Maire et candidat à sa réélection, ce médecin est soupçonné d'exercice illégal
Olivier Araujo, maire LR de Charly (sud-est de la métropole de Lyon) depuis 2020, est visé par des allégations d'exercice illégal de la médecine. Embauché depuis 2019 par une société de métallurgie en tant que médecin du travail, Olivier Araujo a admis ne pas encore être thésé. Il dénonce une "cabale" politique dans le cadre de la campagne des municipales.
Olivier Araujo, maire LR de Charly depuis 2020, exerce en tant que médecin du travail au sein de l’entreprise Ugitech, indique Le Progrès. Mais le quotidien régional vient de recevoir des allégations faisant état de suspicions d’exercice illégal de la médecine et d’usurpation du titre.
L'élu a en effet admis ne pas avoir encore soutenu sa thèse et donc ne pas être inscrit à l’Ordre des médecins. "À ce jour [12 février], il n’est pas inscrit et n’a pas demandé son inscription", atteste l'institution, dont les dernières informations sur l'élu datent de 2018. "À notre connaissance, il est toujours étudiant en médecine, nous ne savons pas, à ce jour, où il en est de son parcours universitaire", a confirmé le Conseil départemental de l'Ordre au Progrès.
"J’ai fini mon internat en 2019 avant d’obtenir mon diplôme d’études spécialisées (DES) en médecine du travail en 2022 à la faculté Lyon Sud. J’avais jusqu’à fin 2025 pour soutenir ma thèse", a reconnu Olivier Araujo, qui invoque "des raisons personnelles" pour ce retard de quelques mois. L'élu assure qu'il va soutenir sa thèse d'ici fin avril 2026, comme le renseigne l'attestation signée par sa directrice de thèse.
Olivier Araujo aurait obtenu une licence de remplacement en 2018, renouvelée jusqu’à fin 2022. Pour autant, l'élu est membre du comité organisateur du Congrès national de la médecine au travail, qui se tient à Lyon en juin prochain. Événement pour lequel il est présenté comme "Dr Olivier Araujo, médecin du travail Ugitech et maire de Charly".
Le maire de Charly a dénoncé ces allégations qui interviennent en pleine période électorale. Olivier Araujo est en effet candidat à sa réélection. "C’est 100 % politique. Il y a une vraie cabale contre moi, on remet en question ma probité. J’étais infirmier, j’ai repris des études quand mes enfants étaient petits, j’ai fait 10 ans d’études de médecine, ce n’est certainement pas pour, aujourd’hui, exercer de façon illégale", s'est-il insurgé dans les colonnes du Progrès. "Certes, j’ai un trimestre de retard pour soutenir ma thèse. Je suis un élu local. Tout le monde connaît ma profession et mon employeur", a pointé le maire. "Je ne suis pas docteur en médecine, je n’ai jamais dit que je l’étais. Je suis spécialiste en santé du travail et médecin non-thésé à ce jour", a-t-il conclu.
Olivier Araujo a confirmé avoir, par son avocat, porté plainte pour diffamation contre le ou les auteurs des allégations, et s'être constitué partie civile pour permettre l’ouverture d'une enquête.
[avec leprogrès.fr]
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