Crise de l'hôpital : le Comité d'éthique appelle à replacer le patient "au cœur" des "préoccupations"

07/11/2022 Par Sandy Bonin
Un mois après le lancement du volet santé du Conseil national de la refondation (CNR), le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a remis un avis au ministre de la Santé, François Braun, sur la crise du système de santé. Le CCNE appelle à remettre l’éthique au cœur de la santé.

  "Deux principes éthiques majeurs doivent guider la rénovation qui s’annonce : un accès égal pour tous au système de santé et de soins (principe de justice sociale) et le respect inconditionnel des personnes soignées et de ceux qui les soignent (principe de respect de la personne)", indique le CCNE dans un communiqué. Focalisé sur la situation tendue de l'hôpital public, "symptôme le plus saillant de la crise", et constatant les "faiblesses" révélées par la pandémie de Covid-19, le texte dénonce un décalage entre les pratiques des soignants "perçues comme déshumanisées" et les "valeurs éthiques", qui s'explique notamment par une approche de la santé focalisée sur "le traitement plutôt que sur le soin".

"La parole du malade est insuffisamment prise en compte, tout comme les temps d'échange entre les soignants. Ce n'est pas valorisé parce que c'est du temps humain qui ne fait pas l'objet d'une tarification", a exposé à l'AFP Régis Aubry, rapporteur de l'avis et médecin-chef en soins palliatifs au CHU de Besançon. Or, combinée à des "pratiques gestionnaires" et à une "technicisation croissante", cette approche "systémique" a conduit à "une dégradation de la relation de soin dans un système où le temps des soignants croise de moins en moins celui des malades", selon le CCNE. "C'est une des clés pour comprendre la désertion actuelle des soignants, a ajouté Régis Aubry. Ils ne comprennent plus pourquoi ils soignent et sont dans une souffrance éthique." D'autant que les salaires restent "peu élevés au regard de l'engagement demandé", relève le CCNE. Face à ce constat, les rapporteurs soulignent que l'éthique n'est "ni optionnelle, ni facultative" dans les politiques de santé, et appellent à une réforme du système de santé "qui placerait la personne au cœur de ses préoccupations". [Avec AFP]

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2