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Fin du système Pass-LAS : les doyens demandent le report de la réforme
Les conférences des doyens de santé appellent, dans une tribune publiée dans Le Monde, à reporter la réforme de l'accès aux études de santé à la rentrée 2028. Cette refonte, qui prévoit de mettre fin aux Pass et aux LAS, a été mise en œuvre dans l'urgence, sans résoudre les "difficultés de fond" du système, estiment les auteurs.
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"Reporter à 2028, ce n’est pas renoncer à la réforme, c’est, au contraire, un moyen d’assurer son succès." C'est par ces mots que les représentants des conférences des doyens de santé, dont la présidente de la Conférence des doyennes et doyens de médecine, ont conclu leur tribune, publiée vendredi 23 octobre dans Le Monde, sur la réforme de l'accès aux études de santé. Un décret, paru le lendemain, est en effet venu officialiser la création d'une voie unique, dite "licence portail santé", qui vient mettre fin au système Pass-LAS, mis en place en 2020.
Le texte prévoit une mise en œuvre de cette nouvelle réforme dès la rentrée prochaine, une ambition déjà avancée au printemps par les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur. Mais ce délai, extrêmement contraint, inquiéte les représentants des conférences des doyens de santé.
Car, si ces derniers partagent "l'objectif d'une réforme", ils "n'acceptent pas n'importe quel calendrier". "La concertation conduite dans l'urgence par les ministères n'a pas permis de résoudre les difficultés de fond", déplorent-ils, pointant notamment la "réorganisation d'une extrême complexité" que va entraîner la "licence portail santé". "Capacités d’accueil et répartition entre les licences, enseignements, emplois du temps et évaluations, responsables de formation et jurys…", listent les auteurs. Des difficultés auxquelles s'ajoute "une contrainte très concrète : trouver les amphithéâtres et salles de travaux pratiques pour accueillir plusieurs centaines, voire milliers, d’étudiants".
Une autre limite s'impose : l'ambition, portée par le Gouvernement, que cette voie unique soit accessible dans tous les territoires. "Faute d’enseignants et de moyens suffisants, certains [sites universitaires, NDLR] risquent de ne pouvoir proposer qu’un enseignement massivement à distance. Peut-on sérieusement prétendre améliorer l’égalité des chances en dégradant, dans certains territoires, voire pour tous les étudiants, l’encadrement pédagogique ?", lancent les représentants des conférences des doyens de santé, qui craignent qu'un tel système ne favorise les prépas privées.
"Obstination déraisonnable"
Surtout, les doyens pointent le manque d'informations concernant les moyens alloués à cette réforme. "A ce jour, les universités ne disposent pas d’un cadre pluriannuel de financement suffisamment garanti pour absorber durablement les besoins nouveaux en enseignants, personnels administratifs, locaux et outils numériques", insistent-ils dans ce texte. "Une réforme universitaire ne se finance pas en quelques mois. Elle engage les établissements pendant des années, sauf à dégrader massivement la qualité de la formation."
Les auteurs de la tribune appellent donc à un report de l'entrée en vigueur de la "licence portail santé" à la rentrée 2028. "Reporter la réforme de douze mois ne crée aucun vide et ne remet nullement en cause le principe d’une réforme que les universités, les facultés de santé et les étudiants appellent de leurs vœux. En revanche, ces douze mois peuvent faire la différence entre une réforme préparée et une réforme précipitée", estiment-ils, regrettant "l'obstination déraisonnable" du Gouvernement à vouloir mettre en œuvre cette réforme dans moins d'un an.
Les signataires de la tribune sont :
- La Pre Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyennes et doyens de médecine (CDD) ;
- Le Pr Marc Humbert, vice-président de la CDD ;
- Fabienne Darcet, présidente de la Conférence nationale des enseignants en maïeutique ;
- Le Pr Vianney Descroix, président de la Conférence des doyens des facultés d’odontologie ;
- La Pre Chantal Gauthier, présidente de la Conférence des doyens des UFR de sciences ;
- Le Pr Vincent Lisowski, président de la Conférence des doyens de pharmacie ;
- Le Pr Olivier Palombi, doyen de la faculté de médecine de Grenoble.
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