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Négos MSP : "L'affichage d'une réussite politique passe à nouveau avant la réponse aux besoins des professionnels"
Les négociations ACI-MSP, qui ont repris en mars après le coup d'arrêt survenu en juin 2025, semblent de nouveau "dans une impasse". En cause : l'obstination du Gouvernement à pousser son label France santé. Une politique que dénonce le Dr Raphaël Dachicourt, médecin généraliste à Croix (Nord), dans une tribune pour Egora.
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Les négociations d’un avenant à l'ACI entre maisons de santé et Assurance maladie se sont rouvertes début mars. Après l'échec d'une première négociation en 2025, celles-ci sont à nouveau dans une impasse. Car, bien que déjà érigées en pilier de la stratégie pour améliorer l’accès aux soins, elles se voient aujourd'hui apposer un nouveau cachet, tout droit sorti de Matignon : exit l'ACI-MSP, saluons l'ACI-France santé ! Mais le label peine à convaincre. Il faut dire que la promesse de 50 000 euros annuels en échange d'une plaque vissée sur la devanture semble trop belle pour être vraie... Ajoutons la communication maladroite du ministère, assurant que les patients pourront y être reçus dans les 48 heures 'quand leur état de santé le nécessite' (dans les petites lignes uniquement), et la méfiance des professionnels devient beaucoup plus claire.
Qu'à cela ne tienne, le Gouvernement n'en démordra pas : France santé sera, coûte que coûte. Alors, l'Assurance maladie serre les cordons de la bourse : les revalorisations financières seront strictement conditionnées à l'intégration à France santé ! Échanger sur les missions de prévention, d'accompagnement des personnes en situation de précarité, d'amélioration de l’accès aux soins pour tous ? Non, la priorité, c'est France santé. L'affichage d’une réussite politique passe (à nouveau) avant la réponse aux besoins des professionnels. L’ambition d’un accord s’éloigne ainsi jour après jour.
Cet échec annoncé doit nous interroger : à l’heure où les inégalités sociales de santé se creusent, le politique pourra-t-il assumer de priver des équipes engagées d’une valorisation de leurs missions médico-sociales (Secpa, financement de médiateurs), faute de validation d'un label déconnecté des besoins du terrain ?
L'échéance quinquennale approchant, la sphère politique est à nouveau en ébullition. Mais loin d'aboutir à des propositions pertinentes, cette situation engendre une course effrénée à la victoire politique. La santé n'y échappe pas. France santé, plan arrêts de travail, quatrième année d'internat, réforme de la première année de médecine, guichets uniques… Ne nous méprenons pas, cet emballement politique de dernière minute s'apparente davantage à un coup d’accélérateur pour doubler les concurrents à l’approche de la ligne d’arrivée plutôt qu’à une réelle volonté de résoudre les problématiques profondes de notre système de santé.
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