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Logiciels pour les docteurs juniors : combien vont devoir débourser les MSU ?

L'arrivée des docteurs juniors dans les cabinets va s'accompagner de frais supplémentaires pour leurs maîtres de stage. Parmi eux, la souscription à de nouvelles offres auprès des logiciels métier et d'agenda, dédiées spécifiquement à ces futurs praticiens.  

06/10/2026 Par Chloé Subileau
4ème année de MG
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À moins d'un mois de la quatrième année d'internat de médecine, les maîtres de stage universitaires (MSU) peaufinent l'arrivée des docteurs juniors (DJ) dans leur cabinet. Parmi les derniers points à cocher sur leur to-do list : la souscription, pour les praticiens qui le souhaitent, à un logiciel métier et de prise de rendez-vous auquel pourront avoir accès les futurs DJ. "J'ai découvert que Doctolib et d'autres [plateformes similaires] allaient facturer l'agenda et la prise de rendez-vous du DJ à hauteur de 120 euros par mois", s'est étonnée une généraliste, lors d'une table ronde sur la quatrième année organisée par Egora aux Journées nationales de médecine générale (JNMG) fin septembre.

Pour cette MSU, présente dans le public, les frais vont s'accumuler : "Je me rajoute un loyer, 120 euros… et je ne sais pas [quand] je vais gagner de l'argent. J'aimerais bien que ça ne m'en coûte pas, sinon je vais être dégoûtée d'avoir pris un interne plutôt qu'un collaborateur." 

Le financement de ces logiciels et solutions revient au MSU, confirme le Dr Raphaël Dachicourt, délégué national de MG France. "Il est bien entendu hors de question que ces frais soient à la charge des DJ", abonde, de son côté, Caroline Barichon, présidente de l'Isnar-IMG*. Mais "tout ça a été anticipé" lors des négociations sur la quatrième année d'internat puisque ces dépenses font partie "des frais de fonctionnement d'un cabinet", rassure Raphaël Dachicourt.  

Pour financer ces solutions, les MSU peuvent notamment compter sur le montant des tickets modérateurs liés à l'activité du DJ et l'indemnité pédagogique (600 euros brut par mois par DJ), auxquels peut s'ajouter une compensation forfaitaire si une large part de la patientèle du MSU bénéficie d'une exonération de participation (ALD, C2S…). Et cela ne comprend pas les primes perçues en cas d'exercice en zone sous-dense ou de supervision de la PDSA.  

Point de vigilance

S'il y a des craintes sur les délais de versement de l'indemnité pédagogique – versée par les universités –, "la compensation [forfaitaire] sera elle versée par l'Assurance maladie, ce qui simplifie le parcours", souligne l'ex-président de Reagjir**. De plus, le MSU perçoit directement le montant des tickets modérateurs générés par l'activité du DJ ; ce qui doit lui permettre d'assumer les frais liés aux logiciels.

Pour Raphaël Dachicourt, "un point de vigilance" persiste toutefois, car "on n'a pas pu anticiper le coût précis" de ces logiciels métier et de prise de rendez-vous. "C'est une nouveauté […] C'est aux éditeurs de définir quels vont être leurs prix", rapporte le généraliste, qui invite les médecins qui feraient face à des difficultés à les faire remonter sur la plateforme SOS4A.fr. "On pourra [ainsi] savoir si un éditeur essaye de se faire de l'argent sur le dos des MSU ou si des situations spécifiques, qui n'ont pas été prises en compte, peuvent poser problème." 

 

Contacté par Egora, Doctolib confirme proposer des offres dédiées aux DJ en médecine générale, "sans engagement et résiliable[s] à tout moment". La moins chère, qui comprend l'outil d'agenda et de prise de rendez-vous, sera facturée 49 euros par mois et par MSU pour chaque DJ. Une deuxième, qui inclut notamment un logiciel médical et de facturation et une assistance de consultation et de dictée, s'établira à 69 euros mensuels. Enfin, une troisième offre, qui combine les outils des deux précédentes, atteindra les 118 euros par mois. Toutes ces options sont propres au statut de DJ et ne peuvent s'appliquer "aux internes en Saspas" ou "aux remplaçants, dont les modalités d'exercice sont différentes", précise le leader du marché.  

Ce n'est pas aux éditeurs de financer des réformes de la puissance publique 

Du côté de chez MadeforMed, "on a cherché à faire le geste maximal pour diminuer l'impact sur les médecins" de ces frais supplémentaires, assure Julien Pourcel, co-fondateur de la plateforme. Le service d'agenda et de communication (téléconsultation, campagnes de prévention, messagerie médecin-patient…), facturé 299 euros par mois par médecin***, sera à 99 euros mensuels par DJ. Pour le service de logiciel de gestion (dossiers, prescriptions, facturation…) – connu sous le nom de Odaiji –, les médecins qui y souscrivent aujourd'hui pour 120 euros par mois devront ajouter 59 euros pour les DJ.

"On a essayé de faire au mieux, en sachant que ce sont des tarifs que l'on va surveiller en fonction de quels vont être les usages réels et les coûts réels que [nous allons] devoir encaisser", détaille Julien Pourcel. L'éditeur, qui estime ces prix "raisonnables", se laisse la possibilité d'ajuster ces frais, à la baisse comme à la hausse… Car, s'il assure vouloir "soutenir la médecine de famille", "ce n'est pas aux éditeurs de financer des réformes de la puissance publique", souligne Julien Pourcel.  

 

Chez Maiia, une offre "dédiée" et "sans engagement" est également proposée aux MSU "déjà équipé[s]". Il est ainsi prévu "jusqu'à 60 % de réduction sur [les] formules complètes (initial, premium)" pour les DJ, "un peu plus de 40 % sur l'agenda seul, et 50 % sur des options comme la téléconsultation". Impossible toutefois d'obtenir des tarifs précis, ceux-ci variant selon la configuration du cabinet et les options : "Cegedim Santé [qui détient le logiciel Maiia, NDLR] ne peut pas avancer de chiffre isolé qui ne refléterait pas la diversité des situations", a indiqué la société à Egora. Cette dernière précise qu'une fois l'offre DJ choisie, "aucun frais supplémentaire [ne sera] facturé, ni [pour] la prise de rendez-vous ni sur le reste de l'usage du logiciel".

Contactée par Egora, la plateforme KelDoc n'a, pour l'heure, pas été en mesure de répondre à nos questions.  

*Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale  

**Regroupement autonomie des généralistes jeunes installés et remplaçants 

***Ce tarif vaut pour un médecin exerçant seul. 

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