Démence

Boire 2 à 3 tasses de café par jour réduirait le risque de démence, selon une vaste étude

Une vaste analyse portant sur plus de 130 000 participants suivis pendant près de 40 ans met en évidence une association entre consommation modérée de café caféiné, ou de thé, et réduction du risque de démence. Un effet non retrouvé avec le café décaféiné.

13/02/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Gériatrie Nutrition
Démence

On sait que de nombreux facteurs liés au mode de vie influent sur la survenue et l’évolution d’une démence. En particulier l’alimentation joue un rôle important. Dans ce domaine, plusieurs études se sont intéressées au café, mais sans que l’on puisse en tirer de conclusions fiables.

C’est pourquoi une équipe de chercheurs américains a mis en place une étude exemplaire par la taille de la cohorte et la durée du suivi. En effet, les auteurs ont basé leurs recherches sur 2 vastes cohortes : l’une féminine, la Nurses’ Health Study (NHS) avec 86 000 femmes suivies entre 1980 à 2023 ; et l’autre masculine, la Health Professionals Follow-up Study (HPFS), avec 45 000 hommes entre 1986 à 2023.

Ainsi, au total, cette nouvelle étude a inclus 131 821 participants (65,7% de femmes) dont l’âge moyen était de 46,2 ans dans la cohorte NHS et 53,8 ans dans la cohorte HPFS. La durée du suivi médian était de 36,8 ans, mais pouvait aller jusqu’à 43 ans. Les données de santé et nutritionnelles ont été recueillies régulièrement. En particulier, les consommations de café caféiné, mais aussi décaféiné, ainsi que celles de thé ont été distinguées. En outre, l’évaluation des fonctions cognitives était mesurée sur divers paramètres : registres de décès, diagnostics médicaux, mais aussi questionnaires (déclin cognitif subjectif), et échelles (fonction cognitive objective).

11 033 cas de démence comptabilisés 

Au cours de la période de l’étude, 11 033 cas de démence ont été comptabilisés. Les analyses ont alors mis en évidence que la consommation de café caféiné – mais pas de café décaféiné – ainsi que celle de thé, étaient associées à un risque plus faible de démence et à une meilleure fonction cognitive. Dans le détail, la réduction du risque de démence était de 18% : 141 contre 330 cas pour 100 000 personnes-années entre le quartile de consommation le plus élevé et le plus bas. Le déclin cognitif subjectif était aussi abaissé : taux de 7,8 % contre 9,5 %, respectivement dans ces 2 groupes.

Concernant les test cognitifs objectifs, analysés dans la cohorte NHS, une tendance à de meilleures performances étaient aussi retrouvée parmi les participantes consommant du café caféiné, mais sans atteindre la significativité statistique. Des telles différences étaient aussi constatées avec le thé, mais pas avec le café décaféiné. Enfin, les auteurs ont montré que les différences n’étaient pas doses-linéaires, mais que les plus marquées étaient observées en cas de consommation modérée soit environ 2 à 3 tasses de café caféiné ou 1 à 2 tasses de thé par jour.

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FRANCOIS CORDIER
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Médecine générale
il y a 2 mois
Du Sauveur, on vous dira: Il est ici, il est là. N'y allez pas, ne courez pas après. (Evangile de Luc chapître 17 verset 23) C'est vrai, à la fin ! on ne sait plus comment se nourrir et vivre "exactement", "scientifiquement" pour optimiser sa trajectoire de vie si on doit guetter la parution incessante des milliers d'études sur le sujet. Mais comment donc font ces épidémiologistes pour isoler tel ou tel facteur de comportement "bénéfique" ou "maléfique" pour la santé dans le maelström des situations, habitudes et gestes de la vie quotidienne ? Ne risquent-ils pas de confondre corrélation et causalité ? En tous cas, grand est leur mérite d'avoir réussi à dégager l'intérêt de la non-linéarité d'une relation dose/effet dont la courbe sinusoïdale (Hormesis) a ouvert la voie à la validation des effets de doses infimes 1. Doutremepuich C, de Seze O, Anne MC, Hariveau E, Quilichini R. Platelet aggregation on whole blood after administration of ultra low dosage acetylsalicylic acid in healthy volunteers. Thromb Res Suppl. 1987 Aug 1;47(3):373-7. 2. Doutremepuich C, Pailley D, Anne MC, de Seze O, Paccalin J, Quilichini R. Template bleeding time after ingestion of ultra low dosages of acetyl salicylic acid in healthy subjects. Preliminary study. Thromb Res Suppl. 1987 Nov 15;48(4):501-4. 3. Doutremepuich C, Paillet D, De Seze O, Anne MC, Paccalin J, Quilichini R. Variation of bleeding time after administration of acetyl salicylic acid at different doses in the healthy volunteer Ann Pharm Fr. 1988;46(1):35-9. 4. Doutremepuich C, de Seze O, Le Roy D, Lalanne MC, Anne MC. Aspirin at very ultra low dosage in healthy volunteers: effects on bleeding time, platelet aggregation and coagulation. Haemostasis. 1990;20(2):99-105 études encore à ce jour mis de côté et déniés par les "grandes instances" qui régentent les "bonnes pratiques" de soin. Affaire à suivre . . .
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Francois Lhuisset
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il y a 2 mois
Ici l'article d'origine vous retrouverez facilement, les liens ne sont pas acceptés ......pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41661604/ Résumé en traduction automatique: "Résultats : Dans cette étude de cohorte prospective portant sur 131 821 individus issus de deux cohortes, avec un suivi allant jusqu’à 43 ans, 11 033 cas de démence ont été recensés. Une consommation plus élevée de caféine était significativement associée à un risque moindre de démence. La consommation de café décaféiné n’était pas significativement associée au risque de démence."
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Médecine générale
il y a 2 mois
Du Sauveur, on vous dira: Il est ici, il est là. N'y allez pas, ne courez pas après. (Evangile de Luc chapître 17 verset 23) C'est vrai, à la fin ! on ne sait plus comment se nourrir et vivre "exactement", "scientifiquement" pour optimiser sa trajectoire de vie si on doit guetter la parution incessante des milliers d'études sur le sujet. Mais comment donc font ces épidémiologistes pour isoler tel ou tel facteur de comportement "bénéfique" ou "maléfique" pour la santé dans le maelström des situations, habitudes et gestes de la vie quotidienne ? Ne risquent-ils pas de confondre corrélation et causalité ? En tous cas, grand est leur mérite d'avoir réussi à dégager l'intérêt de la non-linéarité d'une relation dose/effet dont la courbe sinusoïdale (Hormesis) a ouvert la voie à la validation des effets de doses infimes encore à ce jour mis de côté et déniés par les "grandes instances" qui régentent les "bonnes pratiques" de soin. Affaire à suivre . . .
 
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