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Covid long pédiatrique : une recommandation HAS sur les syndromes post-infectieux prévue pour fin 2026

Relativement rare chez l’enfant, le Covid long reste mal dépisté et mal pris en charge. Il fera bientôt l’objet d’une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) abordant le sujet plus global des syndromes post-infectieux pédiatriques.

06/10/2026 Par Muriel Pulicani
Infectiologie Pédiatrie
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Si la majorité des enfants et adolescents infectés par le Sars-CoV-2 présentent une forme bénigne, certains développent un Covid long, avec des symptômes persistant au-delà de 4 semaines et rarement plus de 6 mois. En France, ils seraient quelque 112 000 à être concernés, parmi lesquels 12 000 à 25 000 souffriraient d’une forme sévère pouvant durer des années, des chiffres extrapolés à partir des données d’autres pays.

De fait, "le Covid long pédiatrique demeure insuffisamment identifié, documenté et reconnu", selon la Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, à l’initiative d’une rencontre sur ce thème le 29 septembre à l’Assemblée nationale. Ainsi, "les symptômes sont fluctuants : fatigue extrême, troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire ('brouillard cérébral'), maux de tête, douleurs abdominales, musculaires et articulaires, parfois dysautonomie cardiaque, avec aggravation après un effort, hypersensibilité à la lumière ou au bruit…", a exposé la Pre Dominique Salmon, infectiologue à l’Institut Alfred-Fournier (Paris). "Cela entraîne un arrêt de la scolarisation, de la socialisation, des activités sportives... On mesure ce que l’enfant ne peut plus faire."

Un diagnostic incertain

Le diagnostic se base sur l’interrogatoire et l’examen clinique, et si besoin, sur des examens complémentaires (tests cardio-respiratoires, immunologiques, neurologiques…). "On peut faire une sérologie à distance mais il n’y a pas de diagnostic irréfutable", a précisé la Pre Salmon à Egora. "Le biomarqueur du Covid long n’est pas biologique. C’est le tonus vagal qui est effondré", indique la Dre Claire-Marie Rangon, neuro-pédiatre à l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine). Les diagnostics différentiels doivent être écartés : syndrome post-infectieux (dont syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique-PIMS), cancer, maladie auto-immune ou inflammatoire, maladie endocrinienne, diabète… "Jusqu’à preuve du contraire, c’est un Covid long", poursuit la Dre Rangon.

Le jeune patient doit bénéficier d’une prise en charge globale, associant traitement des symptômes (antalgiques, antihistaminiques, bêta-bloquants, anti-inflammatoires…), suivi psychologique, kinésithérapie, orthophonie... "Attention à la rééducation qui peut aggraver les formes sévères !", a alerté la Pre Salmon. "Il faut fractionner les activités ('pacing'), prévoir des plages de repos, adapter la scolarité."

Des parcours de soins à créer

Cependant, la mise en place d’un suivi pluridisciplinaire est complexe en l’absence de parcours de soins dédiés, tels qu’ils peuvent exister en Belgique (centres de référence) ou en Allemagne. Seule la région Occitanie a lancé un dispositif de ce type au sein d’un centre de soins de suite et de réadaptation (SSR) pneumologique en Aubrac.

La recherche est également à la peine. Une étude pilote conduite par le Pr Eric Azabou et dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Scientific Reports du 9 mai 2026 (Azabou, E., et al. Sci Rep 16, 21330 (2026)), montre que la stimulation électrique du nerf vague, via des oreillettes, "permet d’améliorer le brouillard cognitif chez l’adulte, de réduire la dyspnée, de récupérer des capacités... Cela fonctionne aussi dans le diabète, la dépression", a rapporté la Dre Rangon. Cette technique pourrait être expérimentée chez les enfants et adolescents.

Des cohortes à constituer

Mais la recherche pédiatrique se heurte à plusieurs obstacles. "L’accès aux patients n’est pas évident, il y a un problème de détection des cas, et notre outil ne permet pas de financer la constitution et l’entretien d’une cohorte", a justifié Eric Rosenthal, conseiller scientifique de l’ANRS-Maladies infectieuses émergentes. La "plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques du covid-19", prévue par une loi du 24 janvier 2022, n’a jamais vu le jour. Sarah El Haïry a annoncé la publication du décret d’application "avant fin 2026".

"Une recommandation HAS est en cours de finalisation sur la prise en charge des syndromes post-infectieux en général (Covid-19, virus d’Epstein Barr)", a annoncé la Pre Salmon, présidente du groupe de travail. Le document devrait paraître d’ici la fin de l’année.

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Rodolphe  GIRARDET

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Imposer n’a jamais été une bonne solution. L'état a fait le choix de se reposer sur la médecine libérale depuis plus de 50 ans car... Lire plus

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