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Migraine : des traitements de fond encore peu prescrits
La migraine demeure insuffisamment prise en charge en France. En cause, un manque de considération vis-à-vis des douleurs occasionnées par cette affection, mais aussi le non remboursement de nouveaux traitements de fond.
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Face à un patient migraineux, 97,2 % des généralistes prescrivent souvent ou parfois un triptan, 93,2 % un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), révélait une étude française publiée en 2025(1). "Pour les traitements de crise, la situation n’est pas si mauvaise", analyse le Dr Christian Lucas, chef du centre d’évaluation et de traitement de la douleur chronique du CHU de Lille et coauteur de l’étude. "La prescription d’AINS et de triptans est bien acquise, mais les généralistes prescrivent encore des opioïdes [50 % souvent ou parfois, NDLR], non recommandés car peu efficaces et pourvoyeurs d’addictions."
Plus problématique, l’insuffisance de prescription de traitements de fond, à visée prophylactique. Selon l’étude, le plus fréquent demeure le propranolol, un bêtabloquant, que 76,5 % des généralistes interrogés disent prescrire souvent ou parfois. Loin derrière, le métoprolol (35,7 %), l’amitriptyline (32,8 %) et le candésartan (17,8 %). "Les généralistes sous-estiment souvent la répétition des crises. Pour les patients, la migraine est source d’angoisse par anticipation et elle les contraint souvent à restreindre leurs activités, par crainte de la crise", observe Christian Lucas.
Gépants et anti-CGRP, des traitements non remboursés
Conséquence : parmi les "8 à 10 millions de migraineux" estimés en France, "environ un quart seraient éligibles à un traitement de fond, mais très peu en bénéficient réellement", estime Christian Lucas. Selon lui, "il demeure beaucoup d’éducation à faire quant aux traitements", en particulier ceux à visée préventive. Parmi ceux recommandés figurent notamment les bêtabloquants, l’amitriptyline et des sartans. Quant aux gépants et aux anticorps anti-calcitonin gene-related peptide (CGRP), ils ne sont pas remboursés en France. Certains patients y recourent toutefois, mais à leurs frais, déplore le neurologue lillois. Selon lui, il est essentiel de "poser précocement le diagnostic de migraine afin d’instaurer rapidement un traitement de fond et éviter qu’elle évolue vers un phénomène à haute fréquence, puis vers la migraine chronique. Celle-ci constitue non seulement une source de souffrance pour le patient mais elle a aussi des répercussions économiques", avec un coût estimé à plusieurs milliards d’euros par an, notamment en termes d’absentéisme(2).
- Lucas C, et al. Revue neurologique, 17 juillet 2025.
- Lanteri-Minet M, et al. Revue neurologique, 2 décembre 2024.
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Références :
Journées de neurologie de langue française (JNLF 2026), du 14 au 17 avril, Marseille. D’après la session « Actualités et céphalées douleurs de la face » (16 avril).
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