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Docteur junior de médecine générale : "Quelle responsabilité sera imputable au maître de stage en cas d'erreur ?"

MG France réclame une clarification sur le sujet de la responsabilité qui devra être portée dans le cadre des futures consultations effectuées par les docteurs juniors de médecine générale.  

25/03/2026 Par Alexis Vignais
4ème année de MG Internat Médecine générale
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Une publication sur les réseaux sociaux qui a tous les traits d’une nouvelle alerte planant sur la réforme de la quatrième année de médecine générale. MG France, premier syndicat de médecins généralistes, veut mettre l'accent sur le sujet de "la responsabilité" qui devra être endossée lors des futures consultations effectuées pendant cette 4A. 

"Ce qui nous inquiète sur cette quatrième année, c'est que le docteur junior a vocation à se créer sa propre file active, dans l'objectif d'avoir des nouveaux patients qui seront par définition généralement inconnus du cabinet", détaille le Dr Raphaël Dachicourt, délégué national de MG France. Dans ce cadre, une question brûle les lèvres : "Quelle responsabilité sera imputable au maître de stage en cas d'erreur ?", tonne le médecin généraliste. Une interrogation qui reste sans réponse selon MG France et les syndicats représentatifs des étudiants. Pour l’instant, c’est "silence radio", confirme Raphaël Dachicourt. 

Hôpital et Saspas

"La question de la responsabilité des DJ, jusqu’à présent, ne se concevait que dans le cadre hospitalier et la supervision s'exerçait à propos des patients présents dans la structure", poursuit MG France sur ses réseaux sociaux. Un modèle reposant sur "une responsabilité de structure" et où les patients restent sur place en cas de problème. De plus, "le fonctionnement en équipe à l'hôpital fait qu'un patient n'est jamais vu uniquement par une personne", complète Raphaël Dachicourt. Un modèle difficilement transposable au futur exercice ambulatoire des DJ. 

Une piste pourrait voir le jour en s’inspirant du modèle donné par les stages ambulatoires en soins primaires en autonomie supervisée (Saspas). "Mais la différence, c'est qu'avec le Saspas, on a une supervision indirecte sur une patientèle qui est connue et une proximité davantage renforcée. C'est-à-dire qu'on ne commence pas directement à mettre un Saspas en autonomie supervisée. On lui met le pied à l'étrier [de l'étudiant], on essaie de l'accompagner et on a des debriefs toutes les demi-journées, voire toutes les journées."

"Flou juridique"

Face au "flou juridique qui pèse au-dessus des MSU et des internes", MG France réclame donc "un cadre pour protéger tout le monde". "Ce qu’on demande, c’est une clarification : à quel moment on va pouvoir dire que telle faute est imputable à l’interne ou telle faute est imputable au maître de stage", conclut Raphaël Dachicourt. Objectif : définir des "points de vigilance" afin de "protéger les internes et les maîtres de stage". Car en cas de pépin, ce sont bien des "sanctions ordinales" et des "sanctions pénales" qui peuvent tomber. "Ce dont on a peur, c'est que tout le monde se renvoie la balle et que finalement tout le monde soit dans le flou en cas de souci."

Du côté des syndicats étudiants, le sujet est aussi prioritaire. "Ça fait partie des groupes de travail qu’on a demandés au ministère pour finir de cadrer tous ces éléments", confirme Arthur Poncin, président de l'Isni. Problème : celui-ci "n’a jamais eu lieu", déplore Atika Bokhari, présidente de l’Isnar-IMG. Un flou qui pourrait aussi impacter… le nombre de MSU selon la représentante syndicale : "C’est un des facteurs qui fait que les MSU ne s'engagent pas." 

Contacté, le ministère de la Santé n'avait pas répondu à nos questions au moment de la parution de cet article.  

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Patrick Tafani

Patrick Tafani

Oui

Oui,3 fois oui. ils sont inutiles et nocifs pour la bonne marche de la pratique médicale de terrain......on la vu pour la covid. ... Lire plus

8 débatteurs en ligne8 en ligne
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LAURENT SEGUIN
1,6 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
La question de la responsabilité n’est pas le seul problème. On ampute le groupe des remplaçants de toute une promotion. Dans le même temps, on nous dit que les MSU doivent être présents dans les locaux (ou à moins de 20 mn) pour « sécuriser » les Drs Juniors. Mais comme ceux-ci vont créer une file active, cela fera 2 patienteles sans médecin si le MSU prend des vacances (le DJ ne pouvant rester seul)!!! À noter: ils seront seuls lors des visites à domicile, et ils sont seuls (et responsables) quand ils remplacent… D’ailleurs, en posant eux mêmes des vacances, pourront ils remplacer leurs MSU respectifs ??? Enfin, la question de la réversion de la part CPAM lors des consultations en tiers payant (CSS, ALD…) n’est pas satisfaisante ( rien si moins de 50% de patientel concernées, 300€/mois entre 50 et 60% et 600€ au dessus si j’ai bien suivi). C’est un incommensurable foutoir… (j’ai décidé de rester poli…)
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Jacques BRIAND
3,5 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Dans les premiers temps, il semble que cette 4ème année avait été créée/imaginée dans 1 seul but : avoir plus d'internes à l'hôpital ! Dans la tête de ceux qui sont à l'origine de cette idée, c'était un moyen idéal pour combler le manque de médecins à l'hôpital (et de plus à bas prix !). Judicieusement, les internes en médecine générale ont estimé que cette 4ème année devait avoir lieu hors de l'hôpital, pour être vraiment formatrice. Bien évidemment, cela n'avait plus rien à voir avec le projet initial....du coup, au vu de l'impréparation et des retards que prend le nouveau projet, on peut parfois se demander s'il ne s'agit pas d'un SABOTAGE, discret mais délibéré.....
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GREGORY CUFFEL
138 points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
De toutes façons le bricolage proposé par cette réforme vas nous imposer un boycott massif. Personne ne s'y retrouve. On a un point de vue parisien à la vision modèle économique à la NHS, McKinsey et Cie, alors qu'on avait besoin de faire les choses en bonne intélligence, ce qui semble le contraire de l'état d'esprit français. C'était une fausse bonne idée, des syndicats sont responsables de cette situation.
 
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