PDSA, télémédecine, prévention… Ce que France assos santé attend des futurs maires
À deux mois des élections municipales, France assos santé publie un manifeste proposant 17 mesures pour améliorer l'accès aux soins et la prévention au niveau local. Permanence des soins, télémédecine, médiation… La fédération de patients appelle les futurs maires à "agir très concrètement" pour répondre aux attentes de leurs concitoyens.
"L'heure est venue de répondre sur le terrain aux aspirations des Françaises et des Français en faveur de plus de santé pour tous et partout", écrit la fédération de patients dans un communiqué diffusé ce mercredi. À deux mois des élections municipales, dont le premier tour doit se tenir le 15 mars prochain, France assos santé publie un manifeste afin d'"inspirer l'action des futurs édiles" en matière de santé. Au total, ce sont 17 propositions qui sont déclinées dans ce document.
Avec ce manifeste, qui a été adressé aux candidats et aux associations d'élus locaux, France assos santé espère "faire avancer le débat". Car "si le maire est quotidiennement aux prises avec de nombreux sujets qui impactent directement la vie de ses concitoyens, le résultat, en matière de santé, n'est pas toujours à la hauteur", constate la fédération, qui a mené une enquête sur les connaissances et les attentes des Français sur les compétences des maires dans ce domaine.
Il ressort de cette étude, parue en novembre, que "seuls 53 % des Français jugent les actions menées dans leur commune pour améliorer la santé de ses habitants satisfaisantes". "Or les moyens d'agir existent, très concrètement", selon la fédération, qui a souhaité articuler son manifeste autour de deux thématiques "clés" : l'amélioration de l'accès aux soins, et la promotion d'environnements favorables à la santé.
Sur l'accès aux soins, France assos santé met en avant le pouvoir d'action des communes et intercommunalités dans une "logique de responsabilité populationnelle", et appelle à un "projet de territoire" élaboré par les professionnels de santé, en lien avec l'ensemble des structures médicales du territoire (hôpitaux, Ehpad, CPTS…) et avec l'apport des associations de patients.
Dans cette logique, elle préconise d'abord d'évaluer les besoins de la population d'un territoire. Des diagnostics qui "peuvent être réalisés ou cofinancés dans le cadre d'un contrat local de santé", souligne la fédération. Objectif : "mettre en évidence les manques à tous les niveaux du parcours de soins et identifier les solutions adaptées à apporter."
Parmi les solutions possibles, France assos santé appelle les maires à encourager la venue d'étudiants stagiaires sur leur territoire. Elle rapporte qu'en 2019, la moitié des généralistes formés durant les années 2000 exerçaient à moins de 43 km de leur université d'internat, selon une étude de l'Insee. Les étudiants en médecine constituent ainsi "un levier précieux" dans la lutte contre les déserts médicaux, juge la fédération. Cela suppose toutefois de former plus de maîtres de stage (MSU) et de "garantir, si possible, des conditions d’accueil favorables aux internes".
La fédération incite également les communes à créer des centres de santé ou à favoriser l'implantation de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) qui, "outre la garantie d'un meilleur suivi pour la patientèle", "peuvent attirer des médecins sur le territoire de manière plus pérenne que des aides à l'installation individuelle – lesquelles pèsent lourd sur le budget des collectivités pour des résultats mitigés, selon un récent rapport de la Cour des comptes".
Structurer l'offre ambulatoire de garde
France assos santé – qui soutient le rétablissement de la PDSA obligatoire au niveau national – suggère également aux communes d'inscrire la permanence des soins dans le projet local de santé et de structurer l'offre ambulatoire de garde sur leur territoire. Comment ? En créant des maisons médicales de garde, des centres de santé "avec permanence" ou encore des centres de soins non programmés, par exemple.
Parmi les autres propositions de France assos santé, citons le fait de développer "l'aller vers" via des téléconsultations coordonnées avec les acteurs du territoire. Pour la fédération, qui déplore la prolifération de cabines de téléconsultation "isolées", "coûteuses" et ne garantissant "ni un suivi médical continu ni une orientation adaptée dans le parcours de soin", la télémédecine "doit être ancrée dans une logique territoriale coordonnée".
"Les maires peuvent y contribuer de maintes façons, en soutenant les projets coconstruits avec les CPTS, les maisons de santé ou les hôpitaux de proximité, et en favorisant la téléconsultation assistée, dans des lieux équipés et avec un accompagnement humain", souligne France assos santé.
Autres leviers possibles pour les maires en matière d'accès aux soins : prendre davantage en compte les patients fragiles, soutenir des actions de médiation numérique dédiées aux démarches de santé, mieux relayer l'information sur l'organisation du système de santé et les dispositifs existants auprès du public, ou encore "favoriser et développer l'acculturation générale de la société aux questions de fin de vie".
Dans le deuxième volet du manifeste consacré à la prévention, France assos santé liste une série de mesures que les maires pourraient entreprendre afin de créer des "environnements favorables à la santé". Elle recommande notamment d'interdire la publicité pour l'alcool à proximité des écoles et des lieux de soins, mais aussi de protéger les enfants des expositions aux substances chimiques ou aux perturbateurs endocriniens "dès les 1000 premiers jours". Et ce en adaptant les pratiques dans les crèches ou les cantines, et en sensibilisant les femmes enceintes.
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