@patpitchaya / stock.adobe.com
4A, temps de travail des internes… Le nouveau président de l’Isni annonce ses priorités
Après la démission de sa présidente, Mélanie Debarreix, une nouvelle élection s’est déroulée lors de la dernière assemblée générale de l’Isni. C’est Arthur Poncin, jusqu’alors vice-président, qui prend la tête de l'Intersyndicale nationale des internes.
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C’est le nouveau visage de l’Isni. Arthur Poncin a été élu président de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), lors de son assemblée générale, qui s’est déroulée à Nancy, du vendredi 20 au dimanche 22 mars. Il succède à Mélanie Debarreix qui a démissionné de son poste, fin février, évoquant "des raisons personnelles", ainsi que par le souhait "de se recentrer sur son internat de radiologie". Arthur Poncin assumera donc la fin de son mandat, jusqu’en septembre 2026.
Ce n’est pas la radiologie, mais l’oncologie qui forme la spécialité du nouveau président. Après un premier et un second cycle effectué à Paris, au sein de l’université de La Sorbonne, le carabin s’est envolé à Lyon pour effectuer son internat. En parallèle de ses études, Arthur Poncin s’engage au sein du syndicat autonome des internes, puis auprès de l’Isni dont il prend rapidement la vice-présidence, en septembre 2025.
"C'est à la fois épuisant et impressionnant"
Aux côtés de Mélanie Debarreix, il montera notamment au front pour s’opposer à la première formule de PLFSS. "Ça nous a tellement mobilisés", se remémore Arthur Poncin évoquant également la grève de dix jours qui en a découlé. "C'est à la fois épuisant et puis impressionnant de voir tout le monde se mobiliser. Pendant ces dix jours, il y a eu à la fois la manifestation à Paris qui a plutôt bien marché, ainsi que l'exil à Bruxelles, auquel on a été conviés par les médecins du bloc opératoire. C'était vraiment marquant."
Désormais président, le représentant syndical a déjà plusieurs dossiers sur sa pile de priorités. Parmi elles : la réforme de la quatrième année d’internat de médecine générale. "On a toujours été opposés à la mise en place de cette quatrième année de médecine générale. Mais depuis qu'on sait qu'elle va avoir lieu, on fait tout ce qu'on peut pour que les choses se passent le mieux possible pour les internes", rappelle Arthur Poncin. Et pour que cela se concrétise, le syndicat demande la publication des "textes" encadrant la réforme. "Ils sont en cours de validation au niveau des différentes instances du Gouvernement et on nous les a promis pour début mai 2026. [...] On les attend de pied ferme."
Santé mentale et temps de repos
L’Isni se positionne également sur un autre sujet législatif : le projet de loi décentralisation, qui prévoirait notamment "de confier la gestion opérationnelle" des secours aux personnes "à des acteurs non médicaux", rappelait Egora à l’occasion de la mobilisation des professionnels des Samu et des services d'urgence, qui a eu lieu jeudi 12 mars. "On est opposés pleinement et de manière unanime [...] à la dérégulation du préhospitalier, à la perte d'une régulation médicale forte et au fait que les médecins n'aient plus la possibilité de choisir quels moyens de transport sanitaire ils envoient, tonne Arthur Poncin. On considère que c'est une perte de chance majeure pour les patients et que la force de notre système, c'est notamment que c'est un médecin qui est capable d'évaluer la situation du patient à domicile, ou au téléphone, et de déclencher les moyens de transport sanitaire les plus adaptés."
Ultime priorité : la santé mentale et le temps de repos des internes. Deux sujets intimement liés selon Arthur Poncin : "À chaque fois qu'on essaie de travailler pour le temps de travail, on travaille aussi pour la santé mentale." En 2022, l’ISNI a déposé, avec l’Isnar-IMG et la FNSIP-BM, 28 plaintes à l'encontre des centres hospitaliers universitaires (CHU) pour faire respecter le décompte du temps de travail des jeunes praticiens. "Pour l'instant, on a gagné deux plaintes en première instance, à Poitiers et La Réunion", indique Arthur Poncin qui ajoute que certaines médiations, enclenchées suite aux plaintes, sont terminées et ont permis de mettre en place un nouveau logiciel de décompte du temps de travail des internes.
Autant de sujets qui risquent d’occuper les prochains mois de ce nouveau bureau qui se réunira, à nouveau, à Caen, du vendredi 14 au dimanche 17 mai, à l’occasion d’une nouvelle assemblée générale.
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