajectoire impacterait fortement le droit des malades et les exercices médicaux et infirmiers", ont mis en garde les instances ordinales, fermement opposées à cet amendement qu'elles jugent éloigné "des enjeux déontologiques".

Dans le reste du texte, l'un des points les plus débattus a été de savoir qui doit administrer la substance létale, entre le malade ou un soignant. Le texte initial faisait de l'auto-administration la règle et de l'euthanasie l'exception, lorsque le demandeur n'est "physiquement pas en mesure de le faire". De nombreux députés souhaitaient laisser le malade libre de son choix, mais l'Assemblée a finalement rétabli l'esprit initial du texte.

Conformément au souhait des rapporteurs, une majorité de députés s'est opposée au retour d'un délit d'entrave à l'aide à mourir, sur le modèle du délit d'entrave à l'IVG, tout comme au retour du délit d'incitation. Dans un geste d'apaisement envers les opposants au texte, le délit d'entrave avait été supprimé en commission, et dans la foulée le délit d'incitation, créé en miroir. 

Le vote solennel de la PPL est fixé au 30 juin. Le Sénat, dominé par la droite et le centre, devrait rejeter à nouveau le texte lorsqu'il reviendra devant lui, à partir du 7 juillet, selon l'AFP. Le dernier mot devrait donc revenir à la chambre basse du Parlement, conformément aux engagements du Gouvernement. L'ultime vote est prévu le 15 juillet.





 

Etes-vous favorable à l'interdiction de la vente de tabac à toute personne née après 2009 ?

J F

J F

Non

Non, parce que c'est totalitaire et il n'y a pas d'argument a ajouter, même si ce n'est pas logique d'accepter cette situation. Et... Lire plus

Photo de profil de Michel Rivoal
Michel Rivoal
13,2 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 19 jours
Encore un petit tour, encore des débats, encore des controverses. À moins qu’enfin on prenne au sérieux ce qui nous arrivera à tous. C’est curieux cette propension à remettre «le couvert» sans cesse, refaire le plan de table pour préserver le protocole, vérifier le menu et son imprimeur, le chemin de table et la vaisselle et finalement oublier de faire les courses et acheter les aliments et, problème de riche sans doute, savoir qui servira à table. Oui mon propos est futile! Voire hors sujet, voire déplacé! Mais cela fait 3 ans que le projet est discuté aux assemblées après avoir été soumis au conseil citoyen et travaillé par un certain premier ministre, ci devant chargé du « Plan » pour simplifier (déminer?) le débat! Autre métaphore si vous voulez, cinématographique celle la,: «Un jour sans fin». On modifie un détail en supposant changer la fin. Mais voila, la fin est écrite, immuable, universelle. Hélas pas toujours équitable. Une députée opportuniste en quête de visibilité, des sénateurs immuables dans leur opposition, des conseillers obnubilés par les statistiques, des associations préoccupées par leur pré carré et craintives pour leur avenir. Le refus de lire le vrai texte, le «jeu» sur les mots pour ne pas affronter la réalité ou comment faire peur en substituant le mot euthanasie au concept aide à mourir alors que l'initiative est et doit rester celle du malade. Et pendant ce temps des personnes qui n’ont pas l’espoir, le courage, le temps, attendent et meurent comme il peuvent, loin des caprices qu’on veut faire passer pour des idéologies.
Photo de profil de Avocat  Du Diable
Avocat Du Diable
5,7 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 19 jours
Aide à mourir ou euthanasie ? Et le développement des soins palliatifs non ?, cela couterait il trop cher ? Cela ne serait il pas politiquement moins innovant? le peuple français a t'il son mot à dire autrement que par l'intermédiaire d'un parlement qui ne représente rien . Et parmi ce peuple , quelle est la parole des professionnels de santé . Sommes nous gouvernés par des gens raisonnables ?
Photo de profil de MICHAEL FINAUD
MICHAEL FINAUD
4,7 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 15 jours
Malheureusement le lobby eugéniste mortifère pro-euthanasie est bien plus puissant que les citoyens. Ce lobby Falorni/Macron/Mutuelles/Obédiences maçonniques/Extrême gauche est arrivé à ses fins funestes. Ce lobby a ignoré la démocratie, le Sénat a rejeté par 2 fois. Ce lobby a contaminé le Conseil Constitutionnel en refusant un référendum. Se débarrasser des vieux, des malades, des fragiles pour ne pas investir dans les soins palliatifs. Les députés manipulés par ce lobby qui voteront cette loi porteront la responsabilité de tous les excès et dérives inévitables.
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
25
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
IPA
Un rapport formule 20 recommandations pour que les IPA ne soient plus "les petites mains des médecins"
09/07/2026
17
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2