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Carburants : les aides à domicile soutenues, les infirmières libérales toujours "abandonnées"

Face à la flambée des prix des carburants, la ministre de la Santé a annoncé que les aides à domicile allaient pouvoir bénéficier d'une "revalorisation pérenne" de leurs indemnités kilométriques. Les infirmières libérales demeurent quant à elles exclues des aides accordées temporairement à certaines professions. 

22/05/2026 Par Louise Claereboudt
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Ce jeudi 21 mai, à l'occasion d'une conférence de presse à Matignon dédiée à l'impact de la guerre en Iran et aux mesures de soutien à l'activité économique, la ministre de la Santé a annoncé une "revalorisation pérenne" des indemnités kilométriques des aides à domicile, "d'environ 20 centimes d'euros par litre d'essence". "Concrètement, pour une aide à domicile qui ferait 10 000 kilomètres par an, et c'est fréquent dans nos campagnes, cela représente un gain annuel d'à peu près 200 euros", a précisé Stéphanie Rist.   

Cette revalorisation pourra être cumulée avec l'aide forfaitaire destinée aux travailleurs modestes "grands rouleurs", qui sera portée à 100 euros à partir du mois de juin. 

Les aides à domicile pourront aussi prétendre à un deuxième dispositif d'aide : un nouveau "programme de leasing automobile social" pour accompagner celles qui voudraient s'équiper d'un véhicule électrique. "Pour un coût mensuel [d'environ] 50 euros pour l'équivalent d'une voiture de type Zoé ou [d'environ] 100 euros par mois pour l'équivalent d'une Peugeot 208 ou d'une Fiat 500 par exemple, et sans apport, ces aides à domicile pourront accéder à la voiture électrique." L'objectif du Gouvernement est de "créer une flotte de 30 000 véhicules". 

La ministre a, par ailleurs, annoncé une "hausse des rémunérations minimales", sans donner plus de détails. 

Les 600 000 aides à domicile qui exercent en France "sont majoritairement des femmes, elles travaillent à temps partiel subi le plus souvent, avec un salaire moyen à 700 euros par mois", a rapporté Stéphanie Rist. "[Leurs] dépense[s] de carburant [sont] habituellement de 20 % de leurs revenus. Avec l'augmentation du prix du carburant, c'est une charge considérable pour ces professionnelles qui sont indispensables, et permettent aux personnes les plus vulnérables de pouvoir être prises en charge chez elles." 

La ministre de la Santé a également évoqué les transporteurs sanitaires, "acteurs indispensables à l'accès aux soins, notamment dans les territoires ruraux". Ces derniers ont "aujourd'hui droit" à une aide de 70 euros par véhicule. "Nous procéderons à une réévaluation du guichet dans les semaines qui viennent", a-t-elle annoncé. 

La Fédération du service aux particuliers (FESP) s'est félicitée dans un communiqué des annonces du Gouvernement, qui constituent, selon elle, "des réponses concrètes pour un secteur essentiel confronté à une explosion des coûts de déplacement, alors même que les structures font déjà face à de fortes contraintes économiques et à l'augmentation du Smic prévue en juin". 

Les infirmières libérales abandonnées ?  

Malgré les attentes fortes des infirmières libérales, ces dernières n'ont pas été mentionnées lors de la conférence de presse du Gouvernement. "Même si nous pouvions être inclus dans les [aides] 'gros rouleurs', les critères [sont] tels qu'aucune infirmière ou aucun infirmier libéral aujourd'hui n'est éligible", en raison de leurs revenus, a déploré Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), sur franceinfo

"Nous ne sommes pas des travailleurs précaires. Nous, ce qu'on souhaite, c'est d'avoir une reconnaissance du fait que la voiture est un outil de travail. Nous effectuons 98 % de notre activité au domicile des patients", a-t-il ajouté. 

"Les professionnels continuent d'assurer leurs tournées sans aucune compensation adaptée, malgré une inflation massive des charges. Cette situation devient très difficile économiquement pour de nombreux cabinets, notamment dans les territoires ruraux, les zones sous-dotées et les secteurs déjà fragilisés par le manque de soignants", alertait Convergence infirmière le 20 mai, dans un communiqué, estimant les IDEL "abandonnées". 

"À défaut de mesures rapides et concrètes, certains territoires risquent demain de devenir de véritables déserts de soins à domicile", mettait en garde le syndicat. Convergence infirmière réclamait notamment "une revalorisation de l’indemnité forfaitaire de déplacement adaptée à la réalité économique actuelle" ou encore "l'instauration d’un mécanisme pérenne prenant en compte l’évolution du coût des carburants". 

[avec AFP] 

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