Médicament

Traitements au long cours : 4 patients sur 10 ne suivent pas correctement leur traitement

Selon une étude Opinion Way pour MedInTechs, l’inobservance médicamenteuse concerne 42 % des patients sous traitement chronique, toutes classes d’âge confondues. L’étude souligne la charge émotionnelle importante associée à la prise de ces médicaments sur le long cours.

10/02/2026 Par Dre Marielle Ammouche
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Dans un contexte de développement exponentielle des maladies chroniques, une étude Opinion Way* réalisée pour MedInTechs, acteur de l'innovation en santé en Europe (salon 2026 organisé les 9 et 10 mars prochains), souligne la faible adhérence au traitement de long cours et la charge émotionnelle que cela représente.

Cette étude confirme tout d’abord la forte prévalence des maladies chroniques, avec un patient sur 2 déclarant suivre un traitement médicamenteux chronique, 38% depuis plus de six mois et 31% à vie. Et contrairement aux idées reçues, toutes les générations sont concernées, et pas uniquement les séniors. Ainsi, parmi les moins de 35 ans, 1 patient sur 8 suit un traitement de longue durée.

Pour tous ces patients, le suivi du traitement est fondamental pour en assurer son efficacité. Pourtant l’inobservance médicamenteuse est majeure, calculée à 42% des répondants. Chez ces patients, le sentiment de « fatigue » de devoir « tenir » leur traitement dans la durée est élevé, évoqué dans près de 7 cas sur 10 (68%), et s’associe très fréquemment à de la culpabilité ou de l’anxiété (64%). En outre, un patient sur deux adapte lui-même son traitement (ajustement, espacement ou pause) sans en parler à un professionnel de santé.

Pilulier, rappels et applications dédiées

L’étude montre plus largement le poids majeur et la charge émotionnelle que représentent la prise d’un traitement chronique au quotidien. Ainsi, 51% de l’ensemble des patients interrogés expriment cette fatigue à tenir le traitement au long cours, 40% estiment que celui-ci "structure fortement" leur journée. En outre, 39% ressentent "un décalage entre ce que le système de soins attend d’eux et ce qu’ils parviennent réellement à faire au quotidien". L’observance thérapeutique " n’est pas seulement prendre un médicament, c’est l’intégrer dans son quotidien, s’adapter en permanence et trouver un équilibre compatible avec sa vie personnelle et professionnelle", résume MedIntech dans un communiqué.

Pour les patients inobservants, un meilleur suivi du traitement passent avant tout par des traitements médicamenteux "plus simples à suivre" pour 67% d’entre eux, loin devant les solutions purement technologiques. Et concernant les outils existants, ils sont peu utilisés : 28% utilisent un pilulier, 12% des rappels sur leur téléphone, et 4% une application de santé dédiée.

*Etude réalisée en janvier 2026 par autoquestionnaire en ligne sur 1023 personnes suivant un traitement médicamenteux d’une durée de plus de 6 mois issu d’un échantillon de 2500 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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MARC FLORENT
552 points
Incontournable
Autre spécialité médicale
il y a 1 mois
« Cette étude confirme tout d’abord la forte prévalence des maladies chroniques, avec un patient sur 2 déclarant suivre un traitement médicamenteux chronique, 38% depuis plus de six mois et 31% à vie. Et contrairement aux idées reçues, toutes les générations sont concernées, et pas uniquement les séniors. Ainsi, parmi les moins de 35 ans, 1 patient sur 8 suit un traitement de longue durée. » Un traitement de longue durée ne se conçoit que s’il permet d’éviter des aggravations et qu’en fin de compte il permet de vivre mieux et plus longtemps. Exemple l’insuline chez le diabétique insulino dépendant. Le problème c’est que les effets bénéfiques à long terme sont loin d’être prouvés dans bon nombre de cas. Et il y a le rapport bénéfice sur risque. Parfois on se demande si le risque n’est pas pour le malade et le bénéfice pour le laboratoire. Un certain nombre de scandales font douter les patients et même les médecins. Le benfluorex a été commercialisé notamment comme médicament indiqué dans le traitement du diabète de type 2, dit « gras » (car associé à une surcharge pondérale). « Les laboratoires Servier ont vendu du 1er juin 1984 au 30 septembre 2010 un total de 134 458 828 unités de Mediator en France. Ces ventes ont généré un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros. Le nombre de patients traités entre 1976 et 2009 est estimé à 5 millions, avec une durée moyenne de prise du produit d’environ dix-huit mois. Trois millions de mois de traitement ont été délivrés entre 2002 et 2007. Plus de 300 000 patients s'en voyaient prescrire chaque année. Sept millions de conditionnements ont été vendus chaque année. » Finalement dans un bon nombre de situations il n’est pas facile de dire si un traitement au long cours sera finalement utile au malade qui souvent ne l’est pas puisque le traitement est donné à visée préventive alors même que les effets secondaires à long terme ne sont pas forcément bien connus.
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François Pl
804 points
Débatteur Passionné
il y a 2 mois
Chacun reste responsable de sa santé... et fait ses choix. Les "conduites d'échec" sont malheureusement fréquentes, dans tous les domaines (affectif - professionnel - santé) et sont du domaine de la psychologie, vers laquelle on doit orienter le patient, mais il n'y aura de résultat que si il est preneur... Avis personnel : les conduites d'échec puisent souvent leur origine dans des carences affectives pendant l'enfance. Se mettre en situation d'échec rappelle l'enfant qui recherche la prise en charge parentale dont il n'a pas été sevré... Elle peuvent être très bien dissimulée, et faire l'objet de stratégie complexes allant jusqu'à des réussites (même parfois) brillantes, suivie de "plantages" inexplicables pour l'entourage... Le besoin de détruire ce qu'on a construit, c'est pathologique... et potentiellement destructeur pour l'entourage : parfois, il doit même couper les ponts (divorce, licenciement, séparation...) pour se protéger... La responsabilité du corps médical est de donner des explications claires, de traduire en langage de tous les jours l'importance de la prise régulière d'un traitement, avec son accord à l'entourage également, en insistant sur les conséquences d'une interruption, et de le rappeler à chaque consultation... mais on ne peut pas leur demander de "fliquer" les patients ! Désolé... 2 exemples : - la prise (à vie) de comprimés de thyroxine (25 mg) pour mettre en veilleuse une thyroïde présentant des nodules dont on craint l'évolution maligne. Pathologie détectée suite à des problèmes de fatigue chronique pendant un 1er emploi impliquant des prestations nocturnes de moins en moins bien supportées. - la prise à vie de bêta-bloquant (timolol en gouttes oculaires) pour faire baisser la pression intra-oculaire et éviter le glaucome. Pathologie détectée vers 70 ans lors d'un contrôle de routine, sans symptômes présents.
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FRANCOIS CORDIER
3,6 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Parmi les facteurs défavorables à un suivi serein, notons l'absence de la colonne de droite sur la notice du médicament dont la colonne de gauche très fournie égrène la litanie des effets indésirables aussi platement que s'ils étaient tellement fréquents qu'il en devenaient certains, alors qu'ils ne sont que possibles; (Alors qu'une colonne de droite devrait énumérer tous les effets de la maladie qui évoluera quasi certainement si on ne prend pas ledit remède.) La notice ainsi rédigée sert précisément à dédouaner le fabriquant de toute réclamation judiciaire pour "défaut d'information", à le "protéger" lui, plutôt que le patient, alors qu'une simple intervention du ministère de la santé et des ordres des pharmaciens et des médecins (n'oublions pas les ineffables associations de patients) aurait dû, dès l'étude de parution des notices, imposer la colonne de droite pour une réelle information complète. Le lobbying pharmaceutique parlementeur a dû être particulièrement intense avant le vote de la loi qui régit l'édition des notices . Les juges d'instance doivent se régaler de ce genre de casse-tête en cas de procès.
 
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