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Paté pour chat, glaçons d'urine... jusqu’à deux ans d’exclusion pour 16 étudiants coupables de bizutage
Des débordements graves avaient été signalés, lors de quatre soirées étudiantes, entre octobre 2023 et septembre 2024. Près de deux ans après les faits, 16 étudiantes et étudiants ont fait l’objet de sanctions disciplinaires prononcées par l’université.
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Une sanction disciplinaire mais pas de sanctions pénales. Selon une information de Ici Touraine, l’Université de Tours a décidé de sanctionner 16 étudiantes et étudiantes, inscrits en médecine et en odontologie, pour des “faits de bizutage et d'atteinte à la réputation de l’établissement”. Les sanctions prononcées vont de six mois à deux ans d’exclusion. Certaines sanctions sont assorties de sursis. "Les sanctions prononcées reconnaissent la gravité des faits tout en laissant place à une prise de conscience individuelle et collective", pense Sabine Barrat, la présidente de la section disciplinaire dans le communiqué publié jeudi 2 avril par l'université.
Les concernés ont fait l’objet de signalements pour des débordements graves lors de quatre soirées étudiantes, entre octobre 2023 et septembre 2024. L’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) avait été saisie, par l’université, après le déploiement d’une banderole sexiste lors d’une soirée étudiante. L’association des Carabins de Tours s’était d’ailleurs auto-dissoute, selon Ici Touraine.
Pâtée pour chien et glaçons d’urine
Au total, 48 témoignages ont été recueillis par l’IGESR qui a publié son rapport en mars 2025. "Ce sont des actes humiliants pour les étudiantes et étudiants, comme de consommer de la pâtée pour chien et des glaçons d'urine. Dans ce rapport, on voit aussi une surconsommation excessive d'alcool qui a pu conduire à des actes allant jusqu'à imposer des rapports oraux à des jeunes femmes”, mentionnait Philippe Roingeard, le président de l’Université, au moment de la publication du rapport.
À la suite de la publication de ce rapport, un plan d'action contre le bizutage et les violences sexistes et sexuelles a été mis en place, mentionne Ici Lorraine. Au sein de ce dernier : 27 mesures dont la création d’une cellule d’écoute et une formation obligatoire de sensibilisation aux violences pour les étudiants de médecine et d’odontologie.
Du côté pénal, un signalement au procureur de la République avait été fait et une enquête avait été ouverte en mars 2025 pour "infractions de bizutage, atteintes sexuelles" et "violences aggravées". Mais celle-ci a finalement été classée sans suite. Selon Catherine Sorita-Minard, procureur de Tours cité par Ici Touraine, cela s'explique par "l'impossibilité de pouvoir recueillir des témoignages permettant de caractériser les infractions pénales", dont certains "refus de témoigner".
[Avec Ici Touraine]
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