cancer du sein

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Cancer du sein chez la femme jeune : les avancées dans la prise en charge

Avec une incidence des cancers du sein de la femme jeune en hausse, l'enjeu des recherches actuelles est de mieux caractériser l'hétérogénéité des cellules tumorales et leurs mécanismes de résistance afin de personnaliser les traitements et limiter les récidives. À l'occasion d'Octobre rose, l'Institut Curie fait le point sur ces avancées. 

06/10/2026 Par Alexandra Verbecq
Cancérologie Cancer du sein
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En France, plus de 61 000 nouveaux cas de cancers du sein ont été diagnostiqués en 2023. Si l'âge moyen au diagnostic est de 64 ans, environ 5% des cas surviennent chez des femmes de moins de 40 ans. Pour la Dre Florence Coussy, gynécologue et oncologue : "Leur incidence chez la femme jeune augmente particulièrement (+12 % environ sur dix ans chez les moins de 35 ans). Le diagnostic intervient à un stade plus avancé, avec des tailles tumorales plus importantes et un envahissement ganglionnaire plus élevé", a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse de l'Institut Curie, le 15 septembre dernier.

Les cancers du sein triple négatifs sont également surreprésentés (environ 22 % chez les moins de 40 ans, contre 11 % en général). La conséquence est une intensification thérapeutique : près des 3/4 des femmes jeunes reçoivent une chimiothérapie, contre 1/3 dans une population plus âgée. Par ailleurs, les tumeurs hormonosensibles exposent à des hormonothérapies prolongées. "La prise en charge doit être globale et intégrer les conséquences du cancer et de ses traitements sur la fertilité, la sexualité, la vie familiale, sociale et professionnelle. Le développement d'une médecine personnalisée est essentiel pour adapter le traitement à la biologie tumorale et limiter autant que possible son impact durable", conseille-t-elle. 

La caractérisation des tumeurs pour cibler leurs vulnérabilités 

Chaque tumeur rassemble des populations cellulaires hétérogènes, capables pour certaines de plasticité pouvant expliquer les résistances aux traitements et les récidives. Pour la Dre Claire Rougeville, directrice du centre de recherche : "L'objectif est d'offrir des traitements adaptés à chaque patiente, réduire ceux inutiles et prévenir les rechutes. Aujourd'hui, nous caractérisons les tumeurs à l'échelle de la cellule unique, ce qui offre des perspectives tant en termes de diagnostic et de suivi, grâce à des biomarqueurs, que de thérapeutiques ciblant les vulnérabilités des cellules persistantes." 

La recherche s’intéresse également au microenvironnement tumoral, et notamment aux fibroblastes. "Ils peuvent être reprogrammés par les cellules tumorales pour produire des facteurs de croissance et un microenvironnement immunosuppresseur propices à leur survie, leur prolifération et leur migration. Caractériser ces interactions permet d’identifier de nouvelles cibles et de mieux prédire la réponse aux traitements", précise la Dre Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de l'unité chimie biologie des cancers. Dans le cancer du sein triple négatif, 35 % des femmes ne répondent pas à l'immunothérapie. L'essai Skyline vise à mieux prédire les mécanismes de résistance à ces traitements en s'appuyant notamment sur un nouveau radiotraceur se liant aux fibroblastes qui exprime le marqueur FAP. 

Tumeurs sur puces et organoïdes pour tester l'efficacité des traitements 

Les tumeurs sur puces sont des dispositifs microfluidiques miniaturisés, plus petits qu’une clé USB. À partir d’une biopsie, les cellules tumorales et certaines composantes de leur environnement sont introduites dans ces dispositifs. "Ces micro-tumeurs sont comme des avatars de patientes. Ils recréent l’écosystème complexe du microenvironnement tumoral : organisation en 3D, matrice extracellulaire, cellules immunitaires, fibroblastes, conditions physico-chimiques, oxygène… Plusieurs médicaments et différentes conditions sont testés en parallèle (jusqu’à 30 puces)", explique la Dre Stéphanie Descroix, directrice adjointe de l'unité physique des cellules et cancer. Après quatre jours d'incubation à 37°C, la proportion de cellules vivantes ou mortes permet d'évaluer la sensibilité d'un traitement. "Dans 80 % des cas, ces modèles répondent aux traitements de façon similaire aux tumeurs in vivo d'origine", se réjouit la chercheuse dont les travaux viennent d'être publiés dans Cell Reports Medicine. Un essai clinique sera lancé en 2027 pour confronter les prédictions de ces dispositifs à la réponse observée chez les patientes. Dans les cancers métastatiques, cette approche pourrait identifier rapidement "le traitement le plus adapté pour chaque tumeur avant de l’administrer aux patientes". 

Les organoïdes constituent une approche complémentaire. Des cellules cancéreuses de patientes sont disposées dans des tubes d’hydrogel où elles s’auto-organisent comme dans la tumeur. Pour Stéphanie Descroix : "L'intérêt est d’amplifier les cellules et de disposer, à partir d’un échantillon réduit, de très nombreux organoïdes sur lesquels tester divers traitements ou conditions de culture". L'essai Avatar vise ainsi à produire des organoïdes à partir de biopsies de 110 patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique afin d’évaluer différentes chimiothérapies et identifier la meilleure option. 

Références :

Conférence de presse de l’Institut Curie (15 septembre). 

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