femme médecin

Une généraliste poursuivie devant l'Ordre pour avoir refusé de renouveler un traitement : "Il n'y avait aucune urgence médicale"

Une médecin généraliste, installée en Vendée, a été jugée devant la chambre disciplinaire de l'Ordre régional des Pays-de-la-Loire pour avoir refusé de renouveler un traitement pour l'hypertension demandé par un patient.  

28/10/2025 Par Chloé Subileau
Déontologie
femme médecin

Une généraliste de la commune du Bois-de-Céné, en Vendée, a été convoquée devant la chambre disciplinaire du conseil régional de l'Ordre des médecins des Pays-de-la-Loire pour avoir refusé de renouveler un médicament à un patient. Ce dernier a, en effet, saisi l'instance ordinale après que la praticienne a refusé de lui renouveler un traitement pour l'hypertension, qui lui avait été "prescrit aux urgences", précise le média local du Courrier vendéen.

L'homme de 44 ans assure qu'il faisait alors face à des "douleurs thoraciques" et à des "maux de tête sévères".

La médecin, elle, a jugé qu'il n'y avait aucune "urgence médicale" à renouveler le traitement d'un mois. Elle a également rappelé au patient qu'il avait été "agressif" avec sa remplaçante, deux ans plus tôt. Il avait, par ailleurs, refusé de porter un masque sanitaire et avait "filmé" la scène.

Selon l'avocate de la praticienne, le patient se serait également "fâché" avec la secrétaire médicale et aurait déjà eu une altercation avec un autre patient qui aurait voulu "s'interposer", rapportent nos confrères.

Devant la chambre disciplinaire, la généraliste a réclamé 1 000 euros de dommages et intérêts au patient pour "plainte abusive" et 3 000 euros pour ses frais de justice. L'homme, lui, ne s'est pas déplacé.

Pour l'avocate de la généraliste, sa cliente n'a fait aucune "faute déontologique". Car, si le patient a été invité à consulter un autre médecin, "une liste de confrères et consœurs" lui a été fournie.

La décision a été mise en délibéré et devrait être connue dans les prochaines semaines.

[avec Le Courrier vendéen

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4 débatteurs en ligne4 en ligne
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PIERRE BERTON
2,1 k points
Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 6 mois
Notre consoeur aurait été bien inspirée: 1) de prendre en charge le patient au titre de l'urgence. 2) une fois ceci fait de renoncer à sa clientèle car à l'évidence la confiance qui unit le soigné à son signant n'existait pas puisque le patient n'a pas demandé une prise en charge globale par notre confrère mais le renouvellement d'une prescription faite aux Urgences et dans l'urgence par un autre médecin dont le diagnostic voire la prescription pouvait être le cas échéant revus " à froid" par le généraliste à qui on "dicte" la plume . Primum non nocere, certes, mais aussi rege quod est devium. On ne mentionne pas de plus une lettre de transmission de la part des Urgences, stupéfiant. Tout ceci me rappelle ce que m'a dit il y a déjà une vingtaine d'année un médecin inspecteur de mes amis "Mon cher, tu verras que bientôt on ne devra plus ouvrir le parapluie mais un parasol en kevlar.". Y serions-nous?
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MICHAEL FINAUD
4,5 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 6 mois
Il me semble qu'aucun d'entre-nous sans être missionné par la commission disciplinaire du CDO ne devrait donner un avis sur cette situation, qui malheureusement risque de se reproduire. Je m'avance pourtant vers des hypothèses: La principale causalité du mécontentement du patient semble être l'absence de la relation de confiance qui doit exister entre le praticien et son patient et vice versa. La principale causalité du mécontentement de notre Consoeur semble être qu'elle est sans doute débordée et mal comprise en tant que professionnelle de santé qui a la responsabilité du devenir de son patient et qui a la frustration d'être prise comme une simple machine à reproduire des ordonnances. La posture souhaitable de la représentation ordinale serait de classer cette malheureuse affaire sans suites et inviter soit au patient de changer de médecin soit au médecin d'orienter le patient vers un autre praticien car la confiance est rompue selon la déontologie qui lui permet de le faire.
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JAMIL BAHNINI
74 points
Chirurgie générale
il y a 6 mois
Je crois l'avoir déjà dit, la dégradation des relations entre médecins et patients est le plus souvent le fait des médecins eux-mêmes qui du haut de leur pseudo-science traitent les patients avec un certain mépris , une certaine condescendance et exercent leur pouvoir de prescription avec un autoritarisme mal placé quand ce n’est pas de l’arrogance! Pour le cas de cette consoeur, quel mal y avait-il à reconduire un traitement antihypertenseur si le patient se plaignait de maux de tête et de douleurs thoraciques ? Ce n’est quand même pas des neuroleptiques et quand bien même sa tension au cabinet avait été normale, cela n’excluait pas une HTA labile! Je ne comprends pas ce refus !
 
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