Nouveau logiciel de gestion des indemnités d'arrêts maladie : la Sécu rétropédale après l'échec de son expérimentation
Alors qu'elle expérimentait son nouveau logiciel Arpege, de gestion des indemnités journalières, dans les départements de Vendée et de Loire-Atlantique, l'Assurance maladie a été forcée de rétropédaler "face aux difficultés rencontrées", notamment d'importants retards de paiement de certains assurés.
"L'Assurance Maladie ne déploiera pas le logiciel Arpege dans d'autres départements" que la Loire-Atlantique et la Vendée "et le remaniera en profondeur d'ici au 1er semestre 2027", a-t-elle indiqué vendredi 13 février dans un communiqué. "Bien qu’il permette une indemnisation plus rapide de 80% des arrêts de travail de manière automatisée, l’application rencontre des limites importantes s’agissant des dossiers les plus complexes", justifie la Cnam. A l'automne 2024, les assurés relevant de ces dossiers complexes avaient commencé à constater des retards parfois importants dans le paiement de leurs indemnités journalière.
"Environ 10.000 personnes ont été concernées depuis un an en Loire-Atlantique", sur des durées variables, et "au moins des dizaines, possiblement des centaines" le sont toujours, avait indiqué en octobre dernier à l'AFP Stéphane Guillou, représentant de la CGT à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loire-Atlantique. "Même si c'est marginal en volume, on a des personnes dans une panade sans nom, en souffrance", victimes pour certains "d'impayés sur leur logement, de menaces d'expulsion", de "frais bancaires" ou ayant de "grandes difficultés à récupérer la part complémentaire santé" même après régularisation de leur dossier, avait-il détaillé.
Des agents, exaspérés par les difficultés liées au logiciel, commencent à "demander des mutations", avait-il également indiqué. L'Assurance maladie avait dû dépêcher des renforts pour aider les agents des caisses des deux départements.
En réponse à ces difficultés, plusieurs correctifs ont été apportés à l’outil Arpege, notamment pour en faciliter l’utilisation par les techniciens des CPAM et accélérer ainsi le traitement des arrêts de travail complexes. Le directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie a également mandaté un audit externe indépendant afin d’établir un diagnostic et analyser les différentes options envisageables.
Sur la base de cet audit, l’Assurance Maladie a décidé de ne pas déployer le logiciel dans d’autres départements et le remaniera en profondeur d’ici au 1er semestre 2027. Concrètement, cela se traduira par un pilotage et une gestion par dossiers et non plus par tâches, l’immédiateté de paiement lors de la gestion manuelle du dossier et un traitement plus simple des dossiers accidents du travail et maladies professionnelles.
Les agents des caisses de Vendée et Loire-Atlantique "testeront" le nouvel outil "à compter de la fin 2026", a précisé l'Assurance maladie. "Le calendrier de sa généralisation sera précisé à l'issue de cette période de test pour garantir sa bonne implémentation".
[Avec AFP]
La sélection de la rédaction
Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?
Blue GYN
Oui
Tout dépend comment on pose la question. - Tout travail mérite salaire et il faut arrêter de râler sur tout et en permanence, (Arr... Lire plus