Policiers et gendarmes

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Manifestations lycéennes et étudiantes : plus de 300 soignants demandent la suspension des LBD contre les jeunes

Dans une lettre ouverte adressée aux représentants de l'Etat, "plus de 300" professionnels de santé alertent sur les violences policières survenues lors des manifestations lycéennes. Ils demandent notamment que la prise en charge médicale, psychologique et juridique des jeunes blessés et de leurs familles soit assurée par l'État. 

23/10/2026 Par Louise Claereboudt
Policiers et gendarmes

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"Il n'est pas de révélation plus profonde de l'âme d'une société que la manière dont elle traite ses enfants." C'est par cette citation de Nelson Mandela que se conclut cette lettre ouverte adressée au président de la République, au Premier ministre, aux ministres de l'Intérieur et de l'Éducation nationale, ainsi qu'aux parlementaires, et publiée le 17 octobre dans Libération. 

Dans cette lettre, ses auteurs – trois médecins généralistes* installés à Thorigny-sur-Marne (Seine-et-Marne) – ainsi que "plus de 300" soignants signataires**, expriment leur "profonde inquiétude" à la suite des "évènements dramatiques survenus lors des mouvements lycéens de septembre et octobre 2026", au cours desquels "au moins quatre adolescents ont été mutilés lors d'interventions des forces de l'ordre". 

À Lens (Pas-de-Calais), par exemple, un lycéen a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement tirée par la police lors d'une manifestation près de son établissement. À Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise), c'est un jeune de 14 ans qui a été grièvement blessé au visage par un tir de lance-grenade. A Tours (Indre-et-Loire), un adolescent de 16 ans a quant à lui perdu l'usage d'un œil. 

"Aucun jeune, aucun enfant qui manifeste, même s'il trouble l'ordre public, ne devrait risquer de perdre un œil ou une main", estiment les signataires de la lettre ouverte, pour qui "l'Etat, comme un parent, se doit de protéger les enfants de la République", conformément à l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant, ratifiée par la France en 1990. 

"Cette même convention reconnaît à l'enfant le droit d'exprimer son opinion et la liberté de réunion pacifique. Les lycéens ne sont pas des citoyens de second rang : ils ont le droit d'exprimer leur mécontentement, droit également reconnu par le Conseil constitutionnel. Ce droit ne s'arrête pas à la porte de leur foyer, ni à la porte de leurs établissements scolaires", ajoutent-ils. 

Un adolescent traité par la force n'apprend pas la modération, il apprend la peur ou la haine de ceux qui le brutalisent

Ces soignants rappellent que l'adolescence est "un âge de fragilité et d'élan" : "L'émotion est vive, les pulsions sont fortes, le besoin de se faire entendre est immense. Le rôle de l'adulte est d'écouter, d'essayer de comprendre et d'accompagner vers plus de modération. Un adolescent traité par la force n'apprend pas la modération, il apprend la peur ou la haine de ceux qui le brutalisent." 

Ils soulignent, en outre, que ces violences physiques s'accompagnent "presque toujours" d'une blessure psychique : "stress post-traumatique", "anxiété", "troubles du sommeil"... Des séquelles qui peuvent durer "des années". "Cette jeunesse brutalisée risque de perdre le lien de confiance envers les adultes et les institutions" dans un contexte déjà marqué par une dégradation de la santé mentale des jeunes, redoute le collectif. 

Pour rétablir cette confiance, le collectif demande à l'Etat de faire la lumière, "rapidement et de manière indépendante", "sur chaque blessure grave de mineur, notamment à Saint-Ouen-l'Aumône, Tours, Argenteuil et Lens, avec des enquêtes transparentes". Un "suivi chiffré" des blessures graves de mineurs lors de manifestations ("nature des lésions", "armes en cause", "séquelles") doit être mis en place et rendu public "afin d'évaluer les risques", soutient-il. 

En cas de blessure, l'Etat doit assurer la prise en charge médicale, psychologique et juridique des jeunes blessés et de leurs familles, plaide encore le collectif. Aussi, l'usage face à de jeunes manifestants des armes dites 'de force intermédiaire' (LBD, lanceurs de grenades, grenades de désencerclement), dont les effets sont graves et parfois irréversibles", doit être "suspendu" puis "réexaminé". 

Les signataires de la lettre ouverte appellent aussi à ce que "le droit des lycéens à manifester pacifiquement soit garanti". Enfin, l'État doit "s'applique[r] à lui-même ce qu'il impose aux familles : protéger et éduquer sans violence". 

*Les Drs Christelle Plongeron, Claire Beltramo et Nicolas Groell. 

**Selon ses auteurs qui ont contacté Egora jeudi 22 octobre. 

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

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J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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