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Ségur de la santé : le détail des mesures qui vont bousculer votre exercice

Le Gouvernement avait promis d'aller vite : deux mois, à peine, après le lancement du Ségur de la santé, les conclusions viennent d'être rendues. Le rapport final issu des négociations avec les partenaires sociaux et les organisations représentatives du secteur de la santé contient 33 mesures pour réformer le système de santé dans son entier, et, souligne Olivier Véran, "traduire les applaudissements en engagements". Revalorisations salariales, création d'une IPA "généraliste", lutte contre les "mercenaires" médicaux, extension de la Rosp… zoom sur les mesures clés.

 

8.2 milliards pour revaloriser les métiers de l'hôpital

Comme annoncé la semaine dernière, les personnels paramédicaux et non médicaux bénéficieront d'une enveloppe de revalorisation annuelle de 7.6 milliards d'euros correspondant à une hausse de salaire "socle" de 183 euros net mensuels (en deux temps), à une révision des grilles de salaires (gain de 35 euros en moyenne) et à 15 000 recrutements.

Les 450 millions d'euros dévolus aux praticiens hospitaliers afin de "renforcer l'attractivité de l'hôpital public" serviront à réhausser l'indemnité d'engagement de service public à hauteur de 1010 euros pour tous les praticiens, et à réviser les grilles avec la fusion des trois premiers échelons et la création de trois échelons en fin de carrière.

Enfin, 200 millions d'euros seront dédiés aux étudiants : les internes toucheront enfin le Smic horaire (soit une augmentation brute mensuelle de 115 à 163 euros selon les années) et verront leurs indemnités de garde réhaussées, tandis que les indemnités de stage des externes seront augmentées.

 

"Mettre fin au mercenariat de l'intérim médical"

"Reconnaître pleinement le choix du service public, l’engagement en faveur du service public, c’est aussi être cohérent et ne plus accepter de rémunérer au-delà du raisonnable, voire au-delà de l’entendement, des personnels extérieurs", a lancé Olivier Véran lors des conclusions du Ségur, mardi 21 juillet. Auteur d'un rapport choc sur la question lorsqu'il était député, en 2013, le ministre de la Santé entend poursuivre sa lutte contre les "abus" de l'intérim médical, qualifié de "mercenariat". Le rapport cite ainsi l'exemple d'un anesthésiste réclamant 2500 euros nets pour 24 heures de garde. "La loi a beau interdire que je paye autant pour un médecin, je n’ai pas d’autre choix, sauf à fermer mon bloc", a déploré un directeur d'hôpital durant la phase de concertation du Ségur.

Pour faire respecter les plafonds de rémunération fixés depuis le début de l'année 2018, Olivier Véran dégaine l'artillerie lourde : les contrats non réglementaires seront bloqués par les comptables publics. "Plus aucun versement ne sera autorisé au-delà du plafond réglementaire", a assuré le ministre. Les ARS auront également la possibilité de "dénoncer devant le tribunal administratif" ces contrats irréguliers. La mesure sera intégrée au projet de loi de finance de la Sécurité sociale pour 2021.

Reste à savoir si les 450 millions d'euros annuels mis sur la table pour revaloriser les praticiens hospitaliers suffiront à combler les postes vacants et si ces nouvelles limitations de l'intérim n'entraineront pas une fuite vers le privé...

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